Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Angélique et le roi Part 1 - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Angélique et le roi Part 1

Электронная книга - «Angélique et le roi Part 1». Краткое содержание книги:

Angélique et le roi Part 1
1 ... 65 66 67 68 69 70 71 72 73 ... 79
Перейти на страницу:

Il guettait ce visage renversé, aux joues marbrées d'une fièvre rose.

– Allons, jeune cousine, jouons un peu ensemble, et mieux qu'en notre jeunesse...

Angélique eut une sorte de petit cri vaincu et tendit les bras. Elle n'était plus en état de résister ni d'échapper à l'égarement du désir. Ce fut elle qui l'attira.

– Ne soyez pas trop hâtif, mon bel amant, chuchota-t-elle. Laissez-moi le temps d'être heureuse.

Passionnément il la saisit et l'envahit, pénétré d'une curiosité nouvelle qui, pour la première fois, le rendait attentif à la femme, et surpris de voir les yeux verts d'Angélique dont il redoutait la dureté se voiler peu à peu d'une anxiété rêveuse. Elle oubliait de se raidir ; il n'y avait plus au coin de sa bouche ce défi qu'il y avait lu si souvent, mais ses lèvres entrouvertes tremblaient légèrement sous le souffle de son effort. Elle n'était plus son ennemie. Elle lui faisait confiance. Cela lui donnait le courage de la rechercher avec douceur et, frappé par instants de révélations éblouissantes, il comprenait qu'elle l'entraînait vers des voies neuves et mystérieuses. Un espoir commençait de naître, un espoir montait en lui, avec le flux régulier de la volupté. L'heure allait venir d'une rencontre enivrante, l'heure était venue pour lui de faire vibrer l'instrument de cette féminité délicieuse qui s'était si longtemps refusée. Tâche délicate qui réclamait des soins patients. Toute sa maîtrise et sa virilité en éveil, il avançait vers une proie qui ne se dérobait plus. Il pensait qu'elle l'avait humilié et qu'il l'avait haïe jusqu'à la souffrance. Mais en la regardant il sentait son cœur se fendre sous la poussée d'un sentiment inconnu. Où était la fière jeune femme qui l'avait bravé ? Il la voyait tout à coup se remettre à lui comme une blessée effrayée, et soudain elle avait de petits gestes inachevés qui semblaient demander grâce. Tour à tour frémissante Ou folle de langueur, roulant la tête de droite à gauche, d'un mouvement doux et machinal, sur la nappe épandue de ses cheveux d'or, elle se détachait lentement d'elle-même, atteignait ce lieu immatériel et obscur où deux êtres se retrouvent seuls avec leur plaisir.

Au long frémissement qui la secoua brusquement il sut que le moment approchait où il serait son maître. Chaque seconde qui passait l'exaltait davantage, le pénétrant d'un sentiment de victoire jamais ressenti, d'une force conquérante qui s'élançait sûre d'elle-même pour atteindre sa récompense. Il était le guerrier vainqueur d'un difficile tournoi, dont l'enjeu, maintes fois, eût pu lui échapper mais qu'il gagnait par sa vigilance et sa valeur. Il n'avait plus à la ménager. Elle se tendait dans ses bras comme un arc vivant. Tenacement sollicitée, à l'extrême limite de sa résistance, elle n'était plus qu'attente, angoisse et bonheur. Elle céda enfin et il perçut la réponse secrète de cette chair, éveillée par lui et réjouie de délices. Alors il s'y abandonna. Il savait que c'était cela qui lui avait manqué toute sa vie ; sa joie à elle, l'aveu de son corps docile et gourmand, qui se rassasiait longuement, tandis qu'elle reprenait vie avec de grands soupirs éperdus.

– Philippe !

Il pesait sur son cœur. Il cachait son visage contre elle et parce que la réalité lui revenait avec le décor austère du vieux salon des du Plessis, Angélique commençait à s'inquiéter de son mutisme. Instants trop courts de l'abandon. Elle n'osait croire à son propre délire, à l'ivresse qui la laissait presque tremblante et faible jusqu'aux larmes.

– Philippe !

Elle n'osait lui dire combien elle était reconnaissante du soin qu'il avait pris d'elle. L'avait-elle déçu ?

– Philippe !

Il releva la tête. Son visage demeurait énigmatique mais Angélique ne s'y trompa pas. Un très doux sourire entrouvrit ses lèvres et elle posa un doigt sur la moustache blonde où perlait une fine sueur.

– Mon grand cousin...

*****

Naturellement il advint ce qui devait advenir. Quelqu'un entra. C'était un laquais qui introduisait deux visiteurs : M. de Louvois et son père, le vieux et terrible Michel Le Tellier. Le vieux en perdit son lorgnon. Louvois devint cramoisi. Outrés, tous deux se retirèrent. Le lendemain Louvois devait conter l'anecdote à toute la Cour.

– En plein jour !... avec un mari !

Les amants et les soupirants de la belle marquise pouvaient-ils supporter cette insulte ? Un mari ! Un rival domestique ! La volupté à domicile !...

Mme de Choisy s'en alla à travers la Galerie de Versailles, répétant indignée :

– En plein jour !... En plein jour !...

On en fit des gorges chaudes au lever du roi.

– Le roi n'a pas tant ri qu'on l'eût cru, remarqua Péguilin.

Il n'était pas le seul à avoir deviné le dépit secret du souverain.

– Tout ce qui touche votre personne lui est sensible, expliqua Mme de Sévigné à Angélique. Il vous réconciliait de bon cœur avec un époux irascible. Mais point ne faut exagérer le dévouement. M. du Plessis a mis trop de zèle à contenter son souverain. Il paiera peut-être d'une disgrâce, de n'avoir pas compris que certains ordres ne réclament pas une exécution trop précise.

– Prenez garde à la compagnie du Saint-Sacrement, ma chère, glissa Athénaïs avec une grimace méchante. Voilà de quoi les irriter.

Angélique se défendit, le feu aux joues.

– Je ne vois pas ce que la compagnie du Saint-Sacrement peut y trouver à redire. Si je ne peux recevoir les hommages de mon mari, sous mon toit...

Athénaïs pouffa derrière son éventail.

– En plein jour... et sur le tapis ! Mais c'est le comble du vice, ma chère ! Ça ne se pardonne qu'avec un amant.

Philippe, indifférent aussi bien aux plaisanteries qu'aux sarcasmes, et peut-être les ignorant, passait, superbe. Le roi eut pour lui des duretés ; il ne parut pas les remarquer. Dans la fièvre des dernières grandes fêtes que le roi donnait avant les campagnes d'été, Angélique ne pouvait se rapprocher de lui.

Chose étrange, Philippe était redevenu glacé à son égard et quand elle lui parla, au hasard dans le bal, il lui répondit d'un ton rogue. Elle finit par se dire qu'elle avait rêvé le doux instant paré de perfection qu'elle tenait au creux de son souvenir comme une rose épanouie aux pétales de pourpre. Mais les doigts du monde s'étaient acharnés à massacrer la fleur délicate, au point qu'elle en rougissait encore. Et Philippe était bien à l'image de ce monde, rustre et méchant. Elle ignorait que Philippe était la proie de sentiments complexes inusités pour lui, où les reproches de son orgueil se mêlaient à une sorte de peur panique que lui inspirait Angélique. Il ne s'était senti la force de la dominer que par la haine. Si ce rempart cédait il tomberait dans l'asservissement. Or, il s'était juré de ne jamais se laisser asservir par une femme. Et il lui arrivait maintenant, lorsqu'il évoquait certaines nuances de son sourire, certains de ses regards, de se sentir malade comme un adolescent. Des timidités anciennes le reprenaient. Obnubilé par une vie libertine où il avait connu plus de dégoûts que de satisfactions, il doutait d'avoir goûté un tel instant d'harmonie surnaturelle au cours d'une union physique avec un de ces êtres exécrés et méprisables que représentaient pour lui les femmes. Fallait-il s'avouer que c'était cela qu'on nommait l'amour ? Ou n'était-ce qu'un mirage ? La peur de décevoir à nouveau le torturait. Il en mourrait de dépit, se disait-il, et de chagrin aussi. Mieux valait le cynisme et le viol !...

Angélique, qui n'eût jamais imaginé de tels tourments derrière ce visage insensible, éprouvait peu à peu une cruelle déception. Les brillantes fêtes ne réussissaient pas à l'en distraire. Les attentions du roi pour elle l'irritaient et ses regards appuyés coulaient dans ses veines un malaise. Pourquoi Philippe l'abandonnait-il ?

Un après-midi où toute la Cour applaudissait Molière, dans le théâtre de verdure, elle se sentit envahie d'une grande mélancolie. Il lui semblait qu'elle était redevenue cette petite fille pauvre et farouche parmi les pages moqueurs qui, au château du Plessis, s'était enfouie dans la nuit, le cœur lourd de regrets et de tendresse bafouée. Le même désir de fuir l'envahit. « Je les hais tous », pensa-t-elle. Et sans bruit elle quitta le château et fit appeler son carrosse. Elle devait plus tard se rappeler le mouvement impulsif qui l'avait arrachée à Versailles, et le nommer « pressentiment ». Car lorsqu'elle parvint, au soir, devant l'hôtel du faubourg Saint-Antoine, un grand remue-ménage y régnait et La Violette la prévint que son maître était envoyé sur le front de Franche-Comté, et devait partir demain matin à l'aube. Philippe soupait, seul devant deux flambeaux d'argent, dans la salle à manger aux boiseries noires. À la vue d'Angélique, en vaste manteau de taffetas rose, il fronça les sourcils.

1 ... 65 66 67 68 69 70 71 72 73 ... 79
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)