Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Романы для взрослых » Historiettes, Contes Et Fabliaux

Электронная книга - «Historiettes, Contes Et Fabliaux». Краткое содержание книги:

Historiettes, Contes Et Fabliaux
1 ... 38 39 40 41 42 43 44 45 46 ... 51
Перейти на страницу:

Cette perte ne rendit Bernac que plus entreprenant, et s’il s’était maintenu dans quelques bornes du vivant des parents de sa femme, il ne garda plus nulle mesure dès qu’elle les eut perdus et qu’il la vit dans l’impossibilité d’implorer des vengeurs. Ce qui n’avait d’abord l’air que d’un badinage, devint peu à peu un tourment réel; Mlle de Lurcie n’y put tenir, son cœur s’aigrit, elle ne songea plus qu’à la vengeance. Mlle de Lurcie voyait fort peu de monde, son mari l’isolait autant qu’il était possible; le chevalier d’Aldour son cousin, malgré toutes les représentations de Bernac n’avait point cessé de voir sa parente, ce jeune homme était de la plus jolie figure du monde et ce n’était pas sans intérêt qu’il persistait à fréquenter sa cousine; comme il était fort répandu dans le monde, le jaloux, crainte d’être persiflé, n’osait trop l’éloigner du logis… Mlle de Lurcie jeta les yeux sur ce parent pour s’affranchir de l’esclavage dans lequel elle vivait: elle écouta les jolis propos que lui tenait journellement son cousin, et définitivement elle s’ouvrit tout à fait à lui, elle lui avoua tout.

– Vengez-moi de ce vilain homme, lui dit-elle, et vengez-m’en par une scène assez forte pour que lui-même n’ose jamais la divulguer: le jour où vous réussirez sera celui de votre triomphe, je ne suis à vous qu’à ce prix.

D’Aldour enchanté promet tout et ne travaille plus qu’au succès d’une aventure qui va lui assurer de si jolis moments. Quand tout est en état:

– Monsieur, dit-il à Bernac un jour, j’ai l’honneur de vous appartenir de trop près, et ma confiance en vous est trop entière pour ne pas vous faire part de l’hymen secret que je viens de contracter.

– Un hymen secret, dit Bernac enchanté de se voir débarrassé par là du rival qui le faisait frémir.

– Oui, monsieur, je viens de me lier au sort d’une épouse charmante et c’est demain qu’elle doit me rendre heureux; c’est une fille sans bien, je l’avoue, mais que m’importe, j’en ai pour tous les deux; j’épouse, il est vrai, une famille entière, elles sont quatre sœurs vivant toutes ensemble, mais comme leur société est douce, ce n’est pour moi qu’un surcroît de bonheur… Je me flatte, monsieur, continue le jeune homme, que ma cousine et vous me ferez demain l’honneur de venir au moins au repas de noces.

– Monsieur, je sors fort peu et ma femme encore moins, nous vivons tous les deux dans une grande retraite, elle s’y plaît, je ne la gêne point.

– Je connais vos goûts, monsieur, reprend d’Aldour, et je vous réponds que vous serez servi à souhait… j’aime autant la solitude que vous, j’ai d’ailleurs des raisons de mystère, je vous l’ai dit: c’est à la campagne, il fait beau, tout vous invite et je vous donne ma parole d’honneur que nous serons absolument seuls.

Lurcie au fait laisse entrevoir quelque désir, son mari n’ose la contrarier devant d’Aldour, et la partie se forme.

– Deviez-vous vouloir une telle chose, dit le grondeur dès qu’il se retrouve seul avec sa femme, vous savez bien que je ne me soucie point de tout cela, je saurai rompre tous ces désirs, et je vous préviens que dans peu mon projet est d’aller vous consigner dans une de mes terres où vous ne verrez jamais que moi.

Et comme le prétexte fondé ou non ajoutait beaucoup aux attraits des scènes luxurieuses dont Bernac inventait des plans quand la réalité lui manquait, il saisit l’occasion, fait passer Lurcie dans sa chambre et lui dit:

– Nous irons… oui, je l’ai promis, mais vous allez payer cher le désir que vous en avez montré…

La pauvre petite malheureuse se croyant près du dénouement, souffre tout sans se plaindre.

– Faites ce qu’il vous plaira, monsieur, dit-elle humblement, vous m’avez accordé une grâce, je ne vous dois que de la reconnaissance.

Tant de douceur, tant de résignation eût désarmé tout autre qu’un cœur pétri de vice comme celui du libertin Bernac, mais rien n’arrête celui-ci, il se rend heureux, on se couche tranquille; le lendemain d’Aldour, suivant la convention, vient chercher les deux époux et l’on part.

– Vous voyez, dit le jeune cousin de Lurcie en entrant avec le mari et la femme dans une maison extrêmement isolée, vous voyez que ceci n’a pas trop l’air d’une fête publique; pas une voiture, pas un laquais, je vous l’ai dit, nous sommes absolument seuls.

Cependant quatre grandes femmes d’environ trente ans, fortes, vigoureuses et de cinq pieds et demi de haut chacune, s’avancent sur le perron et viennent le plus honnêtement du monde recevoir M. et Mme de Bernac.

– Voilà ma femme, monsieur, dit d’Aldour en en présentant une d’elles, et ces trois-ci sont ses sœurs; nous nous sommes mariés ce matin à la pointe du jour à Paris, et nous vous attendons pour célébrer les noces.

Tout se passe en politesses réciproques; après un instant de cercle dans le salon, où Bernac se convainc à son grand contentement qu’il est aussi seul qu’il a pu le désirer, un laquais annonce le dîner, et l’on se met à table; rien de plus gai que le repas, les quatre prétendues sœurs très accoutumées aux saillies, unirent à table toute la vivacité et tout l’enjouement possibles, mais comme la décence ne s’oubliait pas une minute, Bernac trompé jusqu’au bout se croit dans la meilleure compagnie du monde; cependant Lurcie enchantée de voir son tyran dans le lac, s’égayait avec son cousin et décidée par désespoir à renoncer enfin à une continence qui ne lui avait jusque lors rapporté que des chagrins et que des larmes, elle sablait avec lui le champagne en l’accablant des plus tendres regards; nos héroïnes qui avaient des forces à prendre s’en donnaient également de leur côté, et Bernac entraîné, ne soupçonnant encore qu’une joie simple dans de telles circonstances, ne se ménageait guère plus que le reste de la société. Mais comme il ne fallait pourtant pas perdre la raison, d’Aldour interrompt à temps et propose d’aller prendre le café.

– Parbleu, mon cousin, dit-il dès qu’il est pris, daignez venir visiter ma maison, je sais que vous êtes un homme de goût, je l’ai achetée et meublée exprès pour mon mariage, mais je crains d’avoir fait un mauvais marché, vous me direz votre avis s’il vous plaît.

– Volontiers, dit Bernac, personne ne s’entend comme moi dans ces choses-là, et je m’en vais vous estimer le tout à dix louis près, je le parie.

D’Aldour s’élance sur l’escalier en donnant la main à sa jolie cousine, on place Bernac au milieu des quatre sœurs, et l’on s’introduit en cet ordre dans un appartement très sombre et très écarté, absolument au bout de la maison.

– C’est ici la chambre nuptiale, dit d’Aldour au vieux jaloux, voyez-vous ce lit, mon cousin, voilà où l’épouse va cesser d’être vierge; n’est-il pas temps depuis qu’elle languit?

1 ... 38 39 40 41 42 43 44 45 46 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)