L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]
- Автор: Силверберг Роберт
- Год: 1973
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- Переводчик: Michel Rivelin
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]». Краткое содержание книги:
Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d’une façon atroce. Tous ceux qui avaient essayé de l’y rejoindre par la suite avaient été massacrés.
Aujourd’hui Ned Rawlins vient d’atterrir près du labyrinthe. Il a reçu l’ordre de ramener Muller sur la Terre, sa planète natale qui a besoin de lui. Sa planète qui, neuf ans auparavant, l’avait impitoyablement chassé, forcé à se réfugier au cœur de ce labyrinthe aux dédales mortels.
Quelles chances Rawlins a-t-il de survivre et d’accomplir sa mission ?
— Que savez-vous au juste de ces êtres extra-galactiques ?
— Très peu, reconnut Muller. Presque rien, sinon ce que je viens de vous dire C’est le jour où j’ai accepté ma mission sur Bêta Hydri IV que j’ai entendu parler d’eux pour la première fois, par Boardman. Il avait refusé de m’en dire plus. D’après lui, ils étaient d’une espèce supérieure. Ce sont des êtres extraordinairement intelligents qui vivent dans un système voisin. Ils connaissent les voyages extra-galactiques et il se peut qu’ils viennent nous rendre visite un jour.
— À présent, nous en savons un peu plus long, dit Rawlins.
— D’abord, dites-moi ce que Boardman me veut ?
— Ce sera plus facile, si je vous raconte tout dans l’ordre.
Rawlins eut un sourire niais. Il était peut-être un peu ivre. Il s’assit, le dos contre le tube de pierre, et étendit ses jambes devant lui :
— En fait, nous ne savons pas encore grand-chose sur ces extra-galactiques. Nous avons envoyé un vaisseau-sonde en hyperpropulsion. Nous l’avons fait sortir de la trame temporelle à quelques milliers d’années-lumière… ou à quelques millions. Je ne connais pas exactement les détails. De toute façon, c’était un astronef-robot muni de toutes sortes de systèmes de détection. Il a atteint une des galaxies à rayons X. Tout cela est gardé secret, mais j’ai entendu dire que c’était ou dans Cygnus A, ou dans Scorpius II. Bref, on a découvert qu’une planète appartenant à une de ces galaxies était habitée par une race très avancée d’êtres étranges.
— Étranges comment ?
— Ils peuvent percevoir toute la gamme spectrale du haut jusqu’en bas, répondit Rawlins. Leur champ visuel de base est sur les hautes fréquences. Ils voient par rayons X. Ils semblent être aussi capables de se servir des ondes radioélectriques pour voir, ou du moins pour recevoir quelques informations sensorielles. Ils peuvent donc tout voir. Cependant, nous avons remarqué qu’ils ne manifestent pas un grand intérêt pour tout ce qui se passe entre l’infrarouge et les ultraviolets. C’est-à-dire notre petit spectre visible à nous.
— Eh, attendez une minute. Des sens radio ? Avez-vous une idée de la longueur des ondes radio-électriques ? Même s’ils ne percevaient des informations que sur une seule longueur d’onde, il leur faudrait des yeux, ou des récepteurs, ou ce que vous voudrez, d’une taille gigantesque. Quelle taille ont-ils d’après vous ?
— Ils pourraient manger un éléphant, répondit Rawlins.
— Une forme de vie intelligente ne peut atteindre une telle démesure.
— Rien ne les limite. C’est une planète géante gazeuse. Tout en océans. Il n’y a presque pas de gravité. Ils flottent. Ils n’ont aucun problème de poids et de pesanteur.
— Et une bande d’hyperbaleines aurait développé une civilisation technologique ? demanda Muller. Vous n’espérez pas me faire croire à…
— Si. C’est la vérité, affirma Rawlins. Je vous l’ai dit. Ce sont des êtres très étranges. Mais ils ne peuvent construire leurs machines eux-mêmes. Ils ont besoin d’esclaves.
— Oh ! laissa tomber Muller calmement.
— Nous commençons seulement à comprendre ce qui se passe là-bas et, je vous l’ai dit, je ne suis pas très bien renseigné. Mais d’après ce que j’ai pu entendre, il semblerait qu’ils se servent d’espèces vivantes inférieures, en les transformant en robots qu’ils contrôlent par radio. Ils ont besoin de tout ce qui peut être mobile et qui a des membres. Ils ont débuté avec certains animaux de leur planète, une sorte de petit dauphin presque intelligent qu’ils utilisent pour les vols spatiaux. Puis ils sont allés sur les planètes voisines — des planètes solides — et ils ont pris à leur service des pseudo-primates qui doivent ressembler à des chimpanzés protohistoriques. Ils ont besoin de doigts. Ce qui compte le plus pour eux, c’est la dextérité manuelle. À l’heure actuelle, leur influence s’étend sur quelque quatre-vingts années-lumière et il apparaît que leur expansion suit une courbe exponentielle.
Muller secoua la tête :
— C’est une absurdité encore plus énorme que celle que vous me serviez à propos de ma guérison. Écoutez, la vitesse des transmissions radio possède une certaine limite, vous êtes d’accord ? Bon. S’ils contrôlent des esclaves, comme vous le dites, qui se trouvent à quatre-vingts années-lumière d’eux, chaque ordre ou commande mettra quatre-vingts années pour atteindre sa destination. Alors, chaque mouvement, chaque contraction d’un muscle…
— Ils peuvent quitter leur planète mère, le coupa Rawlins.
— Mais s’ils sont tellement énormes…
— Justement. Ils se sont servis d’esclaves pour construire des caissons gravitationnels. De plus, ils possèdent à fond les vols extra-galactiques, je vous l’ai dit. Toutes leurs colonies sont dirigées par une sorte de surveillant placé en orbite à quelques milliers de kilomètres au-dessus. Il flotte dans sa station, où ont été recréées les conditions de vie de la planète mère. Il suffit d’un surveillant pour diriger une planète. Je suppose qu’ils doivent avoir des tours de roulement.
Muller ferma les yeux un instant. Il essaya de visualiser ces colossales et inimaginables créatures dans leur expansion vers de lointaines galaxies ; contraignant d’autres créatures plus faibles et moins intelligentes à les servir ; forgeant une civilisation oppressive et technologique grâce au labeur de leurs esclaves ; et flottant dans le vide comme d’incroyables baleines spatiales pour diriger et coordonner leur grandiose et invraisemblable entreprise, alors qu’elles-mêmes étaient incapables d’accomplir le moindre acte physique. Des masses monstrueuses de protoplasme rose et luisant, des sortes d’amas gélatineux nés de la mer, hérissés d’organes de perception fonctionnant sur les deux extrémités du spectre. Communiquant entre elles par des impulsions de rayons X. Envoyant des ordres par ondes radio-électriques. Non, pensa-t-il. Non.
— Bien, dit-il finalement. Et alors ? Ils sont dans une autre galaxie.
— Plus maintenant. Ils ont déjà empiété sur quelques-unes de nos colonies éloignées. Savez-vous ce qu’ils font quand ils en découvrent une ? Ils mettent en orbite une station avec un surveillant à l’intérieur qui prend le contrôle des hommes. Ils trouvent que nous faisons des esclaves parfaits, ce qui n’est guère surprenant. Pour l’instant, ils se sont déjà emparés de six de nos planètes. Ils en avaient une septième, mais nous avons détruit le surveillant. Seulement, ils ont tout de suite trouvé la parade. Ils se contentent de prendre le contrôle de nos missiles et ils nous les renvoient.
— Si vous inventez cela, dit Muller, je vous tue !
— C’est vrai. Je vous le jure !
— Quand cela a-t-il commencé ?
— L’année dernière.
— Et que se passe-t-il ? Est-ce qu’ils avancent de plus en plus dans notre galaxie et nous transforment tous, à tour de rôle, en zombis ?
— Boardman pense que nous avons une possibilité d’empêcher cela.
— Laquelle ?
— Ces monstres ne semblent pas réaliser que nous sommes des êtres intelligents. Nous n’arrivons pas à le leur faire comprendre. Ils communiquent entre eux par un système télépathique, entièrement non verbal. Pourtant, nous avons essayé d’entrer en contact avec eux. Nous les avons submergés de messages sur toutes les longueurs d’ondes, sans qu’aucun indice ne laisse supposer qu’ils nous reçoivent. Boardman pense que si nous arrivons à les persuader que nous… euh… eh bien, que nous avons une âme, ils nous laisseraient peut-être tranquilles. Dieu, seul sait pourquoi. À mon avis, ce doit être une réponse d’ordinateur. Enfin, il croit que ces êtres possèdent une structure morale, quelle qu’elle soit. Ils maîtrisent et dominent n’importe quelle créature leur paraissant utile, mais ils ne toucheraient pas à une espèce qui aurait atteint un niveau certain d’intelligence, même inférieur au leur. Dans ce cas, si nous pouvions leur montrer que nous…