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Les otages de Tokyo

Электронная книга - «Les otages de Tokyo». Краткое содержание книги:

Un groupe extrémiste prend des diplomates en otage. Malko fait l’échange contre un prisonnier que réclame le groupe. S’ensuit une course-poursuite dans Tokyo entre cette féroce leader, la CIA, la police et la maffia.
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Hiroko, dans la timonerie, hurla de joie. Le Tofaru s’éloignait déjà vers sa prochaine victime, un pétrolier plus petit, lui aussi « gazé », à environ un mile et demi.

À l’avant, les deux terroristes étaient en train de recharger leurs lances-roquettes. La sirène hurlait sans discontinuer. Dans le lointain, Hiroko aperçut trois bateaux qui fonçaient sur le Tofaru. Dans ses jumelles, elle reconnut des vedettes de la police maritime. Même leurs mitrailleuses ne pourraient rien contre le Tofaru. Ils n’oseraient d’ailleurs pas tirer. Elle était la maîtresse du jeu. Même la police ne prendrait pas le risque de sacrifier tout l’équipage du Tofaru.

* * *

L’officier-radio surgit sur le quatrième pont, essoufflé, sa mitraillette à la main, parla d’une voix excitée à Yamato.

— Tout le monde est prévenu, traduisit le Japonais. Des hélicoptères vont intervenir. Mais cela prendra une heure. La police maritime arrive…

Derrière eux, le Shinjuku achevait de couler en brûlant. Dans environ quinze minutes, ils seraient à portée de la prochaine cible. Ils avaient une chance sur mille d’atteindre le gaillard d’avant. De la timonerie, Hiroko et son compagnon tenaient le pont principal sous son feu. Il fallait trouver autre chose. Et vite.

Malko eut soudain une idée.

— Il faut bloquer le gouvernail, dit-il ; pour que le Tofaru tourne en rond. Trouvez-moi l’officier mécanien.

De nouveau, ils dévalèrent les coursives, laissant le gorille pour surveiller l’escalier de la timonerie. La chambre de l’officier mécanicien se trouvait sur le pont principal, quatre étages plus bas. Il était en train de réunir l’équipage des machines. Malko lui expliqua le problème.

— Nous pouvons stopper les pompes du gouvernail, suggéra-t-il. Elle ne pourra plus manoeuvrer.

Dans l’affolement, personne n’y avait encore pensé…

— Mais elle pourra aller se jeter contre un autre bateau ? demanda Malko.

L’officier confirma. Il fallait trouver autre chose. Hiroko était assez folle pour ce genre de suicide…

On avait transporté le commandant grièvement blessé dans la cabine de l’armateur. Peu à peu, l’équipage prenait conscience du drame. Mais c’était tellement inattendu ! La compagnie avait bien prévenu les officiers qu’ils pourraient éventuellement être l’objet d’un « chantage à la vanne », c’est-à-dire que des terroristes pourraient tenter de les forcer à déverser leurs citernes dans la mer, mais on ne les avait pas prévenus d’un hijacking.

Finalement, pressé par Malko, l’officier mécanicien dit :

— Il y a un moyen. Il faut shunter la timonerie et diriger le bateau directement de la salle des gouvernails, sans arrêter les pompes hydrauliques du gouvernail.

— Allons-y, dit Malko.

C’était la seule chance de neutraliser Hiroko.

Deux bateaux-pompes passèrent non loin d’eux, fonçant vers le Shinjuku en flammes.

Ils se ruèrent dans l’ascenseur desservant la gigantesque salle des machines, cinq niveaux plus bas. En sortant de l’ascenseur, Malko faillit se boucher les oreilles. Le bruit des gigantesques machines était assourdissant, plus de quatre-vingts décibels… Ils contournèrent l’énorme bloc moteur, filant vers l’arrière grâce à un réseau de passerelles et d’échelles métalliques, dans une chaleur étouffante. La salle des gouvernails se trouvait derrière la machine, sous le pont de chargement. Basse de plafond, toute petite, c’était l’extrême arrière du navire. Un énorme ensemble de pompes maintenait l’axe du gouvernail. L’officier mécanicien manoeuvra quelques leviers, puis, montant sur le socle de l’ensemble, s’empara d’une barre de fer qui dépassait.

Lentement, il l’inclina vers la droite.

— Ça y est, traduisit Yamato, nous dirigeons le Tofaru. Hiroko ne peut plus rien de la timonerie.

Les moteurs hydrauliques continuaient à actionner l’énorme gouvernail, et le Tofaru commençait à tourner en rond.

Malko regarda le petit levier de fer. Ivre de joie.

— Restez-là, dit-il à l’officier mécanicien. Yamato va veiller sur vous.

Il fallait prévoir le cas où Hiroko essaierait de s’emparer de la salle des gouvernails. Il remonta, guidé par le bosco vers la surface du navire. Il restait à neutraliser complètement la terroriste.

Chapitre XIX

Dès que Malko sortit de l’ascenseur, émergeant dans la coursive, un vacarme effroyable l’étourdit. La sirène du Tofaru continuait à hurler sans discontinuer, se mêlant aux sons stridents et saccadés de celle d’un patrouilleur gris de la marine de guerre japonaise, naviguant de concert avec le pétrolier. Des marins en uniforme s’agitaient sur le pont. Une explosion domina le vacarme. Un petit canon venait de tirer un coup de semonce. Une gerbe d’eau jaillit à cent mètres devant l’étrave du Tofaru.

Celui-ci avait incurvé sa trajectoire, s’éloignait des navires au mouillage grâce à son gouvernail bloqué. Il tournerait en rond tant qu’Hiroko et ses complices ne seraient pas neutralisés. Malko examina le gaillard d’avant. Les deux terroristes hésitaient, brandissant leurs lance-roquettes. Il fonça à la cabine-radio, expliqua à l’officier le coup du gouvernail. Le péril était écarté pour les autres pétroliers.

— Demandez que l’on attaque les terroristes qui se trouvent à l’avant, dit-il, je m’occupe de la timonerie.

Il ressortit de la cabine-radio, se jeta dans l’escalier central. Une explosion secoua tout à coup le pétrolier, jetant Malko à terre. Il se releva, fonça vers un hublot donnant sur le pont principal. Une épaisse fumée noire mêlée de flammes s’élevait du centre du navire. Une nouvelle explosion, moins forte, se produisit devant le centre de contrôle. Hiroko mettait sa menace à exécution : elle faisait sauter le Tofaru !

Par chance sa roquette avait dû frapper une citerne encore pleine. Le pétrole s’était enflammé, mais n’avait pas explosé.

C’était la fin. Trois gros hélicoptères se rapprochaient, volant au ras des flots. Ils s’immobilisèrent près de l’avant du Tofaru. Des gerbes de balles traçantes jaillirent des appareils. Après un furieux échange de coups de feu, les deux terroristes, hachés par les balles de mitrailleuse, cessèrent de riposter. Un des hélicoptères se laissa tomber à l’avant, vomissant des militaires qui s’élancèrent sur le pont principal.

Malko reprit sa course vers la timonerie. Il voulait capturer Hiroko lui-même. Il se heurta à des membres de l’équipage, affolés, en train d’abandonner le navire qui continuait à tourner en rond, au milieu d’une meute de patrouilleurs, de vedettes, de bateaux-pompes. Le vent commençait à rabattre l’épaisse fumée noire vers toutes les ouvertures du château arrière. Malko fut pris d’une quinte de toux, faillit faire demi-tour. En arrivant sur le quatrième pont, il buta dans un corps. Le « gorille » au croc à poisson, étendu sur le ventre dans une mare de sang. Malko se rua dans l’escalier étroit de la timonerie, émergea dans le local plein de fumée. Le hurlement de la sirène toute proche était insupportable.

Hiroko avait disparu. Il ne restait que le loading master, se traînant une balle dans la jambe. Malko le releva. L’autre parlait un peu anglais. Il lui fit comprendre d’arrêter la sirène. Soutenu par Malko, le loading master s’exécuta.

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