La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]
- Автор: Ларссон Стиг
- Год: 2006
- Язык: французский
- Год: ACTES SUD
- ISBN: 2742765018
- Переводчик: Lena Grumbach
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette [Flickan som lekte med elden - fr]». Краткое содержание книги:
Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie.
Deux meurtres se succèdent, les victimes enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé.
Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.
— Attends, dit Malou Eriksson. On dénonce trois flics dont un travaille à la Säpo et un aux Mœurs, plusieurs avocats, un procureur et un juge, et quelques gros dégueulasses de journalistes. Tu veux dire que l'un d'entre eux aurait commis un double meurtre pour empêcher la publication ?
— Non, oui, je ne sais pas, dit Mikael pensivement. Ils ont pas mal à perdre, mais spontanément je dirais qu'ils ne sont pas très malins s'ils pensent pouvoir étouffer une histoire comme celle-ci en tuant un journaliste. Mais on dénonce aussi un certain nombre de souteneurs et même si on utilise des noms fictifs, il n'est pas très difficile de comprendre qui ils sont. Certains ont déjà été condamnés pour violence.
— D'accord, dit Christer. Mais tu décris ces meurtres comme de véritables exécutions. Si j'ai bien compris ce qu'essaie de dire Dag Svensson dans son livre, il s'agit de types pas particulièrement futés. Sont-ils capables de commettre un double meurtre et de s'en tirer ?
— Faut-il être futé pour utiliser un flingue ? demanda Malou.
— Là on est en train de spéculer sur ce qu'on ne connaît pas, coupa Erika Berger. Mais on se doit de poser la question. Si les articles de Dag — ou la thèse de Mia d'ailleurs — étaient la raison de ces meurtres, il faut qu'on renforce la sécurité ici à la rédaction.
— Et une troisième question, dit Malou. Est-ce qu'on doit communiquer ces noms à la police ? Qu'est-ce que tu leur as dit cette nuit ?
— J'ai répondu à toutes les questions qu'ils m'ont posées. J'ai parlé du sujet de Dag, mais on ne m'a pas interrogé sur les détails et je n'ai mentionné aucun nom.
— On devrait sans doute le faire, dit Erika Berger.
— Ce n'est pas évident, répondit Mikael. On peut à la rigueur leur donner une liste de noms, mais qu'est-ce qu'on fait si la police nous demande comment on a obtenu ces noms ? On n'a pas le droit de révéler les sources qui tiennent à rester anonymes. Cela concerne plusieurs des filles avec qui Mia a parlé.
— Quel merdier ! dit Erika. On est de retour à la première question — est-ce qu'on publie ?
Mikael leva une main.
— Attendez. On peut voter, mais il se trouve que je suis le gérant responsable de la publication et, pour la première fois de ma vie, j'ai l'intention de prendre une décision tout seul. La réponse est non. On ne peut pas publier ce numéro. Il est totalement impossible de s'en tenir à ce qui était prévu.
Le silence s'abattit autour de la table. Il continua :
— Ou, pour être plus clair, j'ai très envie de publier mais nous serons sans doute obligés de reformuler pas mal de choses. C'étaient Dag et Mia qui répondaient de la plus grande partie de la documentation et le sujet était bâti sur le fait que Mia pensait porter plainte contre les personnes que nous nommerions. Elle était experte en la matière. Le sommes-nous ?
La porte d'entrée claqua et Henry Cortez se tint soudain à la porte.
— C'est Dag et Mia ? demanda-t-il hors d'haleine.
Tout le monde hocha la tête.
— Putain de merde. C'est complètement fou !
— Comment l'as-tu appris ? demanda Mikael.
— On était sorti hier soir, ma copine et moi, et on rentrait quand on l'a entendu à la radio du taxi. Les flics demandaient si des chauffeurs avaient eu des clients vers chez eux. J'ai reconnu l'adresse. Il fallait que je vienne.
Henry Cortez avait l'air si ébranlé qu'Erika se leva et le serra dans ses bras avant de lui dire de s'asseoir. Elle reprit la parole.
— Je crois que Dag aurait voulu qu'on publie son histoire.
— Et je trouve qu'on devrait le faire. Le livre, sans hésiter. Mais la situation en ce moment est telle que nous devons repousser la publication.
— Et qu'est-ce qu'on fait alors ? demanda Malou. Ce n'est pas seulement un article qu'il va falloir modifier — on a un numéro à thème, et il va falloir refaire tout le journal.
Erika garda le silence un moment. Puis elle sourit. Son premier sourire épuisé de la journée.
— Tu prévoyais des jours de congé pour Pâques, Malou ? demanda-t-elle. Tu peux les oublier. Voici ce qu'on va faire... Malou, toi, moi et Christer on va cogiter pour pondre un numéro complètement nouveau sans Dag Svensson. On verra si on peut dégager quelques textes qu'on avait prévus pour juin. Mikael... tu disposes de combien de chapitres finis du livre de Dag Svensson ?
— J'ai la version finale de neuf chapitres sur douze. J'ai l'avant-dernière version des chapitres X et XI. Dag s'apprêtait à m'envoyer par mail les versions finales — je vais vérifier ma boîte — mais je n'ai que des bribes du chapitre XII qui est le dernier. C'est là qu'il devait résumer et tirer des conclusions.
— Mais toi et Dag, vous aviez discuté de tous les chapitres.
— Je sais ce qu'il avait l'intention d'écrire, si c'est ça que tu veux dire.
— Bon, tu vas t'attaquer aux textes — le livre et l'article. Je veux savoir la quantité qui manque et si nous pouvons reconstruire ce que Dag n'a pas eu le temps de livrer. Est-ce que tu peux faire une estimation précise dans la journée ?
Mikael hocha la tête.
— Je veux aussi que tu réfléchisses à ce qu'on va dire à la police. Ce qui est inoffensif et où on commence à pécher contre la protection des sources. Personne au journal n'aura le droit de parler sans que tu aies donné ton aval.
— Ça me paraît bien, dit Mikael.
— Est-ce que tu crois sérieusement que c'est le sujet de Dag qui est la cause de ces meurtres ?
— Ou la thèse de Mia ... je ne sais pas. Mais on ne peut pas écarter cette possibilité.
Erika Berger réfléchit un instant.
— Non, on ne peut pas l'écarter. Tu tiendras les rênes.
— Les rênes de quoi ?
— De l'enquête.
— Quelle enquête ?
— La nôtre, notre enquête, putain de merde ! Erika Berger éleva soudain la voix. Dag Svensson était journaliste et il travaillait pour Millenium. S'il a été tué à cause de son boulot, je veux le savoir. Nous allons donc creuser ce qui s'est passé. C'est toi qui te chargeras de ça. Commence par parcourir tout le matériau que Dag Svensson nous a donné et essaie de voir si le mobile du meurtre peut s'y trouver.
Elle se tourna à demi vers Malou Eriksson.
— Malou, si tu m'aides à esquisser un numéro totalement nouveau aujourd'hui, Christer et moi on fera le gros du boulot. Mais tu as énormément travaillé avec Dag Svensson et sur les autres textes du numéro thématique. Je veux que tu suives l'évolution de l'enquête de police avec Mikael.
Malou Eriksson hocha la tête.
— Henry... est-ce que tu peux travailler aujourd'hui ?
— Bien sûr.
— Commence par appeler les autres collaborateurs de Millenium et mets-les au courant. Ensuite tu appelleras la police pour essayer de savoir où ils en sont. Tâche de savoir s'il y a une conférence de presse prévue. Il faut qu'on soit tenu au courant des événements.
— D'accord. Je vais d'abord appeler nos gars, puis je fais un saut à la maison prendre une douche et avaler quelque chose. Je serai de retour dans trois quarts d'heure, à moins que je ne me rende directement au commissariat à Kungsholmen.