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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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«Je me perdais, comme tu vois, en beaux raisonnements, sans faire attention, qu’Edmond s’était mis à mes genoux, qu’il baisait mes mains. Ses discours à la vérité, démentaient ses actions: mais il n’en était pas moins passionné. Il me nommait sa sœur; il me jurait qu’il adorait Fanchette. Il me prit un baiser pour elle. Je sentis bien que c’était pour moi: mais je crus qu’il ne fallait pas que je fisse semblant de m’en apercevoir; et d’un air d’aisance, de confiance, je lui rendis son baiser, me proposant de me lever et de nous séparer à l’instant… Ô ma chère Ursule, ce fatal baiser a été de l’huile jetée sur un brasier dévorant; la flamme a jailli, elle m’a enveloppée, consumée!… Ton frère n’a plus été un homme; il est devenu comme une bête féroce… Je ne pouvais revenir de mon étonnement; à peine j’en croyais la réalité. Je me suis défendue. Il m’a meurtrie. «Périr, ou vous posséder!» Les menaces, l’emportement, la force, la rage, voilà ses moyens… J’ai senti, que plus je résisterais, plus je le rendrais forcené… J’ai cédé, je l’avoue, non à l’amour, ma conscience ne me le reproche pas, mais à la rage. «Satisfais-toi, pensais-je; mais de ma vie, je ne te reverrai: va, je me punirai de t’avoir enhardi!…» Il a triomphé… Je ne te le dirais pas, ma chère Ursule, sans ton malheur; mais… Je ne veux plus te rien cacher… Accablée de douleur, forcée… Je sentis que j’aimais le coupable, et mes sens me trahirent comme avait déjà fait mon cœur… Tout est pour lui! pensai-je, dès que je pus penser: que reste-t-il donc à la vertu? hélas! rien, que ma faible raison…

«Il se mit ensuite à mes genoux; et par les expressions les plus tendres, mais les plus emportées, il me jurait que la jouissance n’avait pas été son but; qu’il avait voulu joindre son âme à la mienne… Je ne répondais pas, oppressée, anéantie. Il a continué; et le coupable a osé s’adresser à la divinité même, qu’il venait d’offenser, et lui demander… de me rendre mère!… Il est exaucé, mais… ce ne saurait être qu’un don de colère… Il est venu me prendre un baiser. Je l’ai repoussé de la main; et comme si toute résistance était faite pour exciter les hommes, il a… renouvelé son offense, presque avec autant d’emportement…

«Ce nouvel attentat m’a cruellement irritée… J’ai entendu venir quelqu’un. Edmond s’est caché: c’était mon… Je l’avouerai l’excès de ma honte m’a fait évanouir, en voyant l’offense. Revenue à moi-même, je ne me connaissais plus, j’ai dit quelques extravagances, sans doute: on m’a crue folle. Mais je n’étais qu’accablée de douleur, d’avoir perdu… hélas! toute la douceur de ma vie, que j’attendais d’Edmond… J’ai laissé croire de moi tout ce qu’on a voulu; je n’ai pas été fâchée d’effrayer le coupable, par l’idée qu’il aurait de ma situation; et comme il ne se croirait pas entendu, de lire dans son cœur pour voir s’il y avait des remords. Il y en a eu, ma chère Ursule. Il m’a juré que jamais il n’entreprendrait rien contre ma vertu; il en a fait le serment à Dieu même. Mais j’avais moi-même excité ces remords. Comme il me croyait en délire, lorsqu’il venait auprès de moi, je voyais son abattement: j’en ai été touchée; mais pour creuser l’impression, j’affectais les plus grands écarts du délire. Ensuite, je lui prenais les mains; je les baisais, je le suppliais de m’épargner… effet de ces scènes répétées était terrible sur lui. J’y ai mis le comble, en paraissant recouvrer ma raison: mon premier mot a été de le bannir sévèrement de ma présence!… Oh! que cet ordre m’a coûté!… mais il le fallait… Il ne m’a plus revue seuclass="underline" mais il revenait avec tous ceux qui entraient auprès de moi, et sans oser me parler, il était le plus empressé à me rendre tous les, services que ma situation exigeait.

«Je me suis rétablie. Fidèle à mes résolutions, je n’ai plus souffert qu’Edmond m’approchât, et quelque peine que me causât cette privation, elle devait être éternelle. Je voyais sa douleur, son désespoir. J’entendais souvent les discours, qu’il tenait seuclass="underline" il voulait me fuir, et ne le pouvait pas, s’écriait-il. J’ai cru devoir le calmer, par une lettre que voici:

Celle que vous avez si cruellement outragée, ne vous évite, Edmond, ni par haine, ni par rancune: c’est par raison et par devoir. Elle vous évitera toujours. Vous l’avez voulu!… son bonheur vous était à charge, peut-être sa vie… La dernière échappe au danger, mais l’autre est perdu pour toujours. N’aggravez pas sa peine! c’est l’offensée, qui vous prie de ne pas tant vous occuper de votre crime, que des moyens efficaces de le réparer, par une conduite sans reproche; nous nous sommes perdus, Edmond: plus de confiance, où il n’y a plus d’innocence, plus de douceur, plus d’amitié; tout est détruit, tout est éteint; il ne reste plus que le vice!… J’ai mérité mon sort. Mais tel est mon cœur, que si je pouvais encore vous rendre heureux par la vertu, je le ferais. Mais je sens que je ne le puis plus… Vous avez tout renversé!… Vous êtes le plus coupable des hommes, et… Je suis votre complice!… Edmond, voilà votre crime le plus grand! Vous avez commis un forfait que les lois punissent du dernier supplice, et non seulement, vous m’en avez rendue l’objet et la victime, mais vous avez fait de moi votre complice!… Ingrat, vous m’avez ôté mon innocence, pour prix de la tendre amitié que je vous portais, et que… je ne saurais étouffer, vous m’avez avilie au rang des plus méprisables créatures en faisant retomber sur ma tête, toutes mes faiblesses passées!… Était-ce à vous de m’en punir, vous qui en étiez l’objet!… Mon cousin! jetez un coup d’œil sur votre conduite: envisagez-la de sang-froid, et jugez-vous… Ne perdez cependant pas courage; réparez votre faute, et secondez mes résolutions: elles sont de ne jamais vous voir tête à tête et de vous aimer comme auparavant… Bon Dieu! que fais-je? Ma lettre était commencée, pour vous parler comme le doit une femme, que vous avez… déshonorée… et je finis comme une faible amante!… Je m’en punirai.

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