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Le Voleur d'Or (Золотой вор)

Электронная книга - «Le Voleur d'Or (Золотой вор)». Краткое содержание книги:

продолжение серии книг про Фантомаса
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— Mince de tifs ! s’écriait-il. C’est ça qui f’rait d’la mèche pour mes lanternes quand j’marche à la cambriole !

Et il plaqua un gros baiser sur la nuque de la pierreuse, ce qui manqua immédiatement de déchaîner une dispute. La Puce bondit sur son homme.

— Non, mais, dégoûtant ! commençait-elle. Si c’est qu’tu veux plus d’moi comme femme, faut l’dire !

La Puce était furieuse et roulait des yeux terribles, cependant que, très flattée, Marie-Salope, qui n’appartenait à personne, étant un peu la femme de tout le monde, plastronnait avantageusement.

— Vas-y, Mon-Gnasse ! Fais-lui fermer l’bec… Non, mais, elle n’te f’ra pas peur, hein, mon homme ?

On crut qu’une dispute aller naître, mais, à ce moment, une diversion heureuse naquit par le fait du patron du bouge qui apportait sur la table quelques verres en compagnie d’une bouteille d’absinthe entamée.

Œil-de-Bœuf, immédiatement, commença une chanson bachique.

Plus pratique, Bec-de-Gaz reniflait la bouteille. Dégueulasse et Fumier, à ce moment, tournaient autour de la table en se menaçant de s’étriper.

— Attends voir, salaud, commençait Dégueulasse qui fuyait devant Fumier. Attends voir un peu que j’m’en vas t’laisser mon absinthe ! Plus souvent qu’tu la licherais à ma place. J’aimerais mieux m’en extirper le nombril !

Il y eut des explications orageuses, on comprit enfin le motif de la querelle.

Dégueulasse et Fumier avaient joué le matin même au dé la tournée du soir. Il s’était trouvé que Fumier avait gagné, il venait de rappeler la chose à Dégueulasse, et il émettait la prétention de boire les deux absinthes. Naturellement, Dégueulasse protestait avec énergie.

Ma-Pomme, heureusement inspiré, trouva le mot de la situation.

— Eh, fichez-nous la paix ! commença-t-il. Y en aura pour tout le monde ! D’accord, c’est pas soi qu’on paye.

Ma-Pomme s’avançait beaucoup. Il avait pris la bouteille d’absinthe en main, il remplissait les verres, que l’on s’était répartis. Ma-Pomme n’était pas chiche d’absinthe. Il n’aimait, pour sa part, que les mominettes bien tassées, les purées épaisses, il servait royalement.

Or, comme il emplissait le quatrième verre, il arriva que la bouteille d’absinthe était vide.

— Hé ! tôlier ! cria Ma-Pomme, rapplique voir ici, cousin d’andouille… Une aut’bouteille !

Le patron du mastroquet blêmit en tordant ses mains sèches.

— Mais je n’en ai pas, mon bon monsieur… J’vous ai donné tout c’que j’avais… Voulez-vous de l’orgeat ?

Alors une dispute formidable éclata. Ma-Pomme et Mon-Gnasse secouaient le bonhomme, l’un le tirant à droite, comme l’autre le poussait à gauche.

Ils n’étaient pas dupes de la déclaration. Le patron du bouge, qui ne les connaissait pas, devait être inquiet sur le paiement des consommations. C’était pour cela qu’il prétendait n’avoir rien d’autre, car il était inadmissible qu’en pareil endroit il n’y eût en vérité qu’une demi-bouteille d’absinthe…

— Toi, mon vieux, proposait Mon-Gnasse, je t’offre deux choses au choix : ou tu vas déballer de la marchandise, ou j’te saigne comme un lapin !

Œil-de-Bœuf était tout aussi explicite :

— On va la crever, la bourrique ! tonnait-il.

Ma-Pomme, de son côté, avait trouvé un divertissement plaisant. Pour faire rire Marie-Salope, qui était secouée d’ailleurs d’un irrésistible accès de gaieté, il était passé derrière le patron du bouge et il lui flanquait une dégelée de coups de pied très bas placés dans le dos.

Abruti, le pauvre homme avait des contorsions effarantes.

— Ou's qu’est ta cave ? répétait inlassablement Ma-Pomme.

Et chaque question s’accompagnait d’un coup de pied.

À ce moment, une nouvelle discussion s’éleva dans le bouge.

Ça, c’était plus fort que tout… C’était à dégoûter des hannetons… à faire fuir des punaises, à faire avorter des cancrelats !

Dégueulasse et Fumier ne venaient-ils pas de commettre une véritable infamie ?

Les deux compagnons, qui se disputaient un moment plus tôt pour savoir qui boirait l’absinthe perdue le matin au zanzibar, s’étaient brusquement raccommodés en effet. Ils n’avaient plus fait de bruit, mais ils n’avaient pas perdu leur temps.

S’ils avaient cessé, en effet, de vouloir s’assassiner, c’était tout bonnement qu’ils avaient avisé les absinthes déjà versées dans les différents verres et qu’avec une gloutonnerie rapace, ils en avaient fait justice.

— Eh bien, c’est du propre ! hurlait Adèle très excitée. Et c’est d’la bonne copinerie !… On s’en fout, des poteaux, n’est-ce pas ? Ils peuvent s’serrer la ceinture, et boire, s’ils ont soif, du cru de la fontaine !… Non, mais, y aura donc pas un homme pour leur en fout’une flopée à ces cocos-là ?

À ce moment, et comme le vacarme devenait assourdissant dans le bouge, une voix grave ordonna :

— La paix !

Et comme par enchantement, chacun se tut. Un silence profond régna, entrecoupé seulement par les hoquets époumonés du malheureux patron qui se frottait avec conviction, car le soulier ferré de Ma-Pomme l’avait cruellement molesté.

— La paix !… Asseyez-vous !

Personne ne rechigna, on s’assit. L’homme qui parlait s’était lui-même attablé dans l’ombre. Il avait posé devant lui un coffre, il promenait sur l’assistance un regard courroucé. Brusquement, il éclata en colère :

— Vraiment, déclarait-il, j’ai honte de vous, et je regrette de vous connaître ! Jamais on ne vous décrassera ! Jamais on ne vous fera comprendre que votre conduite est stupide !… Ce n’est pas agissant comme vous le faites, à la façon de rôdeurs imbéciles, que vous parviendrez jamais à quelque chose ! Vous êtes du gibier de prison, voilà tout… Pas un de vous, peut-être, ne finira grand ouvrier. Je vous renie !

La bande tremblait, ne soufflait mot. On n’osait point même regarder celui qui parlait ainsi, à peine chuchotait-on son nom, sur un ton de respect et d’effroi à la fois :

— Fantômas !… Fantômas !… C’est lui ! C’est Fantômas !…

C’était bien Fantômas, en effet.

Le bandit, probablement désireux de dépister la police, avait donné rendez-vous à toute sa bande à Robinson, indiquant le modeste bouge qu’il connaissait comme lieu de réunion. Il était entré au milieu du vacarme, il avait assisté aux querelles. Maintenant qu’il avait forcé chacun à se tenir tranquille, il continuait à promener un long regard sur ceux qui l’entouraient.

Dans le regard de Fantômas, on devinait alors comme un véritable dédain, comme un cinglant mépris.

Assurément, l’énigmatique tortionnaire, le Maître de l’effroi, le Roi de l’épouvante et du crime, n’était pas de cette race-là. Il n’avait rien de commun avec la canaille dont il se servait parfois.

Ces gens pouvaient être des complices, ils ne seraient jamais des amis, des confidents…

Un froid sourire passa sur le visage de Fantômas, cependant que, d’un air infiniment las et véritablement écœuré, il haussait les épaules.

Fantômas alors appela :

— Le patron de l’établissement !

— C’est moi, déclara l’humble mastroquet.

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