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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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— Bon Dieu ! hurla le chancelier qui frappa des poings contre la table, dont le lourd plateau trembla. On fait tout notre possible et pourtant il nous arrive encore des catastrophes !

— Il s’agit du fameux risque non évaluable, murmura Michelsen.

— Faut-il évacuer les environs ? demanda le chancelier.

— Même si nous le voulions, impossible de le faire rapidement, répondit le secrétaire d’État. La liaison avec les autorités locales de toutes sortes est depuis longtemps aléatoire. Même s’il ne s’agissait que d’un cercle de quelques kilomètres, nous aurions besoin de centaines de véhicules, de chauffeurs et de carburant. Vu la situation… » Accablé, il courba l’échine et regarda la table. « Il ne nous reste plus qu’à prier. »

Bruxelles

Il y avait eu suffisamment de diesel dans le réservoir jusqu’à l’aiguillage suivant où Lauren et Piero avaient arrimé leur lorry automoteur à un train. Le mécanicien n’avait rien perçu de la manœuvre.

Trois quarts d’heure plus tard, le convoi s’arrêta. Le nombre de voies indiquait à Manzano qu’ils venaient d’arriver dans une grande gare.

Tout le long du train, de chaque côté, des files de soldats, le fusil sur la poitrine.

« Espérons que ce n’est pas nous qu’ils attendent.

— T’es pas si important, le railla Shannon. Ils sont là à cause des pillards. »

Un soldat sans arme, mais avec un mégaphone, patrouillait le long des wagons, exhortant en français les gens à en descendre et à s’en éloigner sans heurts. Ils descendirent donc des wagons et containers où ils étaient juchés, tirant derrière eux leurs maigres effets, sans être inquiétés par les militaires qui ne firent pas mine de bouger. Lauren et Piero se joignirent à la foule. Personne ne leur prêta attention. D’après les panneaux, ils étaient bel et bien à Bruxelles. Dans le hall de la gare, des centaines de gens avaient établi des campements de fortune. Les guichets étaient clos, mais l’Italien vit un homme en gilet jaune qui observait, sur le côté, le flot de sinistrés.

« Où voulez-vous aller ? demanda-t-il, après que les deux naufragés eurent évalué ses connaissances en anglais.

— Au Monitoring and Information Centre de l’UE », fit Manzano.

L’homme haussa les épaules.

« Aucune idée d’où ça peut être. Je sais juste où est le siège de la Commission européenne.

— Comment y va-t-on ? »

Central opérations

Ils avaient d’abord été inquiets. Depuis la veille, un nombre croissant d’ordinateurs, par lesquels ils suivaient les communications des cellules de crise et des plus importantes organisations, telle Europol, étaient déconnectés. Même le trafic de mails avait diminué. Leur piratage aurait-il été mis au jour ? Il leur fallait attendre, ne plus tenter activement de mettre la main sur leurs échanges. Ça avait été presque trop simple. En passant par les réseaux sociaux, ils avaient pu récupérer des milliers d’adresses électroniques de collaborateurs au sein des différentes entreprises énergétiques ainsi qu’au sein des institutions. Ils y étaient parvenus en les hameçonnant avec une fausse publicité : « Vous avez été choisi pour une destination de rêve à un tarif préférentiel. »

Un code malveillant avait ainsi été injecté dans les ordinateurs ciblés.

En quelques mois, ils avaient infiltré la quasi-totalité de leurs cibles, de très nombreuses entreprises et les systèmes des plus grands États européens et des États-Unis. De la même manière, ils avaient identifié les ordinateurs portables sur lesquels étaient installés des programmes de téléphonie par Internet, comme Skype ou d’autres. Ils avaient alors pu activer caméras et micros intégrés sans l’intervention des utilisateurs.

Mais voici que ces derniers éteignaient de plus en plus souvent leurs machines, les empêchant de voir et d’entendre au cœur même des forteresses de leurs adversaires.

La recherche automatisée par mots clefs avait finalement isolé un mail de la cellule de crise française. Il provenait directement du bureau du président. Il exigeait de tous les collaborateurs au sein de tous les services concernés qu’ils n’allument leurs ordinateurs et autres appareils équivalents qu’en cas d’absolue nécessité, afin d’économiser l’électricité de secours. En quelques heures, ils tombèrent sur des mails du même acabit en provenance de nombreux gouvernements.

C’était une surprise positive. Si les plus hautes autorités en étaient réduites à économiser l’énergie au bout d’une semaine, on approchait à grands pas de l’effondrement final. Plus vite il arriverait, mieux ce serait. Cette fin représentait un nouveau départ. À l’instar de ces ruines où la jungle reprend ses droits, l’être humain allait de nouveau pouvoir être maître de son existence.

Bruxelles

Le soir tombait lorsqu’ils arrivèrent devant le gigantesque édifice, à côté de l’entrée duquel figurait en grandes lettres : « Europese Commissie — Commission européenne ».

À l’intérieur, de la lumière. Derrière les vitres, quelques hommes en costumes bleu nuit qui regardaient la rue.

Shannon jaugea Manzano, depuis la cicatrice de son front jusqu’à la saleté de ses chaussures. Il avait l’air d’un clochard. Un regard sur elle-même lui rappela qu’elle n’était pas mieux lotie.

« Oui, fit Manzano. Nous avons tout à fait l’air de visiteurs qu’on accueille à bras ouverts. Et je ne te parle pas de l’odeur ! »

Ils n’avaient pas encore poussé la porte qu’un vigile leur faisait déjà face.

« C’est réservé au personnel, annonça-t-il en français.

— Ça tombe bien, répondit l’Italien en anglais, sûr de lui. Il tenta de se faufiler, en vain, l’homme lui ayant barré la route de son bras tendu.

— Votre carte, exigea-t-il, en anglais à son tour.

— Accompagnez-moi à l’accueil, le pria Manzano. Je suis un collaborateur extérieur du Monitoring and Information Centre. Demandez Sonja Angström, elle travaille ici. Si vous ne me laissez pas passer, vous aurez vraiment des ennuis, je peux vous l’assurer. »

L’homme hésita.

« Suivez-moi. »

Angström sortit de l’ascenseur et regarda dans le hall. Ce n’est qu’au second coup d’œil qu’elle reconnut Piero Manzano. À ses côtés, une jeune femme aux cheveux broussailleux, qui devait être fort belle en d’autres circonstances. En se rapprochant, Angström se souvint également de son visage.

« Piero ! Mon Dieu ! Mais qu’est-ce que t’as fait ? Elle recula d’un pas. Et cette odeur !

— Je sais. Une longue histoire. Je te présente Lauren Shannon, une journaliste américaine.

— Oh ! Je la connais. C’est la première à avoir fait un reportage sur l’attaque contre les réseaux électriques. Je sais maintenant d’où vous tenez tout ça, dit-elle à l’Américaine. Piero, toi, ici…

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