Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Другие детективы » Dernier meurtre avant la fin du monde
Dernier meurtre avant la fin du monde - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dernier meurtre avant la fin du monde

Электронная книга - «Dernier meurtre avant la fin du monde». Краткое содержание книги:

À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?
Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.
Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.
Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.
Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.
Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.
Sans jamais se départir d’un prodigieux sens de l’intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d’un monde proche de l’agonie.
Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés.
1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 65
Перейти на страницу:

Une rangée de suspensions sphériques est fixée au-dessus des portes ; toutes étaient allumées la dernière fois que je suis venu, aujourd’hui deux sont éteintes. Le monde se délite peu à peu, chaque élément se détériorant à son rythme erratique, tout tremble et croule à l’avance, la terreur de la dévastation à venir est une dévastation en soi, et chaque dégradation mineure a ses conséquences.

Il n’y a pas de bénévole derrière le comptoir arrondi de l’accueil aujourd’hui, juste une famille assise sur les banquettes et formant un petit nœud d’anxiété : un papa, une maman et un enfant qui lèvent les yeux à mon arrivée, comme si j’étais en possession de la mauvaise nouvelle qu’ils attendent. Je leur adresse un hochement de tête compatissant, puis je m’arrête, pivotant dans toutes les directions pour tâcher de m’orienter, cherchant l’ascenseur B.

Une infirmière en tenue de travail me dépasse à la hâte, s’arrête devant une porte, marmonne « Oh, zut » et fait demi-tour.

Je crois avoir compris par où passer et je fais deux pas avant d’être saisi par une douleur intense à l’œil. J’étouffe un cri, porte la main à mon visage, ce n’est vraiment pas le moment.

Si j’ai si mal, c’est parce que… comment disait le docteur Wilton, déjà, tout en enroulant une bande autour de ma tête ? L’hôpital souffre d’une pénurie de ressources palliatives.

Les faits se lient entre eux, s’allument en clignotant dans ma mémoire puis se connectent les uns aux autres, formant des images semblables à des constellations. Mais il n’y a nulle joie là-dedans, je n’éprouve aucun plaisir, parce que j’ai mal à la tête, et aussi au flanc, là où le canon du flingue s’est enfoncé, et à l’occiput, là où je me suis cogné contre le mur, et parce que je me répète : Palace, pauvre cloche. Car si seulement je pouvais remonter dans le temps et voir les choses plus clairement, si j’avais su plus tôt les relier entre elles, j’aurais déjà résolu l’affaire Zell, et il n’y aurait pas d’affaire Eddes. Naomi ne serait pas morte.

Les portes de l’ascenseur s’écartent et j’entre dans la cabine.

Personne ne monte avec moi. Je suis seul : un grand échalas de policier, silencieux et borgne, qui fait courir ses doigts sur le panneau, tel un aveugle lisant du braille, tâchant d’y déchiffrer les réponses.

Je passe un petit moment dans l’ascenseur, montant et descendant plusieurs fois, marmonnant dans ma barbe : « Où pouvais-tu bien cacher ça ? »

Car quelque part dans cet édifice, il y a un endroit analogue à la niche du jardin de J. T. Toussaint, où quelqu’un stocke des articles vendus sous le manteau et des gains malhonnêtes. Mais un hôpital est plein de cachettes – plein de réserves, de placards, de bureaux, de couloirs –, surtout un hôpital tel que celui-ci, chaotique, disparate, figé en pleine rénovation : c’est un endroit bourré de cachettes.

Je finis par me décider à descendre au sous-sol et trouve le docteur Fenton dans son bureau, au bout d’un petit couloir qui rejoint la morgue, un petit bureau immaculé décoré de fleurs fraîches, de photos de famille et d’une affiche représentant Mikhaïl Baryshnikov, Théâtre du Bolchoï, 1973.

Fenton paraît étonnée et pas ravie de me voir, comme si j’étais un nuisible, un raton laveur peut-être, dont elle envisageait de se débarrasser.

– Quoi, encore ?

Je lui dis de quoi j’ai besoin et lui demande combien de temps cela prend d’habitude. Elle se renfrogne.

– D’habitude ? répète-t-elle comme si le mot n’avait aucun sens.

Mais j’insiste.

– Oui, d’habitude.

– D’habitude, dix jours à trois semaines. Mais, le personnel de Hazen Drive étant ce qu’il est en ce moment, j’imagine qu’il faut plutôt compter quatre à six semaines.

– D’accord… bon… pourriez-vous le faire d’ici demain matin ?

J’attends un braiement de rire dédaigneux, je m’y prépare, en me disant que je la supplierai s’il le faut.

Mais elle retire ses lunettes, se lève de sa chaise, et m’observe avec attention.

– Pourquoi tenez-vous tant à élucider ce meurtre ?

J’écarte mes mains ouvertes, un geste d’évidence.

– Eh bien… Parce qu’il ne l’a pas encore été.

– D’accord, lâche-t-elle.

Elle le fera à condition que je promette de ne plus jamais l’appeler ni chercher à la joindre, sous aucun prétexte, jamais.

Et c’est là, en regagnant l’ascenseur, que je la trouve, la cachette que je cherchais. J’en ai un haut-le-corps, je reste un instant bouche bée, puis je souffle : « Oh mon Dieu. » Ma voix résonne sur le béton du couloir ; alors, je tourne les talons et cours demander encore une chose à Fenton.

* * *

Mon portable est en rade. Aucune barre. Pas de réseau. C’est de pire en pire.

Je les imagine dans ma tête, les antennes non entretenues qui s’inclinent lentement puis tombent, mortes, entraînant dans leur chute leurs câbles qui pendouillent.

Je retourne à la bibliothèque, mets des pièces dans le parcmètre. Je fais la queue à la cabine, puis vient mon tour : j’appelle l’agent McConnell chez elle.

– Tiens, Palace ! dit-elle. Vous qui travaillez en haut, vous pouvez me dire ce qui se passe ? Entre les chefs ?

– Je n’en sais rien.

De mystérieux visiteurs à lunettes noires. McGully : Il se passe quelque chose de pas net.

– J’aurais besoin d’un coup de main, McConnell. Avez-vous autre chose que des pantalons dans vos armoires ?

– Je vous demande pardon ?

McConnell note l’heure et l’adresse du rendez-vous avec le docteur Fenton demain matin. Une file d’attente se reforme devant la cabine téléphonique. La vieille dame au Caddie en ferraille est de retour, elle me fait de grands signes comme pour me dire bonjour. Derrière elle attendent un homme qui a une allure de commercial, costume marron et attaché-case, et une mère avec des jumelles. Je montre mon insigne à travers la vitre de la cabine et baisse la tête, tâchant de trouver une position confortable dans ce minuscule cagibi en bois.

J’appelle l’inspecteur Culverson sur la CB et je lui annonce que j’ai élucidé l’affaire.

– Ton pendu, tu veux dire ?

– Oui. Et ton homicide aussi. Eddes.

– Quoi ?

– Ton affaire aussi. C’est le même tueur.

Je lui explique tout, après quoi il y a un long intervalle, la radio qui grésille dans le silence, et il me dit que j’ai fait un sacré boulot de police.

– Bah.

– Tu feras un grand enquêteur un jour.

Exactement la réflexion que j’ai faite à McConnell la semaine dernière.

– Oui. On va dire ça.

– Tu rentres au commissariat ?

– Non. Pas aujourd’hui.

– Très bien. Ne viens pas.

4

Même dans les environnements les plus paisibles, il se produit de temps en temps un incident violent et imprévisible, au cours duquel quelqu’un est tué sans raison valable en plein jour, dans une rue ou un parking animés.

La police de Concord au grand complet était présente à l’enterrement de ma mère, et tous se sont tenus au garde-à-vous quand le cercueil a été apporté : quatorze employés et quatre-vingt-six officiers et agents en uniforme, raides comme des statues, lui adressant un dernier salut. Il a fallu faire sortir Rebecca Forman, soixante-quatorze ans, la comptable de la police, une dame robuste aux cheveux poivre et sel, effondrée en sanglots. La seule personne qui soit restée assise est le professeur Temple Palace, mon père ; il est resté tout mou sur son banc pendant la durée de la brève cérémonie, le regard vitreux et fixé droit devant lui, comme un gosse qui attend l’autobus, son fils de douze ans et sa fille de six ans debout, hébétés, à sa droite et à sa gauche. Il est resté assis, un peu affalé contre ma hanche, l’air plus perplexe qu’affligé, et on voyait tout de suite – du moins, moi, je le voyais bien – qu’il ne tiendrait pas le coup.

1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 65
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)