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Ainsi parlait Zarathoustra

Электронная книга - «Ainsi parlait Zarathoustra». Краткое содержание книги:

Ainsi parlait Zarathoustra
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Mais celui-là s’est découvert lui-même qui dit: ceci est mon bien et mon mal. Par ces paroles il a fait taire la taupe et le nain qui disent: «Bien pour tous, mal pour tous.»

En vérité, je n’aime pas non plus ceux pour qui toutes choses sont bonnes et qui appellent ce monde le meilleur des mondes. Je les appelle des satisfaits.

Le contentement qui goûte de tout: ce n’est pas là le meilleur goût! J’honore la langue du gourmet, le palais délicat et difficile qui a appris à dire: «Moi» et «Oui» et «Non».

Mais tout mâcher et tout digérer – c’est faire comme les cochons! Dire toujours I-A, c’est ce qu’apprennent seuls l’âne et ceux qui sont de son espèce! -

C’est le jaune profond et le rouge intense que mon goût désire, – il mêle du sang à toutes les couleurs. Mais celui qui crépit sa maison de blanc révèle par là qu’il a une âme crépie de blanc.

Les uns amoureux des momies, les autres des fantômes; et nous également ennemis de la chair et du sang – comme ils sont tous en contradiction avec mon goût! Car j’aime le sang.

Et je ne veux pas demeurer où chacun crache: ceci est maintenant mon goût, – je préférerais de beaucoup vivre parmi les voleurs et les parjures. Personne n’a d’or dans la bouche.

Mais les lécheurs de crachats me répugnent plus encore; et la bête la plus répugnante que j’aie trouvée parmi les hommes, je l’ai appelée parasite: elle ne voulait pas aimer et elle voulait vivre de l’amour.

J’appelle malheureux tous ceux qui n’ont à choisir qu’entre deux choses: devenir des bêtes féroces ou de féroces dompteurs de bêtes; auprès d’eux je ne voudrais pas dresser ma tente.

J’appelle encore malheureux ceux qui sont obligés d’attendre toujours, – ils ne sont pas à mon goût, tous ces péagers et ces épiciers, ces rois et tous ces autres gardeurs de pays et de boutiques.

En vérité, mois aussi, j’ai appris à attendre, à attendre longtemps, mais à m’attendre, moi. Et j’ai surtout appris à me tenir debout, à marcher, à courir, à sauter, à grimper et à danser.

Car ceci est ma doctrine: qui veut apprendre à voler un jour doit d’abord apprendre à se tenir debout, à marcher, à courir, à sauter, à grimper et à danser: on n’apprend pas à voler du premier coup!

Avec des échelles de corde j’ai appris à escalader plus d’une fenêtre, avec des jambes agiles j’ai grimpé sur de hauts mâts: être assis sur des hauts mâts de la connaissance, quelle félicité! – flamber sur de hauts mâts comme de petites flammes: une petite lumière seulement, mais pourtant une grande consolation pour les vaisseaux échoués et les naufragés! -

Je suis arrivé à ma vérité par bien des chemins et de bien des manières: je ne suis pas monté par une seule échelle à la hauteur d’où mon œil regarde dans le lointain.

Et c’est toujours à contre-cœur que j’ai demandé mon chemin, – cela me fut toujours contraire! J’ai toujours préféré interroger et essayer les chemins eux-mêmes.

Essayer et interroger, ce fut là toute ma façon de marcher: – et, en vérité, il faut aussi apprendre à répondre à de pareilles questions! Car ceci est – de mon goût: – ce n’est ni un bon, ni un mauvais goût, mais c’est mon goût, dont je n’ai ni à être honteux ni à me cacher.

«Cela – est maintenant mon chemin, – où est le vôtre?» Voilà ce que je répondais à ceux qui me demandaient «le chemin». Car le chemin – le chemin n’existe pas.

Ainsi parlait Zarathoustra.

Des vieilles et des nouvelles tables

1.

Je suis assis là et j’attends, entouré de vieilles tables brisées et aussi de nouvelles tables à demi écrites. Quand viendra mon heure? – l’heure de ma descente, de mon déclin: car je veux retourner encore une fois auprès des hommes.

C’est ce que j’attends maintenant: car il faut d’abord que me viennent les signes annonçant que mon heure est venue, – le lion rieur avec l’essaim de colombes.

En attendant je parle comme quelqu’un qui a le temps, je me parle à moi-même. Personne ne me raconte de choses nouvelles: je me raconte donc à moi-même. -

2.

Lorsque je suis venu auprès des hommes, je les ai trouvés assis sur une vieille présomption. Ils croyaient tous savoir, depuis longtemps, ce qui est bien et mal pour l’homme.

Toute discussion sur la vertu leur semblait une chose vieille et fatiguée, et celui qui voulait bien dormir parlait encore du «bien» et du «mal» avant d’aller se coucher.

J’ai secoué la torpeur de ce sommeil lorsque j’ai enseigné: Personne ne sait encore ce qui est bien et maclass="underline" – si ce n’est le créateur!

Mais c’est le créateur qui crée le but des hommes et qui donne sons sens et son avenir à la terre: c’est lui seulement qui crée le bien et le mal de toutes choses.

Et je leur ai ordonné de renverser leurs vieilles chaires, et, partout où se trouvait cette vieille présomption, je leur ai ordonné de rire de leurs grands maîtres de la vertu, de leurs saints, de leurs poètes et de leurs sauveurs du monde.

Je leur ai ordonné de rire de leurs sages austères et je les mettais en garde contre les noirs épouvantails plantés sur l’arbre de la vie.

Je me suis assis au bord de leur grande allée de cercueils, avec les charognes et même avec les vautours – et j’ai ri de tout leur passé et de la splendeur effritée de ce passé qui tombe en ruines.

En vérité, pareil aux pénitenciers et aux fous, j’ai anathématisé ce qu’ils ont de grand et de petit, – la petitesse de ce qu’ils ont de meilleur, la petitesse de ce qu’ils ont de pire, voilà ce dont je riais.

Mon sage désir jaillissait de moi avec des cris et des rires; comme une sagesse sauvage vraiment il est né sur les montagnes! – mon grand désir aux ailes bruissantes.

Et souvent il m’a emporté bien loin, au delà des monts, vers les hauteurs, au milieu du rire: alors il m’arrivait de voler en frémissant comme une flèche, à travers des extases ivres de soleiclass="underline" – au delà, dans les lointains avenir que nul rêve n’a vus, dans les midis plus chauds que jamais imagier n’en rêva: là-bas où les dieux dansants ont honte de tous les vêtements: – afin que je parle en paraboles, que je balbutie et que je boite comme les poètes; et, en vérité, j’ai honte d’être obligé d’être encore poète! -

Où tout devenir me semblait danses et malices divines, où le monde déchaîné et effréné se réfugiait vers lui-même: -

– comme une éternelle fuite de soi et une éternelle recherche de soi chez des dieux nombreux, comme une bienheureuse contradiction de soi, une répétition et un retour vers soi-même des dieux nombreux: – où tout temps me semblait une bienheureuse moquerie des instants, où le nécessité était la liberté même qui se jouait avec bonheur de l’aiguillon de la liberté:

Où j’ai retrouvé aussi mon vieux démon et mon ennemi né, l’esprit de lourdeur et tout ce qu’il il a créé: la contrainte, la loi, la nécessité, la conséquence, le but, la volonté, le bien et le maclass="underline" -

Car ne faut-il pas qu’il y ait des choses sur lesquelles on puisse danser et passer? Ne faut-il pas qu’il y ait – à cause de ceux qui sont légers et les plus légers – des taupes et de lourds nains?

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