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Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
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« Ce n’est rien, ai-je prétendu. Peut-être une indigestion.

— Ou peut-être tout autre chose. Tu t’es disputé avec Calyxa ?

— Non…

— Tu t’inquiètes pour la fête de l’Indépendance ?

— Non…

— Quoi, alors ? Allez, Adam, avoue. »

Il a refusé de changer de sujet, aussi me suis-je laissé fléchir et ai-je raconté ma visite au Spark.

Julian m’a écouté sans m’interrompre. L’attentif serveur a servi café et petits gâteaux, auxquels je ne me suis pas intéressé. J’avais du mal à regarder Julian dans les yeux. Quand j’ai toutefois fini par me taire et lui-même par prendre la parole, il m’a seulement dit : « Les gâteaux sont excellents, Adam. Goûtes-en un.

— Je me fiche des gâteaux, me suis-je exclamé. Ne vas-tu pas me réprimander pour ma naïveté ou je ne sais quoi ?

— Pas du tout. J’admire ce que tu as fait. Que tu te sois défendu, je veux dire. La justice est entièrement de ton côté, cela ne souffre aucun doute. C’est ta méthode qui pèche.

— J’ignorais en avoir une.

— Manifestement, tu n’en as pas. Je vais te dire : pourquoi tu ne retournes pas voir Hungerford dans son bureau cet après-midi, comme il te l’a suggéré ? »

Son conseil m’a stupéfait. « Dans quel but ? Me faire piétiner par son avocat ? » Poursuivre Hungerford en justice avait été une menace en l’air : je ne disposais d’aucune preuve et les tribunaux new-yorkais n’étaient pas réputés pour leur impartialité. « Je préférerais éviter, merci.

— Le résultat pourrait être différent, cette fois.

— Je ne vois pas pourquoi. Hungerford est bien décidé à n’admettre aucune responsabilité et Dornwood est un professionnel du mensonge.

— Fais-moi confiance. »

Tout cela était très embarrassant, mais ne voyant aucun recours, je suis retourné au Spark avec Julian.

Si Hungerford a été surpris de me revoir, il n’en a rien laissé paraître. Il avait dit la vérité quant à son avocat, puisque tous trois étaient assis dans le bureau à mon arrivée : Hungerford, Theodore Dornwood et un gros homme aux cheveux gras, qu’on m’a bientôt présenté comme maître Buck Lingley.

À mon grand désarroi, Julian avait choisi d’attendre à l’extérieur du bureau, en me donnant comme instructions de le faire entrer si l’éditeur ne se laissait pas fléchir.

Issue qui semblait inéluctable.

M. Hungerford m’a prié de m’asseoir. Avant que je pusse prononcer le moindre mot, son avocat m’a demandé si j’avais engagé des poursuites… déposé plainte ou quelque chose du même genre.

J’ai répondu par la négative.

« Vous avez bien fait, a affirmé Lingley. Vous nagez dans des eaux agitées, monsieur Hazzard. Que savez-vous sur le système judiciaire ?

— Très peu de chose, ai-je reconnu[60].

— Comprenez-vous ce que vous coûterait d’entreprendre des poursuites contre cette entreprise, ou contre M. Dornwood personnellement ? Et comprenez-vous que ça vous reviendrait deux fois plus cher une fois votre affaire rejetée par le tribunal, comme je vous assure qu’elle le sera ? Ce n’est pas chose insignifiante que de mettre en cause l’intégrité d’hommes tels que ceux-là.

— Ils la mettent eux-mêmes en cause, me semble-t-il. Mais je ne doute pas que vous ayez raison. »

La perplexité a envahi durant quelques instants le visage de l’homme de loi. « Vous voulez dire que vous renoncez à vos prétentions ?

— J’imagine que cette phrase a une valeur légale dont je n’ai pas conscience. Le passé est le passé… ni vous ni moi ne pouvons le changer, maître Lingley. Et si les tribunaux ne jugent pas cette affaire, le Paradis pourrait bien se montrer moins laxiste.

— Le Paradis ne relève pas de mes compétences. Si vous consentez à vous montrer raisonnable, je vous ai préparé un papier à signer.

— Un papier qui dit quoi ?

— Que vous ne réclamez rien à cette compagnie ni à M. Dornwood, quelle que soit la modeste quantité de vos écrits qui s’est retrouvée dans les récits publiés de Dornwood.

— Ce n’est pas une “modeste quantité”, maître Lingley. Nous parlons d’un vol d’une audace à faire rougir un vautour.

— Décidez-vous. Voulez-vous régler l’affaire ou allez-vous persister dans vos calomnies ? »

J’ai examiné le papier. Pour autant que je pusse déchiffrer les attendus, il s’agissait d’une renonciation à toutes mes plaintes antérieures, en échange de quoi, stipulait le texte, la compagnie ne me poursuivrait pas pour « diffamation ».

Il y avait un espace prévu pour ma signature.

« Si je signe ceci, ai-je dit lentement, j’imagine qu’il me faut un témoin ?

— Mon secrétaire en fera office.

— Inutile… j’en ai amené un », et j’ai fait signe par la porte à Julian.

Ce développement inattendu a fait ciller Hungerford et l’avocat. S’ils n’ont pas reconnu Julian Comstock, on ne peut certainement pas en dire autant de Theodore Dornwood, qui s’est redressé d’un coup sur sa chaise en lâchant une grossièreté impossible à reproduire ici.

« De quoi s’agit-il ? a voulu savoir Hungerford. Qui est cet homme ?

— Julian Comstock, ai-je répondu. Julian, je te présente M. Hungerford, l’éditeur du Spark. »

Julian a tendu la main. L’autre l’a serrée, même si tout le reste de son corps semblait figé par la surprise.

« Et voici son avocat, maître Buck Lingley.

— Bonjour, maître », a dit Julian d’un ton aimable.

La complexion de Lingley, jusqu’à présent colorée, a pris une teinte coquille d’œuf et son comportement tendancieux s’est dissipé comme la rosée du matin. Il n’a rien dit, mais a tendu la main pour reprendre le papier que je devais signer, l’a plié en trois puis déchiré en deux. Il a ensuite pincé les lèvres en une écœurante imitation de sourire. « Je suis ravi… non, honoré de faire votre connaissance, capitaine Comstock. Hélas, une affaire importante m’appelle et je ne peux m’attarder. » Il s’est tourné vers Hungerford. « Je pense que vous et moi en avons fini pour aujourd’hui, John », a-t-il dit avant de sortir avec une telle hâte que je n’aurais pas été surpris de voir le courant d’air refermer la porte derrière lui.

La mâchoire de M. Hungerford béait encore.

« Et je reconnais Theodore Dornwood, a dit Julian, le scribe civil de notre régiment. J’ai lu une partie de votre travail, monsieur Dornwood. Du moins de ce qui a été publié sous votre nom.

— Oui ! » a dit Dornwood d’une voix étranglée, ce qui n’avançait à rien. « Non !

— La ferme, Théo, a ordonné M. Hungerford. Capitaine Comstock, avez-vous quelque chose à apporter à cette discussion ?

— Pas du tout. Mon ami Adam semble juste avoir du mal à se faire comprendre.

— Je pense que nous avons surmonté cette difficulté, a répliqué Hungerford. En tant qu’éditeur responsable, j’ai l’intention de corriger toute erreur qui se retrouverait publiée. Il va sans dire que je suis stupéfait de découvrir que M. Dornwood a emprunté les écrits d’un autre sans le citer. Il y sera remédié.

— De quelle manière ? s’est enquis Julian avant que Dornwood parvînt à bégayer une question similaire.

— Nous publierons un avis dans le Spark de demain.

— Un avis ! Excellent, a affirmé Julian. Il reste quand même le problème des milliers d’opuscules déjà distribués sous le nom de M. Dornwood. Si quelque bénéfice ou droit d’auteur a été versé par erreur à M. Dornwood…

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60

J’avais le sentiment de ne rien avoir à perdre à me montrer honnête… et pas grand-chose à gagner non plus, d’ailleurs.

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