Un procès pour les étoiles
- Автор: Сойер Роберт Джеймс
- Год: 2001
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-31452-8
- Переводчик: Nathalie Serval
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Un procès pour les étoiles». Краткое содержание книги:
— En dehors de Hask, répond Stant après un temps de réflexion, j’ai deux autres demi-frères issus de ma mère. En outre, mon père a fécondé trois autres femelles. Les produits de ces unions sont aussi mes frères et sœurs. En fait, la plupart des gens que je connais me sont plus ou moins étroitement apparentés. Rendo, par exemple, dit-il en désignant un Tosok à la peau bleu-vert, est aussi mon parent, quoique à un degré moindre que Hask. Ces liens n’ont que peu d’importance à nos yeux et n’influent en rien sur nos relations personnelles.
— Merci. La motion du ministère public est rejetée, conclut le juge. Veuillez poursuivre l’interrogatoire du témoin, maître Ziegler.
— Stant, quelle profession exercez-vous ?
— Je suis biochimiste.
Ziegler a l’air soulagé d’obtenir enfin une réponse conforme à ce qu’elle attendait.
— Où avez-vous reçu votre formation ?
— Objection, Votre Honneur, fait Dale en se levant. La Cour n’a aucun moyen de vérifier ces informations.
— Objection rejetée.
— Veuillez répondre à la question, Stant.
— J’ai été formé par Kest<clic> à Deta<pop>darl.
— Votre Honneur, insiste Dale, c’est du charabia. Nous protestons avec vigueur.
— Objection rejetée. Veuillez vous rasseoir, maître Rice. Ziegler remercie le juge d’un signe de tête.
— Essayons autrement, Stant. Cela fait combien de temps que les Tosoks sont arrivés sur Terre ?
— Environ 1,2 année terrestre.
— Vos études de biochimie ont-elles duré plus d’1,2 année terrestre ?
— Beaucoup plus.
— Donc, nul être humain n’a eu le temps d’acquérir une expérience égale à la vôtre en biochimie tosok ?
— Logiquement, non.
— H se trouve actuellement sept Tosoks sur Terre, exact ?
— Exact.
— Êtes-vous plus versé en biochimie tosok que Hask ?
— Oui.
— Plus que Kelkad ?
— Oui.
— Plus que Rendo ?
— Oui.
— Plus que Torbat et Dodnaskak ?
— Oui.
— Et que Ged ?
— Oui.
— Il est donc juste de dire que, de votre groupe, c’est vous le plus compétent en biochimie tosok ?
— Oui.
— Et à l’échelle de cette planète ?
— Aussi.
— Objection ! s’exclame Dale. Ces affirmations sont dénuées de fondement.
— Objection rejetée. La Cour prend acte des qualifications de Mr Stant et fait part de sa satisfaction de voir un expert mondial témoigner devant elle, quelle que soit sa spécialité.
— À présent, Stant, j’aimerais vous poser quelques questions sur la peau des Tosoks, reprend Ziegler.
— Je vous écoute.
— Nous avons cru comprendre que les Tosoks muaient.
— C’est exact.
— Quelle est la fréquence de ces mues ?
— Elles obéissent à un cycle très précis et surviennent tous les… (il s’interrompt, produit son ordinateur de poche et tapote le clavier cruciforme), tous les onze cent quarante jours terrestres.
— Et pourquoi ces changements de peau ? Pour répondre à une poussée de croissance ?
— Objection ! La question est de nature à influencer le témoin.
— J’entends laisser ici une certaine latitude, rétorque le juge. Nous abordons des territoires inconnus, aussi évitons d’entraver inutilement le cours de la justice. Objection rejetée.
— C’est exact, reprend Stant. Les Tosoks grandissent tout au long de leur existence – pas beaucoup, mais assez pour que le tégument finisse par céder.
— Le processus est-il volontaire ou spontané ?
— Normalement, spontané.
— Qu’entendez-vous par là ?
— La mue s’effectue sans intervention extérieure. Mais on peut la provoquer à l’aide d’un agent chimique particulier.
— Cet agent chimique, comment se présente-t-il ?
— Comme un topique.
— C’est-à-dire qu’on l’étale sur la peau, c’est ça ?
— Oui. En application, il provoque un léger rétrécissement de la peau qui l’amène à se déchirer, comme lors d’un accès de croissance.
— À ce propos, la peau des Tosoks est-elle oui ou non constituée d’écailles ?
— Oui, bien que nos écailles ne se chevauchent pas comme chez vos reptiles et vos poissons. En fait, elles sont simplement juxtaposées.
— Ces écailles peuvent-elles se détacher au cours du processus ?
— Oui. Il arrive aussi qu’elles tombent avant une mue normale.
— Cette substance chimique dont vous parliez, est-il facile de se la procurer ?
— Sur Terre ? Je doute qu’elle existe seulement.
— Y en avait-il à bord de votre vaisseau ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— En cas de brûlures importantes, par exemple, le traitement habituel consiste à provoquer la chute de la peau endommagée.
— D’ordinaire, que fait-on du produit d’une mue ?
— On le jette.
— Procède-t-on d’une façon particulière ?
— Non. On le jette, c’est tout.
— Merci, Stant. Autre chose, à présent : les Tosoks ont-ils un appareil circulatoire ?
— Oui.
— Pourriez-vous nous le décrire ?
Stant dirige ses yeux de devant vers le juge.
— Votre Honneur, c’est une chose que d’évoquer l’enveloppe du corps, mais nous n’avons pas pour habitude d’exposer en public ses mécanismes internes.
— Je le comprends bien, mais ces informations nous sont nécessaires.
Stant reste un moment silencieux, puis il reprend :
— Je… Peut-être ma gêne serait-elle moins grande si aucun autre Tosok n’était présent.
— Nos lois exigent que l’accusé soit présent tout au long du procès mais si vous le souhaitez, je puis demander aux autres Tosoks de quitter la salle.
Dale pivote sur sa chaise pour considérer les six aliens, toujours assis près de l’huissier.
— Nous-mêmes, nous préférons sortir, déclare Kelkad.
— Très bien.
Les Tosoks se lèvent de leurs chaises spéciales et traversent la salle en quelques enjambées. Dale remarque que le toupet de cinq d’entre eux décrit des mouvements qu’il associe au soulagement. Celui de Ged, en revanche, reste immobile – un fameux vicelard, celui-là, dirait-on.
Une fois la porte de la salle d’audience refermée, Dale et le reste de l’assistance reportent leur attention sur Stant.
— Merci, Votre Honneur, fait le témoin.
— Je vous ai demandé de nous décrire l’appareil circulatoire tosok, lui rappelle Ziegler.
— Oui, acquiesce Stant avant de replonger dans son mutisme, comme si le courage de poursuivre lui faisait brusquement défaut. Nous avons quatre cœurs, reprend-il enfin, situés là, là, là et là. (Ce disant, il désigne quatre points régulièrement espacés dans la partie inférieure de sa poitrine.) Nous avons également quatre poumons, situés sous chacun des quatre cœurs. Sur une coupe transversale, ces poumons ont une forme semi-circulaire. Les cœurs distribuent le sang oxygéné par les poumons à travers tout le corps.
— Excepté le nombre et remplacement des organes, cet appareil circulatoire est globalement semblable à celui des hommes, exact ?
— Je suppose que oui.
— Vous avez mentionné le sang. De quoi celui-ci est-il composé ?