Terminus Elicius
- Автор: Giébel Karine
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Éditions Pocket
- ISBN: 978-2266223720
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Terminus Elicius». Краткое содержание книги:
— Rien, maman. J’ai fini plus tôt, c’est tout…
— Mais tu as le droit ? Tu peux finir quand tu veux ? Tu es sûre ?
— J’avais des heures à rattraper. Ne t’en fais pas…
Rassurée, la mère reprit sa contemplation silencieuse.
Jeanne passa dans la cuisine où son courrier l’attendait. Sa mère avait enfin compris qu’elle ne devait pas l’ouvrir. Il avait fallu une dispute mémorable pour y arriver ; des cris, des hurlements. Il avait fallu attendre d’avoir plus de vingt-cinq ans pour y arriver ! Jeanne se servit un grand verre d’eau fraîche et jeta un œil à sa correspondance. Et, soudain, elle mit à tousser violemment.
— Qu’est-ce qu’y a, ma fille ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
— Rien, maman… J’ai avalé de travers…
Elle s’empara des enveloppes et s’enfuit vers sa chambre. Là, elle ferma la porte et tomba sur son lit.
Elicius. Elle avait reconnu son écriture sur l’une des missives. Pas de timbre ; elle avait été directement déposée dans la boîte aux lettres. Il était venu jusqu’à chez elle ! Il n’avait pas renoncé. Il devait être furieux…
Elle hésita longtemps puis se décida. Malgré une mise en garde en forme d’injonction.
— Jette cette lettre, Jeanne ! Ne la lis pas !
— Vaut mieux que je sache ce qu’il veut !
— Non, ne la lis pas !
— J’ai pas le choix, merde !
Elle refusa d’obéir à son maître et déchira doucement l’enveloppe. Une seule feuille. Toujours la même encre, noire. Une écriture un peu moins douce. Plus nerveuse.
« Jeanne,
Je ne comprends pas. Vous n’avez pas lu ma dernière lettre et je ne comprends pas. Pourtant, vous étiez dans le train, hier soir. Je le sais. Et vous n’avez pas lu ma lettre. Vous me rejetez ? Vous refusez de m’écouter ? Quelle cruelle déception, Jeanne ! Si vous saviez comme j’ai souffert ! Si vous saviez… Vous avez décidé de me faire du mal, de me blesser. Moi qui croyais pouvoir avoir confiance en vous ! Moi qui croyais pouvoir tout vous dire…
Je me suis offert à vous, je ne vous ai rien caché. Et je crois que je me suis trompé sur votre compte, Jeanne.
Quelle horrible journée… Que d’espoirs déçus…
Comment avez-vous pu me faire ça ? Comment avez-vous pu me trahir de la sorte ?
Après la douleur, la colère. Je la sens en moi, je voudrais la contrôler. Mais je n’ai jamais su la contrôler. Je n’ai jamais pardonné la trahison, Jeanne. Jamais.