365 expressions de nos grands-mères
- Автор: Maillet Jean
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Éditions de l’Opportun
- ISBN: 978-2360751709
- Жанр: Лингвистика
Электронная книга - «365 expressions de nos grands-mères». Краткое содержание книги:
Ethnologue de la langue française, il mène l’enquête au fil des pages pour nous révéler ce qu'était un patachon, un as de pique ou de la gnognotte. Malicieuses, imagées, ces expressions sans âge font encore notre bonheur quotidien et témoignent de la richesse de notre langue. Jean Maillet nous offre ainsi un merveilleux voyage dans l’histoire populaire du français !
Jean Maillet est spécialiste de la langue française, il a publié de nombreux ouvrages dont Langue française : Arrêtez le massacre !
Dans son Dictionnaire canadien-français (1894), le linguiste québécois Sylva Clapin mentionne « gagner sa vie de rip et de rap ». La locution est reprise dans Le Parler populaire des canadiens français (1909) de Narcisse-Eutrope Dionne avec cette définition : « De peine et de misère. Ex. Gagner son pain de rip et de rap. »
Travailler pour le roi de Prusse
On travaille pour le roi de Prusse quand on travaille sans être rémunéré. Un roi de Prusse aurait donc eu la réputation d’être mauvais payeur ? Oui et ce serait Frédéric II (1712–1786), dit Frédéric le Grand, protecteur des arts (il jouait fort bien de la flûte traversière et Jean Sébastien Bach lui dédia son Offrande musicale) et des lettres. On l’appelait le roi philosophe et il compta Voltaire parmi ses amis : l’écrivain fut reçu à Berlin où il résida au château de Sans-Souci de 1750 à 1753. Mais une brouille éclata entre les deux hommes et Voltaire, quittant l’Allemagne pour Ferney, en Suisse, a pu prétendre qu’il avait perdu sa peine et son temps en travaillant pour le roi de Prusse. D’autres anecdotes ne manquent pas qui prouvent l’avarice (ou la sage économie) du souverain : il rétribua assez mal les ouvriers français qu’il employa, tout comme il négligea ses propres soldats et chefs militaires dont l’ordinaire était, semble-t-il, plutôt maigre, au point qu’un voyageur anglais déclara : « L’on n’a jamais vu un soldat gras dans aucun pays ; mais le roi de Prusse n’a pas un sergent qui soit gras. » On raconte enfin qu’en 1744, voulant se garantir la neutralité de la Russie pour envahir « tranquillement » la Silésie, Frédéric II aurait soudoyé un certain Bestoujev afin que celui-ci use de son influence sur le tsar, moyennant une récompense de 40 000 florins. La Russie laissa bien Frédéric guerroyer mais Bestoujev ne reçut jamais l’argent promis.
Un travail de Romain
« J’ai trouvé une Rome de briques, et laissé une Rome de marbre. » L’empereur Auguste (63 av. J.-C.-14 ap. J.-C.), petit-neveu et fils adoptif de Jules César, aurait prononcé ces mots à propos des grands travaux qu’il fit réaliser à Rome : rénovation de plusieurs temples, construction du forum qui porte son nom, d’arcs de triomphe et d’aqueducs, reconstruction de la basilique Julia, stabilisation des rives du Tibre, etc. Ces travaux colossaux furent la fierté du « siècle d’Auguste ».
Avant lui, la République puis l’Empire avaient déjà entrepris l’urbanisation de la Ville éternelle et de nombreuses autres cités. Enfin, parmi les réalisations importantes du monde romain, il faut mentionner la construction des nombreuses et immenses voies romaines reliant Rome aux grandes villes de l’Italie puis de l’Empire. Des chantiers aussi colossaux ont fait dire à l’historien Antoine-Frédéric Ozanam, parlant de Rome : « Voilà pourquoi son peuple, le plus guerrier du monde, fut aussi un peuple constructeur et laborieux. Voilà pourquoi le travail était honoré comme un combat, et la culture comme une conquête » (Études germaniques, 1847–1849, chapitre VI).
Par comparaison avec ces gigantesques travaux, Un travail de Romain qualifie une tâche longue et difficile, une œuvre considérable nécessitant d’importants efforts.
Ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot