Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]
Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]

Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]». Краткое содержание книги:

Le Seigneur des anneaux [tome III - Le Retour du Roi]
1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 155
Перейти на страницу:

Les hobbits franchirent quelques pénibles milles avant de s’arrêter. Frodo semblait presque à bout de forces. Sam vit qu’ils ne pourraient pas continuer longtemps de cette manière, tantôt à quatre pattes, tantôt pliés en deux, suivant ici un chemin incertain et fastidieux, trébuchant là dans une course précipitée.

« Je retourne sur la route pendant qu’il y a encore de la lumière, monsieur Frodo, dit-il. Tenter de nouveau notre chance ! Elle nous a presque lâchés la dernière fois, mais pas complètement. Un bon pas pendant quelques milles encore, puis repos. »

Il prenait un risque beaucoup plus grand qu’il n’en avait conscience ; mais Frodo était trop préoccupé par son fardeau et par sa lutte intérieure pour discuter, et presque trop désespéré pour s’en soucier. Ils montèrent sur la chaussée et se traînèrent le long de la route, dure et cruelle, celle-là même qui menait jusqu’à la Tour Sombre. Mais leur chance tint bon et, tout le reste de cette journée, ils ne rencontrèrent nulle chose vivante ou animée ; et quand la nuit tomba, ils se fondirent dans les ténèbres du Mordor. Tout le pays ruminait comme dans l’attente d’une énorme tempête ; car les Capitaines de l’Ouest avaient passé la Croisée des Routes et incendié les funestes prairies d’Imlad Morgul.

Le voyage désespéré se poursuivit de semblable manière, tandis que l’Anneau descendait au sud et que la bannière des rois montait vers le nord. Pour les hobbits, chaque jour, chaque mille était plus difficile que le précédent, tandis que leurs forces s’épuisaient et que le pays se faisait plus maléfique. Ils ne voyaient aucun ennemi de jour. Parfois, la nuit, alors qu’ils se terraient ou sommeillaient avec inquiétude dans quelque cachette en bordure de la route, ils entendaient des cris et le bruit de nombreux pas, ou la course précipitée d’une monture cruellement surmenée. Mais de tels dangers paraissaient dérisoires en regard de la menace qui les martelait et ne cessait de s’approcher : la terrible menace du Pouvoir qui attendait, tout absorbé dans ses réflexions et sa malveillance toujours en éveil, derrière le sombre voile entourant son Trône. Elle se faisait toujours plus proche, se dressait de plus en plus noire, comme l’apparition d’un mur de nuit aux derniers confins du monde.

Vint enfin un terrible soir ; et alors même que les Capitaines de l’Ouest voyaient la fin des terres vivantes, les deux voyageurs vivaient une heure de profond désespoir. Quatre jours s’étaient écoulés depuis qu’ils avaient échappé aux orques, mais le temps s’étendait derrière eux comme un rêve toujours plus obscur. Frodo n’avait pas parlé de toute cette journée-là ; à demi courbé, il trébuchait souvent dans sa marche, comme si ses yeux ne voyaient plus la route à ses pieds. Sam devinait que, de toutes leurs souffrances, il endurait la pire, le poids croissant de l’Anneau, un fardeau pour le corps et un tourment pour l’esprit. Avec grande inquiétude, Sam avait remarqué la façon que son maître avait de lever souvent la main gauche, comme pour se garder d’un coup, ou protéger ses yeux à demi fermés d’un Œil redoutable cherchant à y regarder. Et parfois sa main droite venait se crisper sur son sein ; puis, comme la volonté reprenait le dessus, elle se retirait.

Or, tandis que retombaient les ténèbres nocturnes, Frodo était assis, la tête entre les genoux ; ses bras pendaient avec lassitude jusqu’au sol où reposaient ses mains, secouées de faibles spasmes. Sam resta à l’observer, jusqu’à ce que la nuit les recouvrît tous deux et que l’un fût caché à la vue de l’autre. Il ne trouvait plus rien à dire ; aussi se tourna-t-il à son tour vers ses sombres pensées. Lui-même avait encore des forces, malgré sa fatigue et l’ombre de peur qui pesait sur lui. Le lembas possédait une vertu indéniable, sans laquelle ils se seraient laissés mourir depuis longtemps. Il ne satisfaisait pas l’appétit, et Sam était parfois hanté par des souvenirs de nourriture, et par des envies de pain et de viande ordinaires. Mais le pain de route des Elfes avait un effet d’autant plus puissant que les voyageurs se reposaient entièrement sur lui, sans le mêler à d’autres aliments. Il nourrissait la volonté et donnait une force d’endurance, et une maîtrise des nerfs et des membres bien au-delà de celles des mortels. Mais, pour l’heure, il fallait à nouveau décider. Ils ne pouvaient suivre cette route plus longtemps, car elle continuait vers l’est, vers la grande Ombre ; du reste, la Montagne se dressait à présent sur leur droite, presque plein sud, et ils devaient prendre cette direction. Mais il s’étendait encore devant elle une vaste région de terres arides et fumantes, couvertes de cendres.

« De l’eau, de l’eau ! » marmonnait Sam. Il s’était privé et, dans sa bouche desséchée, il sentait sa langue épaisse et gonflée ; mais malgré toutes ses précautions, il ne leur en restait que très peu, peut-être la moitié de sa gourde, et ils pouvaient avoir encore des jours à marcher. Elle eût été vide depuis longtemps s’ils n’avaient pas osé suivre la grand-route. Car de loin en loin, des citernes y avaient été construites à l’usage des troupes dépêchées à travers les régions sans eau. Au fond de l’une d’elles, Sam avait trouvé un vieux reste d’eau, croupie, rendue trouble par les orques, mais encore passable au vu de leur situation. Or, cela faisait déjà un jour ; il n’y avait pas espoir d’en trouver davantage.

Enfin, brisé par tant de soucis, Sam se mit à somnoler, sans plus penser au lendemain ; il ne pouvait rien faire de plus. Entre veille et sommeil, des rêves troublants le visitaient. Il voyait des lumières semblables à des yeux cruels, et des formes noires aux mouvements furtifs, et il entendait des sons rappelant des bêtes sauvages, ou les cris atroces d’êtres torturés ; et il se réveillait en sursaut pour s’apercevoir que le monde alentour était entièrement sombre, peuplé de ténèbres vides. Une fois seulement, comme il se levait et jetait autour de lui des regards effarés, crut-il apercevoir, même réveillé, de pâles lumières semblables à des yeux ; mais bientôt elles clignotèrent et disparurent.

L’infâme nuit passa lentement et à contrecœur. Le matin qui lui succéda ne donna que peu de lumière ; car à l’approche de la Montagne, l’air avait toujours cette teinte fuligineuse, tandis que de la Tour Sombre se répandaient les voiles d’Ombre que Sauron tissait autour de lui. Frodo, couché sur le dos, ne bougeait pas. Sam se tenait auprès de lui, n’osant pas parler, mais sachant que la parole lui incombait : il devait atteler la volonté de son maître à un nouvel effort. Enfin, se penchant pour lui caresser le front, il murmura à l’oreille de Frodo.

« Debout, Maître ! dit-il. C’est l’heure de reprendre la marche. »

Comme au son d’une soudaine cloche, Frodo se redressa d’un trait, puis il se leva et regarda au sud ; mais au moment où ses yeux contemplèrent la Montagne et le désert environnant, son courage vacilla de nouveau.

« Je n’y arriverai pas, Sam, dit-il. C’est un tel poids à porter, un si grand poids. »

Sam sut, avant même d’ouvrir la bouche, que ses paroles étaient vaines, qu’elles causeraient sans doute plus de mal que de bien ; mais la pitié fit en sorte qu’il ne put garder le silence. « Alors laissez-moi le porter un peu pour vous, Maître, dit-il. Je vais le faire avec plaisir, vous le savez, tant qu’il me restera des forces. »

1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 155
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)