Les otages de Tokyo
- Автор: Де Вилье Жерар
- Серия: SAS #38
- Год: 1975
- Язык: французский
- Год: Plon
- ISBN: 2-259-00053-3
- Жанр: Шпионские детективы
Электронная книга - «Les otages de Tokyo». Краткое содержание книги:
— Combien comptez-vous amener d’hommes ? demanda-t-il.
Yamato sourit :
— Autant que vous voulez, Malko-san.
Ce n’était pas non plus utile de monter à l’assaut avec un régiment.
Je pense qu’une demi-douzaine suffira, dit Malko. Avec vous et moi. Ils seront armés ?
— Certains, fit Yamato avec réticence.
Ce n’était pas dans les habitudes japonaises. Malko se dit que trois hommes armés, plus l’effet de surprise feraient l’affaire. De toute façon, il n’avait pas le choix. Ce n’était pas le moment d’aller demander du renfort à Borzoï.
— Et les autres ?
Yamato sourit modestement.
— Ils savent se battre avec leurs mains.
Et casser des pierres avec leur tête. Malko avait autant confiance dans les truands de Kawashi que dans les fonctionnaires du Kohan qui avaient failli le laisser se faire abattre par Hiroko.
Malko prit une coupe de saké et la leva.
— Que la chance soit avec nous. Kampai !
— Kampai ! firent en choeur Yamato et Kawashi.
Chapitre XVII
Le soleil se levait péniblement sur la baie de Tokyo, essayant de trouer le brouillard, les fumées de la pollution et les derniers lambeaux de la nuit. Malko regarda les silhouettes des innombrables bateaux au mouillage qui pullulaient dans la baie, jusqu’à Kisurazu. Hiroko était quelque part là-bas. Si leur raisonnement était exact. Yamato s’approcha de lui, frileusement engoncé dans un gros pardessus :
— Tout est prêt, Malko-san.
Le moteur du cabin-cruiser ronronnait déjà. À bord, en plus des deux marins – des hommes de Kawashi – il y avait le grand Japonais au crâne rasé, nommé Kashima, et les deux lutteurs de sumo, plus ou moins réparés. Ces trois-là étaient férocement décidés à prendre leur revanche. Ayant perdu la face, ils devaient, coûte que coûte, la retrouver. Même au prix de leur vie. Yamato transportait le P. 08, et Malko son pistolet extra-plat. C était un peu léger contre les grenades et les armes automatiques des terroristes, mais ils bénéficiaient de la surprise. Malko sauta sur le pont, derrière Yamato, et le cabin-cruiser décolla aussitôt du wharf désert. Il était cinq heures et demi du matin. Le Tofaru, d’après les renseignements de Yamato, devait quitter la rade vers neuf heures.
Malko se mit à l’avant pour que le vent le réveille un peu. Il avait mal dormi, et Yamato était venu le chercher à cinq heures… Il pensa à Tom Otaku et Al Borzoï, dormant tous les deux du sommeil du juste. À mille lieues de se douter de ce qu’il était en train de tenter. Il avait tenu la promesse faite à Kawashi. Pas de police. Pas de C.I.A. Dans la cabine du petit bateau, Kashima et les deux lutteurs, le visage fermé, le regard vide, regardaient le jour se lever. Yamato rejoignit Malko.
— Nous approchons ! C’est le noir, à côté du nôtre.
La silhouette allongée d’un pétrolier commençait à se dégager du brouillard. Avec le haut château arrière et la cheminée, une passerelle courant au milieu du pont principal, rejoignant le niveau du gaillard d’avant. Malko jugea qu’il mesurait plus de deux cent mètres de long. Le cabin-cruiser coupa les gaz et continua d’avancer, presque silencieusement. Ils passèrent sous la poupe et purent lire le nom du navire : Tofaru, Tokyo. Lentement, ils firent le tour de l’énorme pétrolier, évitant les cables mouillés, les corps-morts et la bouée où aboutissaient les sea-lines. Le déchargement n’était pas terminé. Deux sea-lines, canalisations aboutissant en pleine mer, étaient reliées aux conduits vidant les citernes du pétrolier.
— Comment procédons-nous ? demanda Malko.
— Je me suis renseigné, dit Yamato, tandis que le cabin-cruiser, courant sur son erre, longeait la coque pour rejoindre l’échelle de coupée. Le bosco est venu sur le bateau, hier soir ; il est reparti sur son pétrolier vers dix heures. Il prend son service à sept heures du matin. En ce moment, tout l’équipage dort. Il n’y a qu’un officier dans le local de contrôle, un pompiste, et deux matelots, dont l’un se trouve avec le pompiste et l’autre doit faire des rondes. Il doit y avoir également le loading-master, qui est aussi le « pilote », dans la timonerie.
« Nous allons monter à bord et nous faire conduire à la cabine du bosco. Pour qu’il nous dise où sont les terroristes. Ensuite, nous les prendrons par surprise.
Avec un petit choc, le cabin-cruiser heurta la coque d’acier. Malko leva la tête. C’était impressionnant, cette muraille noire de vingt mètres, qui semblait prête à les écraser. Yamato s’engagea le premier sur l’échelle de coupée, le P. 08 à la main, suivi de Malko et des trois autres. On n’entendait que le ronflement léger des pompes, le bruit du vent et le crissement de leurs pas sur l’échelle métallique.
Un vent furieux balayait le pont désert, éclairé par les premières lueurs de l’aube, hérissé de manches à air, de bittes d’amarrage, avec une énorme hélice arrimée à l’avant, un local de rangement au milieu et le château avant surélevé. Une passerelle courait au milieu, surélevée de deux mètres environ, reliant le château arrière à l’avant. Au milieu, les conduits de chargement branchés aux extrémités des sea-lines ressemblaient à deux grosses bêtes accroupies.
Pas une âme en vue.
Deux lumières brillaient sur le château arrière : une au ras du pont, l’autre en haut. Plus les feux de position.
— La salle de contrôle et la timonerie, souffla Yamato.
On entrait comme dans un moulin. Malko se tourna vers Yamato.
— Où couche le bosco ?
Sans aide, ils ne trouveraient jamais les terroristes dans cet immense dédale de ferraille. Tout l’arrière était occupé par l’équipage, sur huit niveaux, de la timonerie aux machines. Le reste n’était guère qu’un gros réservoir flottant… mais c’était plein de recoins, de trappes, de fosses, d’échelles descendant dans les profondeurs du pétrolier.
Le Japonais n’eut pas le temps de répondre. Un matelot venait de surgir de l’ombre, une torche électrique à la main. L’homme de garde. Il la braqua sur le groupe et posa une question en japonais. D’un ton étonné mais pas vraiment inquiet. Yamato ne répondit pas. Un des lutteurs de sumo fit un pas en avant, il y eut un cri étouffé, et le bruit mou d’un corps tombant sur le pont métallique. Yamato lança une interjection en japonais. Un des deux lutteurs prit le matelot sous son bras et ils coururent tous vers le milieu du pont où s’ouvrait la porte d’un réduit-magasin.
Une fois entrés, Yamato referma la porte et alluma. Le matelot avait repris connaissance, terrorisé. Encadré par les deux lutteurs de sumo, les poignets cerclés de bracelets de cuir. L’un d’eux appuyait contre sa gorge la pointe aiguë d’un crochet à poisson. Yamato lui posa une question. Le marin répondit en secouant la tête négativement.
— Il ne sait rien, traduisit Yamato. Il a pris son service à minuit, il n’a rien vu.
— Qu’il nous conduise à la cabine du bosco, dit Malko. Nous n’avons pas de temps à perdre.
Une fois l’équipage réveillé, leur expédition risquait de manquer de discrétion. Yamato transmit l’ordre. Ils se faufilèrent sur le pont passant à droite, le long de la passerelle, jusqu’au château arrière.
Sans rencontrer âme qui vive. Ils pénétrèrent dans une large coursive au sol recouvert de toile cirée, très propre, avec un escalier central desservant les différents niveaux. Le matelot les fit descendre deux étages, puis ils tournèrent à gauche dans une étroite coursive faisant le tour du château arrière, tout autour du compartiment des machines. L’étage des officiers. Ils s’arrêtèrent devant une porte semblable à une dizaine d’autres, avec une inscription en caractères japonais.