Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Другие детективы » Dernier meurtre avant la fin du monde
Dernier meurtre avant la fin du monde - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dernier meurtre avant la fin du monde

Электронная книга - «Dernier meurtre avant la fin du monde». Краткое содержание книги:

À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?
Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.
Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.
Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.
Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer.
Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire.
Sans jamais se départir d’un prodigieux sens de l’intrigue et du suspens, Ben H Winters nous y propose une vision douloureusement convaincante d’un monde proche de l’agonie.
Le lecteur est tiraillé par cette interrogation lancinante : que ferions nous, que ferions nous réellement si nos jours étaient comptés.
1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 65
Перейти на страницу:

Dans mon rêve incessant, la balle qui a traversé le crâne de Naomi devient une boule de feu et de roche qui traverse la fragile croûte terrestre, creusant des tranchées dans le paysage, explosant les roches et le sous-sol sédimentaires, éventrant le fond des mers et projetant des panaches de vapeur océanique. Toujours plus loin, elle s’enfonce, traçant son chemin, libérant ses stocks énormes d’énergie cinétique, de même qu’une balle traverse une cervelle, arrachant des caillots tièdes de matière grise, tranchant des nerfs, créant des ténèbres, entraînant les pensées et la vie dans son sillage.

Quand je me réveille dans la lumière jaune et morte du soleil qui emplit ma chambre, la prochaine phase de l’enquête s’est annoncée dans ma tête.

Une chose minuscule, un tout petit mensonge à examiner.

2

Cet homicide n’est pas le mien, c’est celui de Culverson, mais me voilà reparti vers le centre-ville, vers l’immeuble Water West, comme un animal qui a assisté à une scène de violence et revient inlassablement sur ces lieux de fascination horrifiée. Une sorte d’idiot du village marche en rond sur Eagle Square, en grosse parka et toque de fourrure, harnaché d’un panneau d’homme-sandwich à l’ancienne proclamant on nous prend pour des imbéciles, ou quoi ? en grosses lettres rondes, et il agite une clochette tel un père Noël de l’Armée du salut.

– Hé, toi ! me crie-t-il. Tu sais l’heure qu’il est ?

Je baisse la tête, l’ignore volontairement, pousse la porte.

Le vieux vigile n’est plus là. Je monte l’escalier jusqu’au deuxième étage, et je ne m’annonce pas avec un « bonjour » poli depuis la réception, non : j’entre tout droit et trouve M. Gompers assis à son bureau en noyer.

– Oh, fait-il, surpris, et il se lève à demi, mal assuré sur ses jambes, pour mieux me voir. Je, euh… j’ai tout vu avec l’autre monsieur hier soir. À propos de cette pauvre Naomi.

Il boit son gin dans une chope, maintenant.

– Mouais. Mais pas vraiment tout.

– Comment ?

Je me sens glacé de l’intérieur, comme si on m’avait retiré mes organes, qu’on les avait séparés les uns des autres et qu’on les avait remis en moi couverts de boue. J’abats les deux mains sur le bureau de Gompers et je me penche sur lui ; il se recule, sa face molle fuyant mon regard féroce. Je sais de quoi j’ai l’air. Pas rasé, émacié, mon œil mort entouré d’une auréole irrégulière de chair meurtrie, brune et enflée, autour de la compresse blanche et propre.

– Quand je vous ai parlé la semaine dernière, vous m’avez dit que la maison mère, à Omaha, était obsédée par la prévention des fraudes.

– Quoi ? Je ne sais pas…

– Alors tenez, lisez !

Je balance le cahier bleu devant lui sur le bureau, ce qui le fait sursauter. Comme il ne bouge pas, je lui dis ce qu’il y a dedans.

– Vous avez prétendu que votre compagnie ne se souciait que de protéger le bilan financier. Vous m’avez dit que le PDG croyait pouvoir s’acheter un ticket pour le paradis. Mais hier, vous avez raconté à l’inspecteur Culverson qu’il n’existait pas de duplicata de ces dossiers.

– Mais oui, vous savez, on est passés au tout papier, bredouille-t-il. Les serveurs…

Il ne me regarde pas. Il garde les yeux sur une photo posée sur son bureau : sa fille, celle qui est partie pour La Nouvelle-Orléans.

– Vous faites vérifier et revérifier les sinistres à tout ce bureau, il n’y a pas de sauvegarde informatique, et vous me racontez qu’aucune copie n’est faite ? Aucun duplicata mis de côté nulle part ?

– Eh bien, je veux dire… (Gompers regarde par sa fenêtre, puis revient à moi, rassemblant ses forces pour faire une dernière tentative.) Non, je regrette, il n’y…

Je lui arrache son verre de la main et je le précipite contre la vitre, il explose et déverse une pluie de glaçons, de gin et d’éclats de verre sur la moquette. Gompers me regarde, hébété, ouvrant et refermant la bouche comme un poisson. J’imagine Naomi – tout ce qu’elle désirait, c’était écrire une villanelle parfaite –, je la vois aller chercher pour ce type des bouteilles d’alcool à la boutique du coin, et me voici en train de l’attraper par les revers de sa veste pour le soulever de sa chaise ; je le hisse sur le bureau, son menton gras tremblotant sous la pression de mes pouces.

– Vous êtes fou ?

– Où sont les copies ?

– À Boston. Au bureau régional. Sur State Street. (Je le relâche très, très légèrement.) Tous les soirs, on photocopie tout et on l’expédie en express. Les envois, ils les gardent à Boston. (Il répète les derniers mots, suppliant, lamentable.) Les envois… d’accord…

Je le lâche, et il retombe sur le bureau, glisse misérablement jusque dans son fauteuil.

– Écoutez, monsieur l’agent…

– Je suis inspecteur.

– Inspecteur, chevrote-t-il. Le siège ferme les franchises les unes après les autres. Ils cherchent de bonnes raisons. Stamford. Montpelier. Si ça arrive ici, je ne sais pas ce qu’on fera. Nous n’avons aucune épargne. Ma femme et moi, je veux dire. On n’y arrivera pas.

Je le fixe des yeux sans rien dire.

– Si j’appelle Boston en disant que je dois voir les copies, et qu’ils me demandent pourquoi, et que je… (Il souffle, tâchant de ne pas craquer, et je continue de le regarder sans ciller.)… que je dis oh là là, j’ai des dossiers manquants, et j’ai… j’ai des employés morts…

Il relève la tête vers moi, les yeux humides et écarquillés, plaintif comme un enfant.

– Laissez-moi rester là. Laissez-moi juste rester là jusqu’à ce que ce soit fini. Je vous en prie, laissez-moi ici.

Il pleure, son visage se dissout dans ses mains. C’est épuisant. Ces gens qui se cachent derrière l’astéroïde, comme si c’était une excuse pour mal se comporter, pour se montrer misérable, prêt à tout et égoïste, tous ces gens qui se cachent dans sa queue de comète comme des enfants dans les jupes de leur mère.

Je me lève.

– Monsieur Gompers, je regrette, mais vous allez devoir récupérer ces dossiers. Je veux savoir tout ce qui manque, et je veux que vous me disiez, précisément, si certains des dossiers manquants étaient ceux de Peter Zell. Vous me comprenez bien ?

Il se ressaisit, se redresse un peu et souffle bruyamment dans un mouchoir.

– Je… je vais essayer.

Je tourne les talons.

– N’essayez pas. Vous avez jusqu’à demain matin. Faites-le.

* * *

Je redescends lentement au rez-de-chaussée, tremblant, sous le choc, vidé de mon énergie, et pendant que j’étais en haut à harceler Gompers le ciel a décidé de faire tomber un affreux crachin gelé, qui me cingle la face pendant que je traverse Eagle Square pour regagner ma voiture.

L’homme-sandwich arpente toujours l’esplanade, en parka et toque de fourrure, et de nouveau il me crie : « Vous savez l’heure qu’il est ? », et je l’ignore, mais il s’est planté sur mon chemin. Il tient son panneau à deux mains, on nous prend pour des imbéciles, ou quoi ?, l’élève comme un bouclier de centurion, et je marmonne « pardon monsieur », mais il ne bronche pas, et soudain je me rends compte que c’est le type d’hier soir, au Somerset, sans son blouson Harley mais toujours avec sa grosse moustache non taillée, ses joues rouges, ses yeux plaintifs.

Et il me sort :

– C’est toi, Palace, hein ?

1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 65
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)