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Les robots de l'aube [The Robots of Dawn - fr]

Электронная книга - «Les robots de l'aube [The Robots of Dawn - fr]». Краткое содержание книги:

Quand Elijah Baley, le célèbre agent de la Sûreté interplanétaire, arrive sur Aurora, il pressent qu’il va au-devant de sa plus difficile et périlleuse mission. Impossible pourtant de se récuser : le statut de la Terre en dépend, et le destin futur de l’Univers.
Il s’agit pour lui de découvrir qui, pour la première fois dans la Galaxie, s’est rendu coupable du meurtre de Jander Panell, le robot positronique le plus sophistiqué jamais créé, et qui atteignait un degré d’« humanité » très supérieur à tout ce que le Dr Susan Calvin aurait pu imaginer.
D’autres découvertes stupéfiantes attendent Elijah Baley sur Aurora, une planète dont les rites sexuels comportent peu de tabous et où il n’est pas interdit à une femme de s’éprendre follement d’un robot…
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— Il en a été question.

— Un seul jour, et il en a déjà été question. Je suppose que cela vous a mis mal à l’aise ?

— En effet.

— Et qu’il n’avait aucune raison d’en parler ?

— Ah, mais si ! répondit vivement Baley. J’avais dit que pendant un instant j’avais eu une idée et qu’ensuite elle m’avait échappé, et il était normal qu’il suggère un sondage psychique pour m’aider à retrouver cette idée.

— Non, pas du tout. Le sondage psychique ne peut être employé avec une délicatesse suffisante pour cela et, si on le tentait, les risques de dégâts permanents au cerveau seraient considérables.

— Sûrement pas si ce sondage était effectué par des experts. Le Dr Fastolfe, par exemple.

— Par lui ? Il est incapable de distinguer un bout de la sonde de l’autre ! C’est un théoricien, pas un technicien. Il ne sait absolument pas se servir de ses mains.

— Par quelqu’un d’autre, alors. En fait, il n’a pas dit qu’il le ferait lui-même.

— Non, Terrien. Par personne. Réfléchissez ! Réfléchissez ! Si le sondage psychique pouvait être utilisé sans danger sur des êtres humains, par n’importe qui, et si Han Fastolfe était si préoccupé par le problème de désactivation du robot, alors pourquoi n’a-t-il pas suggéré que le sondage psychique soit appliqué à lui-même ?

— A lui-même ?

— Ne me dites pas que cette idée ne vous est pas venue ! N’importe quel être pensant en viendrait à la conclusion que Fastolfe est coupable. Le seul point en faveur de son innocence, c’est qu’il se déclare lui-même innocent avec beaucoup d’insistance. Mais alors, pourquoi ne propose-t-il pas de prouver son innocence en se faisant psychiquement sonder pour démontrer qu’aucune trace de culpabilité ne peut être détectée dans un recoin de son cerveau ? A-t-il fait une telle proposition, Terrien ?

— Non.

— Parce qu’il sait très bien que ce serait mortellement dangereux. Et pourtant, il n’a pas hésité à le suggérer pour vous, simplement pour observer comment votre cerveau réagit à une tension, comment vous réagissez à la peur. Ou peut-être l’idée lui est venue que même si le sondage est dangereux pour vous, il pourrait lui apporter des renseignements intéressants sur les détails de votre cerveau modelé par la Terre. Alors dites-moi, maintenant, si ce n’était pas cruel, ça ?

Baley écarta la question d’un petit geste irrité du bras.

— Comment cela s’applique-t-il à l’affaire en soi, au roboticide ?

— La Solarienne, Gladïa, a plu à mon ex-père. Elle a un cerveau intéressant… à ses yeux à lui. Par conséquent, il lui a donné ce robot, Jander, pour voir ce qui se passerait si une femme qui n’a pas été élevée à Aurora est mise en contact avec un robot qui paraît absolument humain dans tous les détails. Il savait qu’une Auroraine se servirait fort probablement de lui immédiatement, pour des rapports sexuels, et n’aurait aucun mal à faire cela. Je sais que j’aurais sans doute des ennuis, parce que je n’ai pas été élevée normalement, mais aucune autre Auroraine ne serait perturbée. La Solarienne, d’autre part, devait avoir beaucoup de difficultés car elle a été élevée dans un monde extrêmement robotisé et a donc une attitude mentale rigide à l’égard des robots. La différence, voyez-vous, serait certainement instructive pour mon père, qui cherchait, par ces variantes, à échafauder sa théorie du fonctionnement cérébral. Han Fastolfe a attendu patiemment la moitié d’une année que la Solarienne en soit arrivée au point où elle se hasardait aux premières approches expérimentales…

— Votre père, interrompit Baley, ne savait absolument rien des rapports entre Gladïa et Jander.

— Qui vous a dit ça, Terrien ? Mon père ? Gladïa ? Si c’est lui, il ment, c’est évident ; si c’est elle, elle l’ignore tout simplement. Vous pouvez être assuré que Fastolfe savait ce qui se passait ; il le fallait bien, car cela avait dû figurer dans son étude du développement du cerveau humain dans les conditions solariennes.

 » Et puis il s’est demandé – j’en suis aussi certaine que si j’avais le don de lire dans sa pensée – ce qui arriverait maintenant que la Solarienne commençait tout juste à dépendre de Jander, si brusquement, sans raison, elle le perdait. Il savait ce que ferait une Auroraine. Elle serait déçue et puis elle chercherait un remplaçant. Mais que ferait une Solarienne ? Il s’est donc arrangé pour détraquer Jander…

— Détruire un robot d’une valeur inestimable simplement pour satisfaire une banale curiosité ?

— Monstrueux, n’est-ce pas ? Mais c’est bien dans la manière de Han Fastolfe. Alors retournez auprès de lui, Terrien, et annoncez-lui que son petit jeu est terminé. Si cette planète, dans l’ensemble, ne le croit pas coupable en ce moment, elle n’en doutera certainement pas une fois que j’aurai fait ce que j’ai à faire !

41

Baley, pendant un long moment, resta comme assommé sous l’œil satisfait de Vasilia. Elle avait une figure dure qui ne ressemblait plus du tout à celle de Gladïa.

Apparemment, il n’y avait rien à faire…

Baley se leva et se sentit vieux, beaucoup plus vieux que ses quarante-cinq ans normaux (l’enfance pour ces Aurorains). Jusqu’à présent, tout ce qu’il avait fait n’avait abouti à rien. Pire même, car à chacune de ses tentatives d’élucidation, la corde paraissait se resserrer autour de Fastolfe.

Il leva les yeux vers le plafond transparent. Le soleil était encore bien haut mais peut-être avait-il dépassé son zénith ; il était plus diffus que jamais. De fines écharpes de nuages le voilaient par moments.

Vasilia parut s’en apercevoir à la direction du regard de Baley. Elle allongea le bras sur la partie du long établi près duquel elle était assise et le plafond perdit sa transparence. En même temps, une lumière brillante baigna la salle de la même clarté vaguement orangée que celle du soleil.

— Je pense que cette entrevue est terminée, dit-elle. Je n’ai aucune raison de vous revoir, Terrien, ni vous de me rendre visite. Peut-être feriez-vous mieux de quitter Aurora.

Elle sourit froidement et prononça sa phrase suivante presque sauvagement :

— Vous avez fait assez de mal à mon père, encore que ce soit bien loin de ce qu’il mérite !

Baley fit un pas vers la porte et ses deux robots l’encadrèrent. Giskard demanda à voix basse :

— Vous sentez-vous bien, monsieur ?

Baley haussa les épaules. Que répondre à cela ?

— Giskard ! cria Vasilia. Quand le Dr Fastolfe jugera qu’il n’a plus besoin de toi, viens donc faire partie de mon personnel.

Giskard la dévisagea calmement.

— Si le Dr Fastolfe le permet, c’est ce que je ferai, Petite Miss.

Le sourire de Vasilia devint plus chaleureux.

— Ne l’oublie pas, Giskard. Tu n’as jamais cessé de me manquer.

— Je pense souvent à vous, Petite Miss.

A la porte, Baley se retourna.

— Docteur Vasilia, auriez-vous une Personnelle privée que je pourrais utiliser ?

Elle ouvrit de grands yeux.

— Certainement pas, Terrien. Il y a des Personnelles communautaires, ici et là dans l’Institut. Vos robots devraient pouvoir vous y conduire.

Il la contempla en secouant la tête. Il n’était pas surpris qu’elle ne veuille pas que ses appartements soient contaminés par un Terrien, et pourtant cela le mettait en colère.

Alors ce fut avec colère qu’il parla, plus que par jugement rationnel :

— Docteur Vasilia, si j’étais vous, je ne parlerais pas de la culpabilité du Dr Fastolfe.

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