Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «La victoire d'Angélique». Краткое содержание книги:

La victoire d'Angélique
1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 156
Перейти на страницу:

Ce serait la première mort à Wapassou.

Lymon White, un des quatre premiers mineurs qui avait œuvré sur Wapassou, occupait l'ancienne habitation, celle qui avait abrité le premier hivernage de la recrue de Peyrac lorsqu'il était venu, avec femme et enfants. Quand par la suite on avait pu s'installer plus largement, l'Anglais avait préféré y demeurer, ayant ses habitudes et aimant la solitude. Il était muet car les puritains de Boston lui avaient coupé la langue pour cause de blasphème.

C'était un homme pieux, travailleur, très capable, très obligeant. Il avait demandé de poursuivre certains travaux de traitement du minerai pour lequel les anciennes installations du petit fortin étaient encore suffisantes. De plus, comme il était armurier de profession, et avait été chargé dans la première équipe de l'entretien des armes, il continuait à assumer cette activité qui avait pris évidemment de l'ampleur. Périodiquement, les uns et les autres lui apportaient leurs armes à réviser, réparer, graisser. L'on trouvait chez lui des fusils de traite et de chasse, des mousquets, canardières, des arquebuses à mèches et à rouet, des fusils à silex, pistolets variés, et jusqu'à des arbalètes... ainsi que des brassées de lames d'épées, sans gardes, ni manches, très recherchées par les Indiens qui en faisaient un outil universel de ménage et de combat à l'occasion de chasse et de pêche.

Lorsqu'on entrait dans la grande salle, on se trouvait devant un véritable arsenal. Il fabriquait aussi de la poudre et des balles.

Angélique aimait à revoir ce premier abri qui lui rappelait des souvenirs de jours, qu'après les avoir traversés victorieusement, on estimait heureux.

L'Anglais muet avait installé l'Espagnol dans son propre lit. En apercevant Don Juan Alvarez soutenu par des oreillers, très amaigri, très jaune, Angélique eut une mauvaise impression. Elle aussi se reprocha de n'avoir pas accordé à tous assez d'attention. Il y avait trop de monde maintenant à Wapassou, trop d'enfants à surveiller, trop de bavards à écouter, et ceux qui voulaient se taire et aller rendre leur dernier soupir dans un coin, avaient beau jeu.

– Mais pourquoi ?... lui dit-elle en se précipitant à genoux à son chevet. Cher Don Alvarez, vous n'avez jamais voulu vous laisser soigner ! Vous ne voulez pas avoir à vous abaisser devant une femme, même s'il ne s'agit que de lui demander une tasse de tisane. Et voilà où vous en êtes maintenant...

Elle avança la main vers le buste du malade, mais il la retint. C'était le geste instinctif d'un homme à bout de souffrances et que le moindre effleurement ferait gémir.

– Non, madame ! Je sais que vos mains sont guérisseuses. Mais il est trop tard pour moi.

Elle avait senti la tumeur.

Joffrey de Peyrac, en espagnol, adressa des reproches amicaux à son capitaine des gardes.

Tandis qu'ils revenaient vers le fort, elle devinait sa tension, une peine sourde en lui dont la vibration l'atteignait, elle, car elle l'avait toujours cru d'airain. Depuis combien d'années avait-il près de lui, ce groupe de mercenaires espagnols ? Où les avait-il recrutés ? Quels combats avaient-ils traversés ensemble ?...

Le comte demanda :

– Que pensez-vous de son état ?

– Il est perdu !

Elle ajouta aussitôt :

– Mais je le guérirai...

*****

– Elle l'a guéri... Elle l'a guéri !... Il paraît qu'il est guéri !

Le bruit se répandit et personne ne voulait y croire. Parce qu'Angélique, chaque jour, plusieurs fois par jour, s'était rendue avec son sac et ses plantes à la cabane où se mourait l'Espagnol, parce qu'elle en parlait peu et ne faisait pas de confidences, l'opinion générale avait admis la gravité de la maladie de Don Juan Alvarez. Et, s'était établie peu à peu cette retenue mélancolique qui plane sur tous les actes de la vie lorsqu'on attend, sans se le dire, une fin prochaine.

Certains envisageaient que Noël serait triste et endeuillé.

À Noël, Don Juan Alvarez ne put encore participer aux festivités, mais il reçut par groupes ses amis venus lui porter leurs vœux. Il était assis dans un grand fauteuil en forme de tétraèdre qui était le seul mobilier de l'Anglais et dans lequel il s'asseyait pour lire sa Bible.

La récompense d'Angélique, c'était cette étincelle heureuse dans le regard de l'homme qu'elle aimait.

– Quel trésor n'ai-je pas reçu avec vous, sur cette Terre ? murmurait-il en l'enlevant dans ses bras pour mieux la serrer contre lui.

Elle lui faisait alors remarquer qu'elle n'aurait pas dit : « Je le guérirai », si elle avait senti que c'était impossible. Elle sentait qu'elle pouvait le guérir, c'est tout.

Et il y avait ces livres, tous ces livres de la science médicinale qu'il avait fait venir pour elle et ces grimoires de Shapleigh qu'elle déchiffrait chaque jour, d'étonnantes recettes dont elle avait étudié la composition, il y avait des souvenirs de ce que lui avait enseigné la sorcière Mélusine.

Durant ces années d'Amérique, elle avait pu, dans le calme de Wapassou, se livrer à des travaux et des expériences dont, en France, elle aurait été détournée à la fois par son rang et par la suspicion dont toute femme se chargeant de guérir était atteinte depuis la chasse aux sorcières, tandis que des hommes ignares, mais universitaires, appelés médecins, prenaient leur place au chevet des malades.

Elle passait de longues heures dans les deux grandes pièces où Joffrey lui avait fait installer son apothicairerie, et qui bientôt pourrait rivaliser avec celles des abbayes les plus célèbres.

Durant la maladie de l'Espagnol, elle fit porter dans la maison de Lymon White quantité de bocaux et de sachets de plantes, ayant remarqué un cellier désaffecté, aux parois recouvertes d'un enduit qui défendait de l'humidité. Après l'armurerie, l'ancien poste de Wapassou devenait un entrepôt de la pharmacopée. Ce détail, plus tard, aurait son importance.

La neige s'était installée, mais les grandes tempêtes ne s'étaient pas encore déchaînées. On put ramener l'Espagnol au fort pour sa convalescence. Un appartement lui fut ménagé non loin du leur et les enfants lui rendaient visite. Il était le parrain de Raimon-Roger, comme un des autres militaires espagnols était celui de Gloriandre. À Salem, comme ils montaient la garde au pied de l'escalier, sur le point de baptiser les nouveau-nés mourants, la sage-femme irlandaise les avaient requis pour servir de compères à deux de ses filles désignées comme marraines. Il n'était pas facile de trouver des catholiques dans une ville comme Salem. Le ciel lui avait envoyé des Espagnols.

On commença de creuser des tranchées et de tracer des chemins dans la neige avec de lourds madriers disposés en triangle et que tiraient les chevaux.

Par ces chemins, pour se rendre d'une maison à l'autre, souvent Angélique prenait la main de Charles-Henri et l'emmenait avec elle.

1 ... 35 36 37 38 39 40 41 42 43 ... 156
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)