Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le Lis et le Lion - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Lis et le Lion

Электронная книга - «Le Lis et le Lion». Краткое содержание книги:

Avec la mort de Charles IV le Bel s'éteint la dynastie capétienne. La branche Valois la remplace dans le ciel de France.
Le comte Robert d'Artois anime ces années décisives pour l'Occident européen. Nul ne s'est dépensé plus que lui pour faire attribuer la couronne à son cousin Philippe de Valois. En échange, il attend qu'on lui rende le comté de ses aïeux. Pour soutenir son bon droit, rien ne l'arrête : ni l'usage de faux, ni le parjure ou les crimes. Déchu de ses titres, banni de sa patrie, c'est lui qui prononcera, devant le roi Edouard III et le Parlement d'Angleterre, la harangue qui sera le premier acte de la guerre de Cent Ans.
1 ... 37 38 39 40 41 42 43 44 45 ... 83
Перейти на страницу:

Quand il paraîtra au royaume d’Angleterre un homme capable d’accomplir telles choses que vous venez d’énumérer, vous vous soumettrez à lui derechef, tout également que vous me fûtes soumis. Mais je ne crois pas qu’il naisse de sitôt… À présent il est temps d’en finir. Est-ce maintenant que vous me conduisez ?

Il semblait donner encore des ordres et commander sa propre exécution.

Oui, my Lord, dit le comte de Norfolk, c’est à présent. Nous vous menons aux Common Gallows.

Les Common Gallows, le gibet des voleurs, des bandits, des faussaires, des vendeurs de filles, le gibet de la crapule…[19]

Bien, allons ! dit Mortimer.

Mais auparavant, vous devez être dépouillé, pour la claie.

Fort bien, dépouillez-moi.

On lui ôta ses vêtements, ne lui laissant qu’une toile autour des reins. Il sortit ainsi, nu parmi cette escorte chaudement vêtue, sous une petite pluie bruinante de novembre. Son haut corps musclé faisait une tache claire parmi toutes les robes sombres des shérifs, et les vêtements de fer de la garde.

La claie était dans le Green, construite de lattes rugueuses posées sur deux patins, et accrochée aux harnais d’un cheval de trait.

Mortimer conserva son sourire méprisant pour regarder cet équipage. Que de soins, que d’application à l’humilier ! Il se coucha sans aide et on lui lia les poignets et les chevilles aux traverses de bois ; puis le cheval se mit en marche et la claie commença de glisser, d’abord doucement sur l’herbe du Green, puis en raclant le gravier et les pierres du chemin.

Le maréchal d’Angleterre, le Lord-maire, les délégués du Parlement, le constable de la Tour, suivaient ; une escorte de soldats, la pique sur l’épaule, ouvrait la route et protégeait la marche.

Le cortège sortit de la forteresse par la Traitors Gate où une foule attendait, curieuse, houleuse, cruelle, qui ne fit que grossir le long du chemin.

Quand on a généralement considéré les multitudes du haut d’un cheval ou d’une estrade, c’est une impression étrange que de les regarder soudain depuis le niveau du sol, d’apercevoir tous ces mentons agités, toutes ces bouches déformées par les cris, ces milliers de narines ouvertes. Les hommes ont vraiment de mauvais visages observés ainsi, et les femmes également, des visages grotesques et méchants, d’affreuses gueules de gargouilles sur lesquelles on n’a pas assez frappé lorsqu’on était debout ! Et sans cette petite bruine qui lui tombait droit dans les yeux, Mortimer, secoué et cahoté sur sa claie, aurait mieux pu voir ces faces de haine.

Quelque chose de visqueux et de mou l’atteignit à la joue, lui coula dans la barbe ; Mortimer comprit que c’était un crachat. Et puis, une douleur aiguë, perçante, le traversa tout entier ; une main lâche lui avait lancé une pierre au bas-ventre. Sans les piquiers, la foule, s’enivrant de ses propres hurlements, l’eût déchiré sur place.

Il avançait sous une voûte sonore d’insultes et de malédictions, lui qui, six ans plus tôt, sur toutes les routes d’Angleterre, n’entendait s’élever que des acclamations. Les foules ont deux voix, une pour la haine, l’autre pour l’allégresse ; c’est merveille que tant de gorges hurlant ensemble puissent produire deux rumeurs si différentes.

Et brusquement, ce fut le silence. Était-on déjà parvenu au gibet ? Mais non ; on était entré à Westminster et l’on faisait passer la claie lentement sous les fenêtres où se pressaient les membres du Parlement. Ceux-ci se taisaient en contemplant, traîné comme un arbre fourchu sur les pavés, celui qui tant de mois les avait pliés à sa volonté.

Mortimer, les yeux emplis de pluie, cherchait un regard. Peut-être, par suprême cruauté, avait-on fait obligation à la reine Isabelle d’assister à son supplice ? Il ne l’aperçut pas.

Puis le cortège se dirigea vers Tyburn. Arrivé aux Common Gallows, le condamné fut délié et rapidement confessé. Une dernière fois Mortimer domina la foule, du haut de l’échafaud. Il souffrit peu, car la corde du bourreau, en le soulevant brusquement, lui rompit les vertèbres.

La reine Isabelle se trouvait ce jour-là à Windsor où elle se remettait lentement d’avoir perdu, en même temps que son amant, l’enfant qu’elle attendait de lui.

Le roi Édouard fit savoir à sa mère qu’il viendrait passer avec elle les fêtes de Noël.

IV

UN MAUVAIS JOUR

Par les fenêtres de la maison Bonnefille, Béatrice d’Hirson regardait la pluie tomber dans la rue Mauconseil. Depuis plusieurs heures elle attendait Robert d’Artois qui lui avait promis de la rejoindre, cet après-midi-là. Mais Robert ne tenait aucunement ses promesses, les petites pas plus que les grandes, et Béatrice se jugeait bien stupide de le croire encore.

Pour une femme qui attend, un homme a tous les torts. Robert ne lui avait-il pas promis aussi, et depuis près d’un an, qu’elle serait dame de parage en son hôtel ? Au fond, il n’était pas différent de sa tante ; tous les Artois se ressemblaient. Des ingrats ! On se crevait à faire leurs volontés ; on courait les herbières et les jeteurs de sorts ; on tuait pour servir leurs intérêts ; on risquait la potence ou le bûcher… car ce n’eût pas été Monseigneur Robert qu’on eût arrêté si l’on avait pris Béatrice à verser l’arsenic dans la tisane de Madame Mahaut, ou le sel de mercure dans le hanap de Jeanne la Veuve. « Cette femme, aurait-il dit, je ne la connais pas ! Elle prétend avoir agi sur mon ordre ? Menteries. Elle était de la maison de ma tante, pas de la mienne. Elle invente fables pour se sauver. Faites-la donc rouer. » Entre la parole d’un prince de France, beau-frère du roi, et celle d’une quelconque nièce d’évêque, dont la famille n’était même plus en faveur, qui dont aurait hésité ?

« Et j’ai fait tout cela pour quoi ? pensait Béatrice. Pour attendre ; pour attendre, esseulée en ma maison, que Monseigneur Robert daigne une fois la semaine me visiter ! Il avait dit qu’il viendrait après Vêpres ; voici le Salut sonné. Il a dû encore ripailler, traiter trois barons à dîner, parler de ses grands exploits, des affaires du royaume, de son procès, flatter de la main le rein de toutes les chambrières. Même la Divion mange à sa table, à présent, je le sais ! Et moi je suis ici à regarder la pluie. Et il arrivera à la nuitée, lourd, rotant beaucoup et les joues enflammées ; il me dira trois fadaises, s’écroulera sur le lit pour y dormir une heure, et repartira. Si même il vient… »

Béatrice s’ennuyait, plus encore qu’à Conflans dans les derniers mois de Mahaut. Ses amours avec Robert s’enlisaient. Elle avait cru piéger le géant, mais c’était lui qui avait gagné. La passion contrariée, humiliée, se changeait en sourde rancune. Attendre, toujours attendre ! Et ne pas même pouvoir sortir, courir les tavernes avec quelque amie à la recherche de l’aventure, parce que Robert pourrait justement survenir dans ce moment-là. En plus, il la faisait surveiller !

Elle comprenait bien que Robert se détachait d’elle et ne la voyait plus que par obligation, comme une complice qu’il faut ménager. Deux semaines entières se passaient parfois sans qu’il lui témoignât de désir.

« Tu ne gagneras pas toujours, Monseigneur Robert ! » disait-elle tout bas. Elle commençait secrètement de le haïr, faute de le posséder assez.

Elle avait essayé les meilleures recettes de philtres d’amour : Tirez de votre sang, un vendredi de printemps ; mettez-le sécher au four dans un petit pot, avec deux couillons de lièvre et un foie de colombe ; réduisez le tout en poudre fine et faites-en avaler à la personne sur qui vous avez dessein ; et si l’effet ne se sent pas à la première fois, réitérez jusqu’à trois fois.

вернуться

19

Les Common Gallows de Londres (le Montfaucon des Anglais), où étaient exécutés la plupart des condamnés de droit commun, étaient situés en bordure des bois de Hyde Park, au lieu appelé Tyburn, et qu’occupe actuellement Marble Arch. Pour y parvenir, depuis la Tour, il fallait donc traverser tout Londres, et sortir de la ville. Ce gibet fut utilisé jusqu’au milieu du XVIIIème siècle. Une plaque discrète en signale l’emplacement.

1 ... 37 38 39 40 41 42 43 44 45 ... 83
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)