Ainsi parlait Zarathoustra
- Автор: Ницше Фридрих Вильгельм
- Год: 21
- Язык: французский
- Жанр: Классическая проза
Электронная книга - «Ainsi parlait Zarathoustra». Краткое содержание книги:
Quelle est la plus haute espèce chez l’être et quelle est l’espèce la plus basse? Le parasite est la plus basse espèce, mais celui qui est la plus haute espèce nourrit le plus de parasites.
Car l’âme qui a la plus longue échelle et qui peut descendre le plus bas: comment ne porterait-elle pas sur elle le plus de parasites? -
– l’âme la plus vaste qui peut courir, au milieu d’elle-même s’égarer et errer le plus loin, celle qui est la plus nécessaire, qui se précipite par plaisir dans le hasard: -
– l’âme qui est, qui plonge dans le devenir; l’âme qui possède, qui veut entrer dans le vouloir et dans le désir: -
– l’âme qui se fuit elle-même et qui se rejoint elle-même dans le plus large cercle; l’âme la plus sage que la folie invite le plus doucement: -
– l’âme qui s’aime le plus elle-même, en qui toutes choses ont leur montée et leur descente, leur flux et leur reflux: – ô comment la plus haute âme n’aurait-elle pas les pires parasites?
20.
Ô mes frères, suis-je donc cruel? Mais je vous dis: ce qui tombe, il faut encore le pousser!
Tout ce qui est d’aujourd’hui – tombe et se décompose; qui donc voudrait le retenir? Mais moi – moi je veux encore le pousser!
Connaissez-vous la volupté qui précipite les roches dans les profondeurs à pic! – Ces hommes d’aujourd’hui: regardez donc comme ils roulent dans mes profondeurs!
Je suis un prélude pour de meilleurs joueurs, ô mes frères! un exemple! Faites selon mon exemple!
Et s’il y a quelqu’un à qui vous n’appreniez pas à voler, apprenez-lui du moins – à tomber plus vite! -
21.
J’aime les braves: mais il ne suffit pas d’être bon sabreur, – il faut aussi savoir qui l’on frappe!
Et souvent il y a plus de bravoure à s’abstenir et à passer: afin de se réserver pour un ennemi plus digne!
Vous ne devez avoir que des ennemis dignes de haine, mais point d’ennemis dignes de mépris: il faut que vous soyez fiers de votre ennemi: c’est ce que j’ai enseigné une fois déjà.
Il faut vous réserver pour un ennemi plus digne, ô mes amis: c’est pourquoi il y en a beaucoup devant lesquels il faut passer, -
– surtout devant la canaille nombreuse qui vous fait du tapage à l’oreille en vous parlant du peuple et des nations.
Gardez vos yeux de leur «pour» et de leur «contre»! Il y a là beaucoup de justice et d’injustice: celui qui est spectateur se fâche.
Être spectateur et frapper dans la masse – c’est l’œuvre d’un instant: c’est pourquoi allez-vous-en dans les forêts et laissez reposer votre épée!
Suivez vos chemins! Et laissez les peuples et les nations suivre les leurs! – des chemins obscurs, en vérité, où nul espoir ne scintille plus!
Que l’épicier règne, là où tout ce qui brille – n’est plus qu’or d’épicier! Ce n’est plus le temps des rois: ce qui aujourd’hui s’appelle peuple ne mérite pas de roi.
Regardez donc comme ces nations imitent maintenant elles-mêmes les épiciers: elles ramassent les plus petits avantages dans toutes les balayures!
Elles s’épient, elles s’imitent, – c’est ce qu’elles appellent «bon voisinage». Ô bienheureux temps, temps lointain où un peuple se disait: c’est sur d’autres peuples que je veux être – maître!»
Car, ô mes frères, ce qu’il y a de meilleur doit régner, ce qu’il y a de meilleur veut aussi régner! Et où il y a une autre doctrine, ce qu’il a de meilleur – fait défaut.
22.
Si ceux-ci – avaient le pain gratuit, malheur à eux! Après quoi crieraient-ils? De quoi s’entretiendraient-ils si ce n’était de leur entretien? et il faut qu’ils aient la vie dure!
Ce sont des bêtes de proie: dans leur «travail» – il y a aussi du rapt; dans leur gain – il y a aussi de la ruse! C’est pourquoi il faut qu’ils aient la vie dure!
Il faut donc qu’ils deviennent de meilleures bêtes de proie, plus fines et plus rusées, des bêtes plus semblables à l’homme: car l’homme est la meilleure bête de proie.
L’homme a déjà pris leurs vertus à toutes les bêtes, c’est pourquoi, de tous les animaux, l’homme a eu la vie la plus dure.
Seuls les oiseaux sont encore au-dessus de lui. Et si l’homme apprenait aussi à voler, malheur à lui! à quelle hauteur – sa rapacité volerait-elle!
23.
C’est ainsi que je veux l’homme et la femme: l’un apte à la guerre, l’autre apte à engendrer, mais tous deux aptes à danser avec la tête et les jambes.
Et que chaque jour où l’on n’a pas dansé une fois au moins soit perdu pour nous! Et que toute vérité qui n’amène pas au moins une hilarité nous semble fausse!
24.
Veillez à la façon dont vous concluez vos mariages, veillez à ce que ce ne soit pas une mauvaise conclusion! Vous avez conclu trop tôt: il s’en suit donc – une rupture!
Et il vaut mieux encore rompre le mariage que de se courber et de mentir! – Voilà ce qu’une femme m’a dit: «Il est vrai que j’ai brisé les liens du mariage, mais les liens du mariage m’avaient d’abord brisée – moi!»
J’ai toujours trouvé que ceux qui étaient mal assortis étaient altérés de la pire vengeance: ils se vengent sur tout le monde de ce qu’ils ne peuvent plus marcher séparément.
C’est pourquoi je veux que ceux qui sont de bonne foi disent: «Nous nous aimons: veillons à nous garder en affection! Ou bien notre promesse serait-elle une méprise!»
– «Donnez-nous un délai, une petite union pour que nous voyions si nous sommes capables d’une longue union! C’est une grande chose que d’être toujours à deux!»
C’est ainsi que je conseille à tous ceux qui sont de bonne foi; et que serait donc mon amour du Surhomme et de tout ce qui doit venir si je conseillais et si je parlais autrement!
Il ne faut pas seulement vous multiplier, mais vous élever – ô mes frères, que vous soyez aidés en cela par le jardin du mariage.
25.
Celui qui a acquis l’expérience des anciennes origines finira par chercher les sources de l’avenir et des origines nouvelles. -
Ô mes frères, il ne se passera plus beaucoup de temps jusqu’à ce que jaillissent de nouveaux peuples, jusqu’à ce que de nouvelles sources mugissent dans leurs profondeurs.
Car le tremblement de terre – c’est lui qui enfouit bien des fontaines et qui crée beaucoup de soif: il élève aussi à la lumière les forces intérieures et les mystères.
Le tremblement de terre révèle des sources nouvelles. Dans le cataclysme de peuples anciens, des sources nouvelles font irruption.
Et celui qui s’écrie: «Regardez donc, voici une fontaine pour beaucoup d’altérés, un cœur pour beaucoup de langoureux, une volonté pour beaucoup d’instruments»: – c’est autour de lui que s’assemble un peuple, c’est-à-dire beaucoup d’hommes qui essayent.