Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Les Habits Noirs Tome I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Habits Noirs Tome I

Электронная книга - «Les Habits Noirs Tome I». Краткое содержание книги:

Ce cycle de huit romans, publiés de 1863 à 1875, est à rapprocher de la série des Rocambole de Ponson du Terrail, qui connaissait un grand succès depuis 1857. Il a été popularisé par une série télévisuelle datant de 1967, du temps de l'ORTF… Les «Habits noirs» est le signe de l'appartenance aux classes «élevées» de la société et en même temps le surnom donné à une bande criminelle réelle qui agissait à Paris dans les années 1830, et qui fut jugée lors d'un procès à sensation en 1845. Ce surnom, les membres de la bande l'avaient acquis en raison de leurs manières raffinées et de l'apparence de respectabilité qu'ils avaient endossée. Ainsi est doublement mise en avant par Féval l'hypocrisie sociale, l'éternelle comédie grinçante d'une société pervertie par l'absence de valeurs, où le crime règne sous le masque même de la loi et de l'ordre, les rongeant ainsi de l'intérieur.
La bande criminelle les «Habits Noirs», dirigée par Lecoq, le bras droit du colonel Bozzo-Corona, le «Maître à tous», organise le vol de la caisse du banquier Bancelle, en 1825, tout en montant une machination compliquée destinée à égarer la justice sur un faux coupable (manoeuvre que les Habits noirs appellent «payer la loi», et qu'ils renouvelleront à chaque épisode). Ce faux coupable est André Maynotte, sur lequel Lecoq satisfait ainsi une ancienne vengeance. André Maynotte est condamné, mais réussit à s'enfuir…
1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 164
Перейти на страницу:

Puis la main de Mme Schwartz plongea encore au fond du tiroir, et cette fois ramena un volumineux cahier couvert d’une écriture fine et serrée.

L’encre avait jauni aux feuilles fatiguées de ce manuscrit. Il datait de loin. On avait dû le lire bien souvent. La première page, qui gardait des traces de larmes, commençait ainsi:

2 juillet 1825. – Je t’ai promis de t’écrire souvent. J’ai passé quinze jours à me procurer une plume, de l’encre et du papier. Je suis au secret dans la prison de Caen. Quand je me tiens à bout de bras à l’appui de ma croisée, je puis voir le haut des arbres du grand cours et les peupliers qui bordent au loin les prairies de Louvigny. Tu aimais ces peupliers; ils me parlent de toi…

Et à la suite de quelques lignes presque effacées, celle-ci ressortait:

… Je sais que tu te gardes à moi, j’ai confiance…Mme la baronne Schwartz avait les yeux sur cette ligne. Elle ne pleurait plus: sa pâleur était d’une morte. On eût dit que son cœur arrêtait ses battements et que le souffle expirait sur ses lèvres.

Quand minuit sonna, elle était encore à la même place, tenant les papiers à la main, immobile et debout. Le bruit de la pendule la fit légèrement tressaillir. Elle remit dans la cassette les papiers et le portrait de la fillette. Le portrait du jeune homme resta dans sa main. Le tiroir fut refermé, ainsi que le secrétaire, et la clef ciselée disparut. Mme Schwartz revint s’asseoir auprès du foyer qui était maintenant éteint. Elle avait froid dans le corps et dans le cœur. Son attitude exprimait un sourd malaise, et, de temps en temps, un frisson courait dans ses veines.

– Je verrai cet homme, murmura-t-elle. M’est-il défendu de porter un deuil?… Et Michel?… Je saurai. Oh! s’interrompit-elle avec un frisson, j’ai peur de savoir!

Au-dehors, les bruits de la ville s’apaisaient. Vers une heure, on frappa pour la troisième fois à la porte. Mme Schwartz eut comme un frémissement; mais elle se leva toute droite et gagna la porte d’un pas ferme.

– Dort-il? demanda-t-elle à Domergue, quand le verrou fut tiré.

– Comme un ange, répliqua le digne valet. Mme Schwartz dit:

– Allons!

Domergue marcha le premier, un bougeoir à la main.

– Madame me pardonnera ma curiosité, reprit-il après quelques pas; c’est moi qui me suis occupé le premier de ce jeune homme-là, et j’ai le cœur sensible, quoique étant dans le commerce depuis l’âge de raison. Je m’attache facilement… Après l’épreuve que madame va faire, sera-t-on certain de quelque chose?

– C’est selon, reprit la baronne d’une voix changée.

– Madame n’a pas besoin d’avoir peur, poursuivit Domergue, tout le monde est couché, j’en réponds. Il n’y a pas un traître chat éveillé dans l’hôtel, et la femme de chambre n’en est pas encore au café, là-bas, avec marraine… Madame sait bien que je ne suis pas bavard, mais c’est si rare de voir une personne comme madame s’occuper des péchés de jeunesse de son mari!… M. le baron est bien assez riche pour payer ses fredaines; mais madame!

Ils arrivaient à l’escalier. L’appartement de notre héros Michel était à l’étage au-dessus. Mme Schwartz allait sans mot dire; elle ne prenait point souci d’imposer silence au valet, qui continuait tout bas:

– Avec ça que ça ne ferait pas grand tort à Mlle Blanche. Il y a assez pour deux… Mais quand on y songe, est-ce une assez drôle de chose? Ça fait croire en Dieu, oui! que M. Schwartz est allé justement dans cette ferme où était justement M. Michel, et que justement, il l’a ramené!

Il s’arrêta. La porte de Michel était devant lui. Désormais la pâleur de Mme Schwartz était maladive, et, pendant qu’elle marchait, tout son corps tremblait.

– Il y a une Providence, balbutia-t-elle: c’est vrai. Domergue pensa:

– On a beau n’être pas jalouse, ça fait quelque chose, écoutez donc! Mais, ajouta-t-il tout haut, en manière d’excuse pour le baron Schwartz, le jeune homme est sur ses dix-huit ou vingt ans; c’était bien avant le mariage de madame.

L’observation, quoique judicieuse, ne parut point calmer le trouble de la baronne. Sur un signe qu’elle fit, Domergue ouvrit la porte de Michel. Tout était neuf et charmant dans cet hôtel, plus frais qu’une rose. Le fils de la maison n’aurait pu être mieux logé que Michel. Veuillez bien vous figurer un appartement de jeune homme, un peu en désordre, mais aussi coquet que possible. Domergue entra en étouffant le bruit de ses pas sur le tapis, et il s’assura que le sommeil de notre héros n’avait pas pris fin. Mme Schwartz attendait au-dehors. Assurément, et quels que fussent les motifs de sa démarche, la démarche elle-même, si bizarre et si étrangère aux habitudes d’une femme de sa sorte, suffisait à expliquer son émotion.

Y avait-il du vrai dans la pensée de Domergue? Mme Schwartz venait-elle ici pour éclairer le passé de son mari? C’était un ménage excellent, mais il durait depuis nombre d’années, et l’élément passionné ne semblait point y surabonder du côté de Mme Schwartz.

Et si Domergue se trompait, qui donc avait suggéré cette erreur à Domergue? Il revint, faisant ce geste qui veut dire «chut» et prononça du bout des lèvres:

– Le sommeil du juste!

Mme Schwartz entra. Michel était étendu sur son lit, tête nue. Les boucles éparses de ses longs cheveux lui donnaient une beauté de femme; c’était un cher enfant; la vie follement dissipée qu’il menait fatiguait son visage sans effacer l’expression de vigoureuse candeur qui était le trait de sa physionomie.

Mme Schwartz se tenait derrière Domergue, qui levait le flambeau de façon à ce que la lumière tombât d’aplomb sur la figure du dormeur.

– À quoi verrez-vous la chose? demanda-t-il. La lettre vous dit-elle qu’il a un médaillon, une marque?

Comme Mme Schwartz ne répondait point, Domergue se tourna vers elle et la vit si changée qu’il faillit lâcher le flambeau.

– Madame se trouve mal… commença-t-il.

Elle l’interrompit d’un geste. Sa main désigna le flambeau, puis la porte. Domergue lui donna le flambeau et sortit. Mme Schwartz resta seule avec Michel. Pendant quelques instants, elle demeura immobile et l’œil ardemment fixé sur ce front blanc, couronné de cheveux épars. Puis, tout à coup, sa paupière se baissa, comme si un effroi l’eût saisi.

Michel remua. Ses lèvres entrouvertes eurent un vague sourire. La baronne déposa le flambeau pour appuyer ses deux mains contre son cœur.

Puis elle prit sous le revers de sa robe l’aquarelle, le portrait du jeune homme aux couleurs effacées. Elle regarda tour à tour la peinture pâlie et le pâle visage du dormeur. On eût dit qu’elle était venue là pour établir cette comparaison.

Quand elle reprit le flambeau, un long soupir souleva sa poitrine, et sur le seuil elle se retourna pour contempler encore une fois, au travers de deux grosses larmes, le sourire du beau jeune homme endormi. Quand elle rentra dans son appartement, elle était anéantie, une pensée grave semblait entièrement l’absorber. Domergue lui trouva une apparence de calme, mais il vit bien, quand elle s’assit, que la fatigue la brisait. Il se disait en lui-même:

– Si on peut se faire du mal comme ça pour une affaire d’avant le mariage! M. le baron n’était pas une demoiselle… N’empêche pas que l’avenir du jeune homme est réglé, maintenant. Madame est la bonté même. On les établira tous les deux, Mlle Edmée et lui… Quel mignon petit ménage!

1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 164
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)