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Le Voleur d'Or (Золотой вор)

Электронная книга - «Le Voleur d'Or (Золотой вор)». Краткое содержание книги:

продолжение серии книг про Фантомаса
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— Fichtre ! bougonna Radrap.

Et, dans ce mot, il mettait toute son inquiétude, toute sa joie aussi.

Radrap se pencha vers ses compagnons.

— Attention, les hommes ! L’ennemi est là, il faut le surprendre. Demi-tour à droite ! Il faut investir la chapelle. Quand l’investissement sera fait, eh bien, ce sera l’assaut… En avant !

Ils dégringolèrent tous un escalier, arrivèrent dans la petite cour qui longe la chapelle et de laquelle on aperçoit les admirables vitraux qui garnissent les fenêtres. Là, ils tombaient sur les factionnaires envoyés par Radrap.

— Austerlitz !

— Waterloo !

Le mot de passe s’échangea, Radrap, comme un général de corps d’armée, questionnait :

— Avancez, les estafettes ! Au rapport ! Qu’avez-vous entendu ?

Ils n’avaient rien entendu du tout… Grelottant de froid, battus par la tempête, ils parlaient de rentrer dans la chambrée, disant qu’après tout les jours précédents ils avaient dû se tromper.

Alors Radrap les gourmanda :

— Est-ce qu’on avait idée de poules mouillées pareilles ? Peut-être bien qu’ils réclamaient l’artillerie, ou bien encore ces messieurs exigeaient un régiment entier ?

Radrap conclut brusquement :

— On est là pour faire son devoir, on le fera ! Que ceux qui ont peur s’en aillent !

Personne ne bougea, naturellement.

Alors Radrap commanda :

— Mouvement tournant ! Il faut entourer la chapelle, attendre et ouvrir l’œil. Si je juge l’assaut opportun, on verra bien…

Dans une accalmie de tempête, les bruits suspects redoublèrent.

— Ah ! mais, on le défendra, l’Autre ! gronda Radrap.

Et tandis que ses hommes se massaient, prenaient leurs positions, Radrap grognait de sourds jurons :

— Foutre de nom d’un chien !… On leur crèverait la panse à ceux-là qui oseraient s’attaquer à l’Autre, on les étriperait !

— À coups de sabre ! rugissait soudain, de sa voix chevrotante, Radrap… à coups de sabre, tout à l’heure ! Et ce sera de la bonne besogne !

Ils n’avaient d’armes ni les uns ni les autres, ils grelottaient tous de froid, les nuages menaçaient de crever, mais ils restaient là tous, et ces vieux étaient héroïques.

— Dégueulasse, mon vieux, tâche voir moyen à bien te t’nir !

— Fumier, ma vieille, numérote tes abattis… Si jamais tu t’les cassais, faudrait pas qu’on t’les r’monte à l’envers !

— Avance donc, limace. Passe-moi la main, au lieu de gueuler…

Un instant le silence régnait, puis Dégueulasse reprenait :

— Chien de métier, tout d’même ! Ah bien, ils ont eu raison, Œil-de-Bœuf et Bec-de-Gaz, de bouder à la besogne, on y laissera sa peau !

— Jamais de la vie !… Ce qu’on y laissera, c’est son pantalon !

Fumier avait raison de prétendre que son pantalon courait le plus grand risque. Il avait précisément entendu un craquement sinistre et significatif, il concluait sur un ton pleurard :

— Encore un vieil ami qui me lâche !… Mon fond de culotte qui s’fiche rentier et se r’tire des affaires !

Mais où donc se tenait ce dialogue ?

Dégueulasse et Fumier étaient tout simplement dans une gouttière. Il faisait nuit sombre. Le vent sifflait avec rage, à grosses gouttes la pluie commençait à tomber.

Dégueulasse et Fumier, une heure plus tôt, s’étaient tranquillement cachés dans le musée des uniformes installé aux Invalides. Ils en étaient sortis aux environs de neuf heures du soir. Une lucarne ouverte leur avait permis de descendre sans difficulté sur la toiture d’un petit bâtiment. De là, en hommes qui connaissent le chemin, ils s’étaient dirigés sans hésitation vers d’énormes crampons de fer scellés dans une muraille qui leur avaient servi d’escalier.

Dégueulasse et Fumier, invisibles dans la nuit, s’étaient hissés par ces crampons. Leur ascension avait été pénible et n’avait pas été dépourvue de péril. Il leur avait fallu grimper longuement et ils étaient à bout de souffle lorsqu’ils parvenaient dans une vaste gouttière où Fumier perdait son fond de culotte.

Dégueulasse paraissait ne pas porter attention aux mésaventures de son compagnon.

— Bon, bon, gueule pas ! conseillait-il. Mets-y un bouchon cacheté, ma vieille ! Des fois, ça n’a pas d’importance, l’essentiel est que maintenant on touche au turbin. As-tu les outils, nom de d’là ?

— Bien sûr, que je les ai !

Ils avancèrent encore. Une échelle de fer leur servit opportunément à se hisser à nouveau.

— Qu’est-ce que c’est que ce toit-là ? interrogea Fumier.

— Le toit de la chapelle, c’est là-dedans qu’il y a les drapeaux.

Dégueulasse paraissait très renseigné, il continuait :

— On a plus loin à aller, ma vieille. Tiens, la v’là, la coupole.

En suivant le toit de la chapelle, en effet, ils arrivaient au dôme qui surmonte le tombeau de l’Empereur.

Fumier alors s’arrêtait, interdit, les bras ballants.

— Ah, nom de d’là, faisait-il. Et quand j’pense que c’est en or !

Il ne continuait pas. L’énorme coupole, immense, gigantesque, le plongeait dans une stupéfaction ravie.

Jamais Fumier n’aurait inventé pareille chose. Jamais il n’aurait cru pareil prodige…

— Vrai, remarquait-il, si c’était pas Fantômas qui nous l’avait dit, je te jure bien que je ne l’aurais pas cru !

Et, trouvant la chose énorme, Fumier éclatait de rire.

— C’est tout de même une drôle d’idée, bougonna-t-il, d’avoir été fiche des plaques d’or sur une toiture ! Fallait-il qu’ils y tiennent à leur empereur !

Fumier aurait volontiers causé longuement, mais Dégueulasse, ce soir-là, avait une âme de travailleur.

— Bon, bon ! bougonnait-il, t’occupe pas de ça, mon poteau… C’est d’la politique, et la politique, on s’en fout…

Dégueulasse ajoutait d’un air bonhomme :

— L’important, vois-tu, ma vieille, c’est que l’dôme des Invalides, c’est d’l’or, et que cet or-là, Fantômas en a besoin. Paraît que ça rentre dans des combines qu’il est en train de manigancer. T’as les sacs ?

Mais Fumier ne répondait pas. Fumier, brusquement, s’était jeté à plat ventre sur la toiture dorée. Il étendait les bras, il palpait le métal précieux.

— C’est de l’or ! râlait-il. Dire que c’est de l’or !

Alors Dégueulasse se moqua de lui :

— Bougre d’âne, faisait-il. C’est pas la peine de l’embrasser, cet or-là, ma vieille, elle viendra pas avec toi… As pas peur, tu voleras pas la toiture ! Tu la vol’ras pas en entier, s’entend… car pour c’qui est d’emporter les morceaux, c’est autre chose ! T’as les sacs ?

Fumier avait les sacs. Il s’agissait de deux grands fourreaux de soie qu’il avait enroulés autour de son corps. Il tendit l’un à Dégueulasse et garda l’autre.

— Alors, on s’met au travail ?

— Oui, ma vieille, on s’y colle !

— Sûr qu’on va avoir des ampoules…

— Ça t’gêne, madame la marquise ?

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