Pisteur - Livre 2 - Partie 1 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-02321-1
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 1 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
— Son histoire ne s’arrête pas là, mais ces trois épisodes de son existence suffisent à la distinguer des autres.
— Les privilèges de la célébrité, s’excusa-t-elle presque.
— Vous rougissez de votre parcours, nota Umbo, mais tirez une certaine fierté de déféquer sur vos visiteurs, on dirait.
— En espérant sauver le monde, objecta-t-elle. L’initiative yahou n’a pas fait l’unanimité.
— Vous interceptez les communications entre vaisseaux ? » intervint Olivenko.
L’homme leva les yeux au ciel.
« Au risque de me répéter, oui.
— Et vous, comment vous appelle-t-on ? s’enquit Param.
— Père-Souris, Pousse-Chanson, Dors-en-Ruines, Amis-pour-la-Vie.
— Bon, comment doit-on vous appeler ? reformula la princesse.
— Nos diminutifs sont-ils déjà trop longs pour vous ? s’étonna Saute-Nuages.
— Comment vous êtes-vous retrouvée avec “sauter” et “nuage” dans le même nom ? l’interrogea Rigg.
— Une référence à ma période… aérienne. Je me prenais pour un oiseau. Je sautais de partout. Des falaises, des aéronefs. Je m’étais mis en tête de voler avec des ailes de ma fabrication.
— Vous nous faites une petite démonstration ? demanda Olivenko.
— C’était il y a cinq cents ans, s’esclaffa-t-elle. Les enfants, vous savez ce que c’est… Je suis trop vieille, maintenant.
— Quel âge avez-vous, par simple curiosité ? s’enquit Umbo.
— Nous vous raconterons tout en temps voulu, promit Père-Souris. Nous vous projetterons même des images de ses sauts, si vous voulez. Et vous rencontrerez quelques-unes de mes souris.
— Donc vous nous avez donné vos diminutifs, récapitula Miche. Mais vous connaissez les noms complets des dix mille habitants de votre entremur ?
— Dix mille, ce n’est rien ! Avant, nous étions trois milliards. Vous imaginez un peu ? »
L’homme éclata de rire en secouant la tête.
« Trois milliards ? s’étrangla Umbo. Vous deviez vous marcher dessus !
— On ne vivait pas dans les arbres à l’époque, expliqua Saute-Nuages. Mais suivez-moi à travers les ruines, nous avons à parler sérieusement.
— Le mot “yahou”, à quoi fait-il référence ? s’enquit Umbo.
— À ce passé révolu, celui des Fils d’Odin, comme on nous appelle parfois. Mais c’est de vous dont nous aimerions surtout vous parler.
— Que savez-vous de nous que nous ignorons ? demanda Rigg.
— Les raisons de votre naissance, commença Père-Souris.
— La finalité de vos pouvoirs, poursuivit Saute-Nuages.
— La marche à suivre pour vous aider à sauver le monde », termina Père-Souris.
Les deux Fils d’Odin les guidèrent au sommet d’une colline. À leurs pieds s’étendaient les ruines d’une ancienne capitale.
Chapitre 12
Cités en ruines
Param s’était toujours imaginé les villes au gré de ses lectures, faute de pouvoir les visiter. Elle en avait déjà vu plusieurs, mais uniquement en peinture, sur les toiles accrochées aux murs de la maison – ou plutôt, la geôle – familiale. Lors de sa fuite hors de chez Flacommo en compagnie de Rigg, c’était à la hâte, la peur au ventre et par ses sombres venelles, que la princesse avait visité Aressa Sessamo.
Et comme la capitale gisait au fond d’une cuvette… difficile d’en apprécier la grandeur sans grimper sur ses toits. Par la suite, Umbo et Rigg lui avaient décrit O – une « vraie ville », d’après eux – mais sans s’étendre sur les détails.
Puis était venue cette cité déserte, dans l’entremur de Vadesh. Mais, là encore, leur exploration s’était limitée à ses faubourgs et sous-sols, vers lesquels ils s’étaient carapatés sans même s’offrir un crochet par le sommet d’une tour.
Si bien que rien dans la vie de Param ne l’avait préparée au paysage offert depuis leur nouveau belvédère, pas même les premiers kilomètres dans l’entremur d’Odin, ces terres peuplées d’étranges êtres arboricoles, sans une maison, une baraque, une hutte ou même une tente à l’horizon. Une vaste vallée s’étendait désormais devant eux, creusée en son milieu par une rivière aux flots impétueux.
Le versant qui s’ouvrait sous leurs pieds était couvert d’une centaine d’habitations sommaires, simples tertres renforcés d’occasionnels murs, poteaux et toits. La pente ressemblait aujourd’hui à un champ de dunes mi-terreuses mi-herbeuses, en raison de la poussière soufflée en continu par le vent d’est, et accrochée par le relief au passage. Mais les restes de constructions humaines suffisaient par leur nombre à conférer à l’ensemble une impression d’ampleur – sinon de désolation.
En face, l’histoire était tout autre. Sur le versant opposé, qui se redressait peu à peu en un haut plateau, les constructions de bric et de broc avaient en effet cédé la place à de somptueuses tours. La plupart se réduisaient à des squelettes de madriers, mais du fait de leur hauteur et de l’absence de façade, Param pouvait voir à travers chacune d’elles, jusqu’au sommet de la pente.
Sur le replat de la butte, cette architecture élancée disparaissait au profit de bâtiments plus tassés, étroits, qui avaient fait front contre les bourrasques pour préserver leurs façades. Celles-ci exhibaient les vestiges de riches ornementations et de peintures vives. Chacune était percée d’innombrables fenêtres.
Param entreprit de décompter les bâtiments ; elle s’arrêta à deux cents.
« Combien de personnes vivaient ici ? Vingt mille au moins ! hasarda-t-elle.
— Presque, indiqua Saute-Nuages. Plus ou moins un million. Et la ville qui s’étendait sur les berges de la rivière en comptait à peu près autant. »
Elle disait vrai. Malgré une perspective faussée par les dimensions et le relief de la vallée, et une visibilité limitée par la végétation autour, il apparaissait clairement que les tours vides en contrebas rivalisaient en nombre avec les maisons de la ville haute. Ne manquaient que leurs façades.
« Un million… » se mit à rêver Param.
Ce nombre théorique dépassait son imagination. Et Aressa Sessamo qui s’enorgueillissait de ses deux cent mille habitants… Cette cité les aurait engloutis dans un seul quartier !
« Comment faisiez-vous pour nourrir autant de monde ?
— Ce n’était pas un problème, affirma Père-Souris. Nos rendements agricoles sont cent fois supérieurs à ceux des exploitations rudimentaires de l’entremur de Ram. Notre plus gros souci a toujours été l’énergie et les déchets.
— Les fosses septiques devaient vite déborder avec autant d’habitants… » commenta Rigg.
Umbo salua la brillante intervention d’un rire tout en finesse.
Ce que les garçons pouvaient être pipi-caca ! Param se demanda quand ils se décideraient à changer de registre. À devenir adultes, comme Olivenko.
« Que sont-ils devenus ? s’enquit Param.
— Ils sont morts, quelle question ! répliqua Saute-Nuages.
— Que s’est-il passé ? Une épidémie ? Une guerre ? chercha à comprendre Param. Ils ne sont pas morts de faim, si la nourriture abondait. »
Il n’y avait pas cinquante raisons pour une ville de se vider de ses habitants, d’après ce qu’avait appris la princesse dans les livres.
« Non, vous n’y êtes pas, l’aida Père-Souris. Nous mourrions jeunes à l’époque – à cent ans, en moyenne. Un âge où vos fonctions vitales déclinent et où la vie perd de sa saveur. La plupart y perdent forcément goût. Du moins m’a-t-on dit.