Un procès pour les étoiles
- Автор: Сойер Роберт Джеймс
- Год: 2001
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-31452-8
- Переводчик: Nathalie Serval
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Un procès pour les étoiles». Краткое содержание книги:
— La composition chimique du plasma est assez proche de celle de l’eau de nos océans. À l’intérieur flottent diverses structures spécialisées dont certaines assurent la distribution de l’oxygène, d’autres permettent de guérir lésions et infections, ainsi que des composants nerveux libres.
— Fascinant, murmure Frank Nobilio dans le dos de Dale.
— Des composants nerveux libres ? répète Ziegler.
— C’est ça. Ceux-ci sont produits par le kivart, un organe que possède chacun de nous. Les flotteurs jouent un rôle crucial dans le contrôle de l’activité musculaire.
— Comment réagit votre sang quand il est exposé à l’air libre ?
— Il se cristallise et forme une couche protectrice sur la plaie.
— De quelle couleur sont ces cristaux ?
— Rose.
— Votre Honneur je souhaite faire enregistrer la pièce quarante-deux du ministère public, c’est-à-dire les cristaux roses recueillis sur le sternum du docteur Calhoun, ainsi que la pièce soixante-trois, soit le résultat de l’analyse pratiquée par le département de chimie de l’UCLA sur lesdits cristaux.
— Maître Rice ?
— Pas d’objection.
— C’est enregistré.
— Stant, à en juger par leur aspect et leur composition, pouvez-vous formuler une hypothèse sur la nature de ces cristaux ?
— Il s’agit de sang. Du sang tosok.
— Du sang provenant de l’un de vous sept ?
— Cela, je ne peux l’affirmer d’emblée. Il pourrait aussi bien provenir d’un animal originaire de notre monde.
— Donc, il s’agit du sang d’un Tosok ou d’une forme de vie apparentée ?
— Certainement.
— Vous avez mentionné la présence de structures spécialisées dans le sang tosok. S’agit-il de cellules ?
— Pour la plupart, oui.
— Les cellules tosoks contiennent-elles les empreintes génétiques d’un individu ?
— Oui.
— Ces empreintes sont-elles inscrites dans l’acide désoxyribonucléique ?
— Non.
— Dans un constituant chimique comparable à l’ADN, alors ?
— En réalité, j’ignore tout de votre ADN, bien que les docteurs Smathers et Nobilio m’en aient un peu parlé au début de notre séjour – c’était avant qu’ils ne remarquent notre réticence devant ces questions. Le système codant pour notre molécule génétique est de type binaire, caractérisé par la présence ou l’absence de groupes de méthyles.
— Sans entrer dans les détails, peut-on dire que ce système sert à coder une grande masse d’informations ?
— Oui.
— Donc, si le sang tosok contient des cellules véhiculant elles-mêmes un grand nombre d’informations génétiques, il doit être possible d’identifier un individu d’après son sang ?
Stant regarde tour à tour le juge, Dale puis Ziegler. Pendant ce temps, l’aiguille des minutes de la grande horloge analogique qui orne le fond de la salle avance d’un cran avec un ronflement sonore.
— Je souhaite invoquer le Cinquième Amendement, déclare-t-il enfin.
Un murmure parcourt l’assistance.
— Je… je vous demande pardon ? balbutie Ziegler.
— Je crois avoir correctement formulé ma demande. J’invoque le Cinquième Amendement pour ne pas répondre.
À la table de la défense, Dale Rice et Michiko Katayama ont un conciliabule. Depuis sa chaise, Frank se penche vers eux pour entendre alors que les journalistes griffonnent avec frénésie.
— À quel passage du Cinquième Amendement faites-vous allusion ? interroge Ziegler.
— « Nul ne peut être tenu de témoigner contre lui lors d’un procès criminel. »
— En quoi cela s’applique-t ;1 ici ? Dale jaillit de sa chaise.
— Objection ! Le témoin a déjà invoqué son droit de ne pas répondre.
— Je demande aux parties d’approcher.
Dale, Ziegler et leurs collaborateurs obtempèrent aussitôt.
— Que se passe-t-il au juste, maître Ziegler ? demande le juge avec une pointe d’impatience.
— Je n’en ai pas la moindre idée, Votre Honneur.
— Stant a-t-il un avocat ?
— Je veux bien assurer sa défense, avance Dale.
— Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, lui retourne le juge. Se pourrait-il qu’il n’ait pas compris le sens du Cinquième Amendement ?
— Au contraire, répond Dale, il l’a très bien compris. Maître Ziegler tente de lui faire dire qu’il est possible de déchiffrer les empreintes génétiques d’un Tosok à partir de son sang. En invoquant le Cinquième Amendement, Stant laisse entendre que c’est impossible et que la pièce précédemment enregistrée pourrait le faire suspecter au même titre que Hask.
— Il y a une autre explication, intervient Michiko. Hask étant son demi-frère, il se pourrait qu’ils aient le même profil génétique, auquel cas il risque d’être incriminé à son tour.
— J’aurais préféré que le jury n’assiste pas à ceci, remarque le juge en pinçant les lèvres. C’est bon, vous pouvez regagner vos places. Maître Ziegler, reprend-elle à voix haute, avez-vous des questions touchant à d’autres domaines que celui pour lequel Mr Stant a fait valoir son droit au silence ?
Ziegler lance un regard écœuré à Stant avant de répondre :
— Non, Votre Honneur.
— Maître Rice ?
Dale, qui n’avait pas encore regagné sa chaise, se retourne en entendant prononcer son nom.
— Mr Stant, y a-t-il des facteurs qui puissent provoquer la chute des écailles en dehors de la mue ?
— Certainement.
— Lesquels ?
— Un frottement.
— Vous voulez dire qu’un Tosok qui se cognerait dans un meuble pourrait perdre des écailles ?
— Il faudrait un choc important, mais oui, c’est possible.
— Quelqu’un pourrait-il arracher les siennes, de façon délibérée ?
— Ce serait douloureux, néanmoins c’est possible.
— Vous avez évoqué une substance chimique capable de provoquer la mue…
— Oui, le Despodalk.
— Ce Despodalk… Vous avez dit qu’il y en avait à bord de votre vaisseau ?
— Exact.
— À des fins médicales ?
— Oui.
— Je suppose qu’il existe une liste des produits stockés à votre bord ?
— Oui.
— Avez-vous vérifié s’il vous manquait du Despodalk ?
— Je l’ai fait, à la requête de l’inspecteur Perez.
— En manquait-il ?
— D’après la liste, non. Mais…
— Merci. À présent…
— Attendez…
— C’est moi qui mène l’interrogatoire, Mr Stant. Vous ne devez pas m’interrompre.
— Mais vous m’avez fait jurer devant Dieu de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, aussi…
— Je souhaiterais poursuivre.
— Je n’ai pas fini de répondre, proteste Stant en se tournant vers le juge.
Celle-ci l’approuve d’un signe de tête.
— J’invite Mr Stant à compléter sa réponse.
— Merci. La quantité de Despodalk trouvée à notre bord correspondait à celle mentionnée dans l’inventaire. Mais ce dernier figure dans ce que vous appelez un fichier ouvert, accessible à tous. Il n’est rien de plus simple que de prendre un flacon de l’un ou l’autre produit et de faire disparaître toute trace du larcin en rectifiant l’inventaire après coup. Moi-même, je n’ai aucune idée de la quantité de Despodalk qui se trouvait à bord au départ de notre planète. Par conséquent, je ne saurais dire si la liste actuelle a été ou non modifiée.
— Votre Honneur, je demande que la dernière remarque du témoin soit rayée du compte-rendu.