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La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]

Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:

Tandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre histoire de prostituées exportées des pays de l'Est.
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
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Bublanski avait commencé par être dubitatif au sujet de Curt Bolinder, mais au bout de six mois il n'avait toujours pas découvert quoi que ce soit qui méritât sa critique directe ni sa colère. Au contraire, Bublanski avait peu à peu commencé à avoir un certain respect pour la compétence taciturne de Curt Bolinder.

Le dernier membre de l'équipe de Bublanski était Hans Faste, quarante-sept ans et vétéran à la brigade des crimes avec violence depuis quinze ans. Faste était la raison directe de l'insatisfaction de Bublanski quant à la composition du groupe. Faste avait un côté plus et un côté moins. Côté plus il y avait une grande expérience et une bonne habitude des enquêtes complexes. Dans la colonne moins, Bublanski considérait Faste comme un homme égocentrique, adepte d'un humour lourdingue susceptible d'importuner tout être normalement constitué et particulièrement lui-même. Le caractère et les attitudes de Faste ne plaisaient tout simplement pas à Bublanski. Restait que si on le tenait serré, il était un enquêteur compétent. De plus, Faste était devenu une sorte de mentor pour Curt Bolinder, que le côté braillard ne semblait pas importuner. Ils formaient souvent un binôme pendant les investigations.

A la réunion étaient également conviés l'inspectrice Anita Nyberg, de la Crim de garde, pour les informer des interrogatoires qu'elle avait menés avec Mikael Blomkvist au cours de la nuit, ainsi que le commissaire Oswald Mårtensson, pour rendre compte de ce qui s'était passé après qu'ils avaient reçu l'appel. Tous deux étaient épuisés et voulaient rentrer dormir le plus vite possible, mais Anita Nyberg avait déjà réussi à obtenir des photos du lieu du crime, qu'elle fit circuler dans le groupe.

Une demi-heure plus tard, ils s'étaient fait une idée du déroulement des événements. Bublanski résuma la situation :

— Sous réserve de l'enquête technique sur place qui se déroule encore, les événements semblent être ceux-ci... une personne inconnue qu'aucun des voisins ou autres témoins n'a remarquée est entrée dans un appartement à Enskede et a tué le couple Svensson et Bergman.

— Nous ne savons pas encore si l'arme retrouvée est l'arme du crime, mais elle est déjà partie au labo, glissa Anita Nyberg. Priorité absolue. Nous avons aussi retrouvé un fragment de balle — celle qui a touché Dag Svensson — relativement intact dans la cloison. Par contre, la balle qui a atteint Mia Bergman est tellement fragmentée que je doute qu'on puisse en tirer quelque chose.

— Merci du peu. Un Colt Magnum, c'est un putain de revolver de cow-boy qui devrait être totalement interdit. Est-ce qu'on a un numéro de série ?

— Pas encore, dit Oswald Mårtensson. J'ai envoyé l'arme et le fragment de balle par porteur spécial directement au labo. J'ai estimé qu'il valait mieux qu'ils s'en chargent plutôt que je me mette à tripoter le flingue.

— C'est bien. Je n'ai pas encore eu le temps de me rendre sur les lieux, mais vous deux, vous y êtes allés. Quelles sont vos conclusions ?

Anita Nyberg et Oswald Mårtensson échangèrent des regards. Nyberg laissa à son collègue plus âgé le soin de répondre.

— Premièrement nous pensons que le tueur était seul. C'est une véritable exécution, pas un meurtre ordinaire. J'ai le sentiment qu'il s'agit de quelqu'un qui avait une très bonne raison de tuer Svensson et Bergman, et qui a agi très posément.

— Et qu'est-ce qui te fait dire ça ? voulut savoir Hans Faste.

— L'appartement était propre et bien rangé. Il ne s'agit pas d'un cambriolage ni de voies de fait ou ce genre de choses. Deux balles ont été tirées qui ont toutes les deux atteint leur cible en pleine tête avec une grande précision. Nous avons donc affaire à quelqu'un qui sait manier des armes.

— D'accord.

— Si on regarde le plan, là... nous avons fait une simulation où l'homme, Dag Svensson, a été tué de très près — on peut même dire à bout portant. Il y a de nettes brûlures autour de la plaie pénétrante. Je dirais qu'il a été tué en premier. Il a été projeté contre la table à manger. Le meurtrier se tenait probablement à la porte du vestibule ou juste à l'entrée du séjour.

— D'accord.

— Selon les témoins, les coups de feu se sont succédé à quelques secondes. Mia Bergman a été tuée de loin. Elle se trouvait probablement à la porte de la chambre et a essayé de se détourner. La balle l'a touchée sous l'oreille gauche et est sortie juste au-dessus de l'œil droit. La violence de l'impact l'a propulsée dans la chambre où on l'a retrouvée. Elle est tombée contre le bord du lit et a glissé par terre.

— Un tireur habitué à manipuler des armes, renchérit Faste.

— Plus que ça. Il n'y a pas de traces de pas qui indiqueraient que le meurtrier soit entré dans la chambre pour vérifier qu'il l'avait tuée. Il savait qu'il l'avait touchée, il a tourné les talons et a quitté l'appartement. Donc, deux coups de feu, deux morts, puis il est parti.

— Oui?

— Sans vouloir devancer l'examen technique, je soupçonne que le meurtrier a utilisé des munitions de chasse. La mort a dû être immédiate. Les deux victimes présentent des blessures effroyables.

Il y eut un bref silence autour de la table. Personne dans l'assemblée n'avait besoin qu'on lui rappelle qu'il existe deux types de munitions — des balles dures entièrement recouvertes de métal, qui traversent le corps de part en part en causant des dégâts relativement modestes, et des munitions souples qui se dilatent dans le corps et causent des dégâts massifs. Il y a une énorme différence entre les dégâts que peut causer une balle de 9 millimètres de diamètre et ceux d'une balle qui s'étale jusqu'à mesurer 2, voire 3 centimètres de diamètre. Ce dernier type est appelé « munitions de chasse », ou « balle expansive », et l'intention est de causer une hémorragie massive, ce qui est considéré comme charitable lors de la chasse à l'élan puisqu'il s'agit d'abattre une bête aussi vite que possible sans qu'elle souffre. En revanche, les conventions internationales interdisent les munitions de chasse dans les guerres puisque le malheureux qui est touché par une balle expansive décède presque à tout coup, et peu importe à quel endroit du corps l'impact a eu lieu.

Dans sa grande sagesse, la police suédoise avait cependant introduit les munitions de chasse dans l'arsenal de la police deux ans auparavant. La raison de l'introduction de ces munitions n'était pas très claire, en revanche il était certain que si, par exemple, Hannes Westberg, le célèbre manifestant atteint au ventre pendant les émeutes de Göteborg en 2001, avait été touché par une balle de chasse, il n'aurait pas survécu.

— Le but était donc de tuer, dit Curt Bolinder.

Il parlait d'Enskede, mais avouait en même temps son opinion dans le débat silencieux qui avait lieu autour de la table.

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