Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Триллеры » Le passager
Le passager - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le passager

Электронная книга - «Le passager». Краткое содержание книги:

Je suis l'ombre.
Je suis la proie.
Je suis le tueur.
Je suis la cible.
Pour m'en sortir, une seule option : fuir l'autre.
Mais si l'autre est moi-même ?
1 ... 55 56 57 58 59 60 61 62 63 ... 169
Перейти на страницу:

— Tu sais où je suis parti ?

— Aucune idée. Putain. Mais qu’est-ce qui t’est arrivé ?

— Je te dis que j’en sais rien !

Shampooing n’insista pas. La douleur s’amplifiait, irradiant son front. Janusz chercha un apaisement vers la mer, sous les voûtes de l’aqueduc. Il n’obtint pas le résultat espéré. Au contraire, le temps se couvrait. L’eau devenait bleu-noir. Les vagues argentées avaient la cruauté du verre brisé. Sa migraine contaminait le paysage et non l’inverse.

— Tout à l’heure, dit-il en se massant les tempes, tu m’as dit que j’aurais pas dû revenir. « À cause des flics. »

— Ouais.

— Pour cette histoire de bagarre ? C’est de l’histoire ancienne…

— Mon cul. Les flics te cherchent. Ici. Maintenant. Hier, ils ont retourné tous les quartiers. J’les ai croisés deux fois. À la Valentine et à l’ADJ Marceau. Y nous ont interrogés. Y te cherchent, Jeannot. Y te cherchent grave.

Janusz comprit la vérité. Il se croyait à l’abri dans sa peau de clochard mais c’était en réalité un miracle qu’il ait échappé à la police depuis son arrivée à Marseille. Anaïs Chatelet avait lancé une chasse à l’homme ici, parallèlement à celle de Bordeaux. Il devait revoir sa stratégie.

— Tu sais pourquoi ils me cherchent ?

— S’agit d’un meurtre, paraît-il. Un SDF. À Bordeaux. Des gars ont entendu les condés qui parlaient avec les travailleurs sociaux. Mais moi, j’sais qu’c’est une erreur, mon Jeannot ! (Il attrapa le cubi et but au goulot.) On s’ra toujours des victimes de la société, on…

— Au foyer, tu m’as dit aussi que je n’aurais pas dû revenir. « À cause du reste. » Le reste, c’est quoi ?

— Les mecs de Bougainville. C’est pas du genre à oublier. S’ils savent que t’es de retour, y vont te chercher pour finir le boulot.

La liste des menaces ne cessait de s’allonger. Les flics. Les énarques. Et maintenant, une bande de zonards primitifs… Il aurait dû hurler. Il ne réagissait pas. Il était comme anesthésié.

— Y’a pas que ça, reprit Shampooing un ton plus bas.

Janusz tendit le cou, comme pour recevoir le coup de grâce.

— Les flics de Marseille… Y font le lien avec l’autre meurtre.

— L’autre meurtre ?

— En décembre dernier. On a eu un clodo assassiné. On l’a retrouvé à moitié carbonisé dans une calanque. À l’époque, on a même parlé d’un tueur de clochards mais y en a pas eu d’autres… Ou bien alors le mec s’est déplacé à Bordeaux.

Janusz grelottait. Sa migraine lui obscurcissait la vue.

— Pourquoi font-ils le lien entre les deux meurtres ?

— J’suis pas d’la police, moi.

Il respira un grand coup et décida de repartir à zéro :

— Tu te souviens de la date exacte de la découverte du corps ?

— Milieu décembre, j’crois.

— La victime a été identifiée ?

— Ouais. Un Tchèque… Un zonard. J’le connaissais pas.

— Il appartenait à la bande de Bougainville ?

— J’crois pas, non.

— Tu sais s’ils ont retrouvé des empreintes sur le lieu du crime ?

— Tu fais chier avec tes questions. J’en sais rien, moi.

— Qu’est-ce que tu sais sur ce meurtre ? Réfléchis.

L’autre grimaça sous l’effort de la réflexion. Janusz, de son côté, faisait les comptes. Deux cadavres dans son sillage. L’un à Marseille, l’autre à Bordeaux. Les présomptions se resserraient. Il agita la tête dans le vent gris. Je ne suis pas un assassin.

— Alors, ce meurtre ?

— On a retrouvé l’gars dans la calanque de Sormiou. À douze bornes d’ici, à vol d’oiseau. Le corps était nu et brûlé. On a dit qu’il avait été rapporté par le courant, mais moi, je dis : c’est des conneries. On l’a placé là et basta.

— Comment sait-on que c’est un meurtre ?

— Y avait une mise en scène.

— Quel genre ?

Shampooing éclata de rire :

— Le mec, il avait des ailes !

— Quoi ?

— J’te jure. Des ailes brûlées dans le dos. Les journalistes, y z’ont parlé d’un mec qui faisait du deltaplane et qui se s’rait cassé la gueule dans la mer. Mais ils y connaissent que dalle. Pourquoi qu’il aurait cramé ? Pourquoi qu’il serait à poil ?

Janusz n’écoutait plus. L’assassin de l’Olympe. Le nom déchira son esprit, un éclair sur un ciel noir. Avant le Minotaure à Bordeaux, on avait tué Icare à Marseille.

— Tète un coup, fit Shampooing en tendant le cubi. T’es tout blanc.

— Ça ira, merci.

— T’essaies de décrocher ou quoi ?

Janusz se retourna vers son acolyte :

— Comment tu sais tout ça, toi ?

Shampooing sourit et suça encore le goulot :

— J’ai mes connexions.

Janusz l’empoigna par le col et l’attira violemment à lui. Le cubi roula sur la rampe inclinée du port.

— Quelles connexions ?

— Holà, on s’calme ! J’connais un mec, c’est tout. Claudie. Il a arrêté la cloche. Il a trouvé du boulot.

— Il est flic ?

Shampooing se libéra et marcha à quatre pattes en direction du bidon de vinasse. Il l’attrapa juste avant que l’objet touche les flots sombres.

— Presque, fit-il en revenant sur ses pas. Y bosse à la morgue de La Timone. Y pousse les cadavres sur leurs chariots. C’est lui qui m’a raconté tout ça. Il a entendu les flics qui… Qu’est-ce que tu fous ?

Janusz était debout.

— On y va.

50

CLAUDIE ressemblait à la Chose.

Le colosse de pierre des Quatre Fantastiques.

Chauve, carré, taciturne, il fumait une cigarette dans la cour de la morgue, vêtu d’une blouse blanche. Janusz et Shampooing s’approchèrent avec prudence, à bout de souffle. Ils venaient de traverser le campus de l’hôpital de La Timone puis de monter un escalier pour accéder à la terrasse où était installé l’institut médico-légal. Le soleil était de retour : ils suaient comme du beurre sous leurs pelures.

Contre toute attente, le lieu rappelait un décor japonais. Le bâtiment plat, sans étage, était doté d’un portail aux angles retroussés, façon pagode. Ses murs étaient cernés par des arbres feuillus qui ressemblaient à des bambous. Des oiseaux pépiaient quelque part, invisibles, comme dans un jardin zen.

— Salut, Claudie !

— Qu’est-ce que tu fous là ? cracha l’autre sans enthousiasme.

— Je te présente Jeannot. Il a des questions à te poser.

Claudie examina Janusz. Il mesurait plus de 1,90 mètre. La cigarette dans sa main ressemblait à un pétard planté dans un rocher. La fumée lui sortait des narines comme d’un cratère de volcan.

— Des questions à quel sujet ?

Janusz fit un pas en avant :

— Demande-moi plutôt combien je suis prêt à payer.

La gueule de pierre sourit. Ses lèvres épaisses avaient un petit côté boudeur :

— Tout dépend de ce que j’ai à vendre.

— Ce que tu sais sur le cadavre de l’homme-oiseau, découvert dans la calanque de Sormiou.

Claudie considéra l’extrémité de sa cigarette. L’air boudeur, puissance dix.

— Trop cher pour toi, mon gars.

— 100 euros.

— 200.

— 150.

Janusz fouilla dans sa poche et plaça les biffetons dans la main géante. Il n’avait pas le temps pour un marchandage à rallonge. Shampooing ouvrait des yeux ronds face aux billets. La Chose empocha la thune.

1 ... 55 56 57 58 59 60 61 62 63 ... 169
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)