Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » La Reine Margot Tome II
La Reine Margot Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Reine Margot Tome II

Электронная книга - «La Reine Margot Tome II». Краткое содержание книги:

Sur fond de guerres sanglantes, de Saint Barthélémy ainsi que de la lutte entre Catherine de Médicis et Henri de Navarre, la première épouse de ce dernier, Marguerite de Valois, appelée la reine Margot, entretient des intrigues amoureuses notoires et violentes… Roman historique qui reste avant tout un roman, ce livre nous fait sentir l'atmosphère de cette époque et appréhender l'histoire de notre pays!
1 ... 63 64 65 66 67 68 69 70 71 ... 84
Перейти на страницу:

– Oh! oh! dit-il, est-ce déjà l’heure du départ et va-t-on nous conduire à la chapelle sans être condamnés? Mordi! ce serait un plaisir de fuir par une nuit pareille, il fait noir comme dans un four; pourvu que les chevaux ne soient point aveuglés!

Il se préparait à questionner gaiement le porte-clefs, quand il vit celui-ci appliquer son doigt sur les lèvres en roulant des yeux très éloquents.

En effet, derrière le geôlier on entendait du bruit et l’on apercevait des ombres.

Tout à coup, au milieu de l’obscurité, il distingua deux casques sur chacun desquels la chandelle fumeuse envoya une paillette d’or.

– Oh! oh! demanda-t-il à demi-voix, qu’est-ce que c’est que cet appareil sinistre? où allons-nous donc?

Le geôlier ne répondit que par un soupir qui ressemblait fort à un gémissement.

– Mordi! murmura Coconnas, quelle peste d’existence! toujours des extrêmes, jamais de terre ferme: on barbote dans cent pieds d’eau, ou l’on plane au-dessus des nuages, pas de milieu. Voyons, où allons-nous?

– Suivez les hallebardiers, monsieur, dit une voix grasseyante qui fit connaître à Coconnas que les soldats qu’il avait entrevus étaient accompagnés d’un huissier quelconque.

– Et M. de La Mole, demanda le Piémontais, où est-il? que devient-il?

– Suivez les hallebardiers, répéta la même voix grasseyante sur le même ton.

Il fallait obéir. Coconnas sortit de sa chambre, et aperçut l’homme noir dont la voix lui avait été si désagréable. C’était un petit greffier bossu, et qui sans doute s’était fait homme de robe pour qu’on ne s’aperçût point qu’il était bancal en même temps.

Il descendit lentement l’escalier en spirale. Au premier étage, les gardes s’arrêtèrent.

– C’est beaucoup descendre, murmura Coconnas, mais pas encore assez.

La porte s’ouvrit. Coconnas avait un regard de lynx et un flair de limier; il flaira les juges, et vit dans l’ombre une silhouette d’homme aux bras nus qui lui fit monter la sueur au front. Il n’en prit pas moins la mine la plus souriante, pencha la tête à gauche, selon le code des grands airs à la mode à cette époque, et, le poing sur la hanche, entra dans la salle.

On leva une tapisserie, et Coconnas aperçut effectivement des juges et des greffiers.

À quelques pas de ces juges et de ces greffiers, La Mole était assis sur un banc.

Coconnas fut conduit devant un tribunal. Arrivé en face des juges, Coconnas s’arrêta, salua La Mole d’un signe de tête et d’un sourire, puis il attendit.

– Comment vous nommez-vous, monsieur? lui demanda le président.

– Marc-Annibal de Coconnas, répondit le gentilhomme avec une grâce parfaite, comte de Montpantier, Chenaux et autres lieux; mais on connaît nos qualités, je présume.

– Où êtes-vous né?

– À Saint-Colomban, près de Suze.

– Quel âge avez-vous?

– Vingt-sept ans et trois mois.

– Bien, dit le président.

– Il paraît que cela lui fit plaisir, murmura Coconnas.

– Maintenant, dit le président après un moment de silence qui donna au greffier le temps d’écrire les réponses de l’accusé, quel était votre but en quittant la maison de M. d’Alençon?

– De me réunir à M. de La Mole, mon ami, que voilà, et qui, lorsque je la quittai, moi, l’avait déjà quittée depuis quelques jours.

– Que faisiez-vous à la chasse où vous fûtes arrêté?

– Mais, répondit Coconnas, je chassais.

– Le roi était aussi à cette chasse, et il y ressentit les premières atteintes du mal dont il souffre en ce moment.

– Quant à ceci, je n’étais pas près du roi, et je ne puis rien dire. J’ignorais même qu’il fût atteint d’un mal quelconque. Les juges se regardèrent avec un sourire d’incrédulité.

– Ah! vous l’ignoriez? dit le président.

– Oui, monsieur, et j’en suis fâché. Quoique le roi de France ne soit pas mon roi, j’ai beaucoup de sympathie pour lui.

– Vraiment?

– Parole d’honneur! Ce n’est pas comme pour son frère le duc d’Alençon. Celui-là, je l’avoue…

– Il ne s’agit point ici du duc d’Alençon, monsieur, mais de Sa Majesté.

– Eh bien, je vous ai déjà dit que j’étais son très humble serviteur, répondit Coconnas en se dandinant avec une adorable insolence.

– Si vous êtes en effet son serviteur, comme vous le prétendez, monsieur, voulez-vous nous dire ce que vous savez d’une certaine statue magique?

– Ah! bon! nous revenons à l’histoire de la statue, à ce qu’il paraît?

– Oui, monsieur, cela vous déplaît-il?

– Non point, au contraire; j’aime mieux cela. Allez.

– Pourquoi cette statue se trouvait-elle chez M. de La Mole?

– Chez M. de La Mole, cette statue? Chez René, vous voulez dire.

– Vous reconnaissez donc qu’elle existe?

– Dame! si on me la montre.

– La voici. Est-ce celle que vous connaissez?

– Très bien.

– Greffier, dit le président, écrivez que l’accusé reconnaît la statue pour l’avoir vue chez M. de La Mole.

– Non pas, non pas, dit Coconnas, ne confondons point: pour l’avoir vue chez René.

– Chez René, soit! Quel jour?

– Le seul jour où nous y avons été, M. de La Mole et moi.

– Vous avouez donc que vous avez été chez René avec M. de La Mole?

– Ah! ça! est-ce que je m’en suis jamais caché?

– Greffier, écrivez que l’accusé avoue avoir été chez René pour faire des conjurations.

– Holà, hé! tout beau, tout beau, monsieur le président. Modérez votre enthousiasme, je vous prie: je n’ai pas dit un mot de tout cela.

– Vous niez que vous avez été chez René pour faire des conjurations?

– Je le nie. La conjuration s’est faite par accident, mais sans préméditation.

– Mais elle a eu lieu?

– Je ne puis nier qu’il se soit fait quelque chose qui ressemblait à un charme.

– Greffier, écrivez que l’accusé avoue qu’il s’est fait chez René un charme contre la vie du roi.

– Comment! contre la vie du roi! C’est un infâme mensonge. Il ne s’est jamais fait de charme contre la vie du roi.

– Vous le voyez, messieurs, dit La Mole.

– Silence! fit le président. Puis se retournant vers le greffier: – Contre la vie du roi, continua-t-il. Y êtes-vous?

– Mais non, mais non, dit Coconnas. D’ailleurs la statue n’est pas une statue d’homme, mais de femme.

– Eh bien, messieurs, que vous avais-je dit? reprit La Mole.

– Monsieur de la Mole, dit le président, vous répondrez quand nous vous interrogerons; mais n’interrompez pas l’interrogatoire des autres.

– Ainsi, vous dites que c’est une femme?

1 ... 63 64 65 66 67 68 69 70 71 ... 84
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)