La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville
- Автор: Bretonne Nicolas-Edme Retif de la
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:
Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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sauveur, a dit Ursule, qu’on a ici de vous la même idée que moi: il ne vous reste plus qu’à mériter l’admiration la plus flatteuse.» Et je crois qu’elle a jeté un coup d’œil fin sur Mme Parangon. On avait préparé un beau souper, qui a été plus gai que nous ne le comptions; car M. Gaudet a tant d’esprit, qu’il n’a pas laissé régner la mélancolie; au contraire, il a égayé jusqu’à Mme Parangon, qui paraissait la plus triste et la plus enfoncée en elle-même. Elle a souri deux fois; et elle lui a même dit: «Je conviens de tous vos talents; vous êtes un homme aimable, unique peut-être! ah! M. Gaudet? qu’il vous en coûterait peu, si vous le vouliez!…» Mon mari à ce mot, à regardé la belle dame, et lui a fait comme un serrement de main, que j’ai entrevu, parce que j’étais la plus près d’eux. Voilà, ma chère cousine, ce qui s’est passé le premier jour de l’arrivée. Le lendemain, je me suis rendue la première auprès d’Ursule: elle dormait. J’ai passé dans la chambre de Mme Parangon. Je l’ai trouvée debout. Elle m’a fait signe qu’elle allait sortir avec moi, pour ne pas réveiller Mlle Fanchette. Je l’ai menée chez nous; où elle m’a fait tant d’amitiés, tant de louanges, tant de caresses, qu’elle aurait amolli mon cœur, si je l’avais eu de pierre ou de fer. Je n’ai jamais senti de ma vie une si grande ouverture de confiance: j’ai répondu à bien des petites questions qu’elle m’a faites. Ensuite, apparemment qu’elle a été contente de moi; car elle m’a fait ses confidences, et entre autres qu’elle était enceinte: et elle m’a demandé sur son état des conseils, que je lui ai donnés avec grande satisfaction. Voilà ce que vous paraissez désirer de savoir à son sujet. Quant à sa santé, je ne suis pas sans crainte; elle a un fond de chagrin, qui, à certains mots qu’on lâche sans y penser, quand on n’est pas au fait, lui tirent aussitôt les larmes des yeux. La pauvre chère dame! tant de mérite et de beauté, et n’être pas heureuse!… Hélas! que de regrets doivent avoir ceux qui l’ont affligée!… Elle m’a parlé de ce que vous aviez été ensemble à la comédie, avec Ursule, et elle en a regret; car elle pense qu’elle a offensé Dieu, par toutes ces choses-là, et que dans certaines circonstances, on doit plutôt mater l’esprit et la chair, que de leur donner leurs plaisirs. Au reste, elle parle de vous en bons termes; assurant que vous vivez fort honnêtement avec la cousine votre mère que vous respectez. Ce mot m’a fait plaisir, ma chère Laurote. Quant à notre pauvre Ursule, elle s’est éveillée tard, et elle sera bien plus tôt rétablie que Mme Parangon. Cependant, depuis huit jours que les voilà ici, elle ne paraît pas se remettre vite. Je la soupçonne dans l’état qu’on craint d’une part, pendant que de l’autre, on voudrait voir si ça n’amènerait pas une chose glorieuse et réparatoire. Je crois pouvoir assurer mon frère, que s’il est de ceux qui désirent (puisque le mal est fait) que la chose soit, qu’elle est. Pour à l’égard de Mlle Fanchette, c’est une enfant si aimable, si douce, si innocente, et si spirituelle malgré ça, qu’elle fait ici l’admiration et l’amour de tout le monde. J’ai eu avec Ursule une conversation à son sujet. Son sentiment serait qu’on profitât du demeurement ici pour faire le mariage d’Edmond. Et si mon frère aime nos père et mère, et veut calmer la secousse qui leur vient d’arriver, ce serait de faire ce mariage, sans s’arrêter à toutes raisons contraires, que nous ne trouvons bonnes ni Ursule ni moi. Je vois assez comme pense la bonne Parangon, pour répondre de son consentement: quoiqu’elle ait beaucoup d’esprit, c’est une brebiette; et jamais elle ne pourrait se refuser à faire ce plaisir à notre pauvre mère: qu’Edmond voie donc, s’il veut mettre la joie dans l’âme à sa bonne mère, qui l’aime tant! je vous prie, très chère cousine, de lui faire entendre ça. Ursule se joint à moi, pour l’en prier, et toutes deux nous l’en prions quasi à genoux. Autre chose ne puis vous mander, très chère cousine, sinon que ceux d’ici qui savent que je vous écris, comme mon mari, Ursule, et Edmée notre belle-sœur, qui est revenue hier, vous prient d’accepter leurs amitiés, comme celles de bons parents et parentes. Et moi, je suis, etc.
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