Un procès pour les étoiles
- Автор: Сойер Роберт Джеймс
- Год: 2001
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-290-31452-8
- Переводчик: Nathalie Serval
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Un procès pour les étoiles». Краткое содержание книги:
— Pas du tout.
— Le mieux qui pouvait vous arriver, c’était que la peau de Hask demeure introuvable. Ainsi, pas besoin de vérifier si les objets en forme de losange trouvés sur le lieu du crime s’inséraient dans les interstices laissés vacants par la chute d’éventuelles écailles. Pas besoin non plus d’expliquer comment il se faisait que cette peau soit propre et vierge de traces de sang…
— Objection ! piaille Ziegler.
— Rejetée, rétorque le juge. Mais modérez vos propos, maître Rice.
— Quel jour vous êtes-vous rendu à la décharge, Mr Perez ?
— Il faudrait que je consulte mes notes…
— Lors de votre première déposition, vous avez donné la date du 24 décembre.
— Ce doit être ça.
— Vous rappelez-vous quel temps il faisait ce jour-là ?
— Comme ça, de but en blanc, non.
— Votre Honneur, je souhaite présenter à la Cour ce bulletin du centre de météorologie LAX, prouvant que la température – 24° à l’ombre – était particulièrement élevée ce jour-là.
— Maître Ziegler ? interroge le juge Pringle.
— Pas d’objection.
— Présentez-le.
— 24° à l’ombre, répète Dale. On comprend que dans ces conditions, vous n’ayez pas eu envie de farfouiller parmi les ordures.
— J’ai fait mon travail.
— Et je ne vous parle pas de l’odeur… Même par un jour d’hiver normal, une décharge empeste. Par cette chaleur exceptionnelle, l’odeur devait être irrespirable.
— Pas que je m’en souvienne.
— Nul ne vous reprocherait de ne pas vous être attardé à fouiller dans ce tas d’immondices, ouvrant les sacs de plastique vert l’un après l’autre, le tout sous un soleil de plomb. Sans compter qu’on était la veille de Noël… On se doute que vous aviez hâte d’aller retrouver votre famille.
— J’ai effectué des recherches minutieuses.
— Vous avez tout intérêt à dire cela, non ?
— Objec…
— J’ai prêté serment, se défend Perez. Je ne fais que dire la vérité.
— Du calme, inspecteur, glisse Dale avec un sourire. Inutile de vous énerver. Je n’ai pas d’autres questions.
Chapitre 20
— Le ministère public appelle Stant à la barre.
Stant se soulève de sa chaise, franchit la barrière en bois et s’approche de la table du juge.
— Jurez-vous devant Dieu de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ?
— Je le jure.
— Votre nom, s’il vous plaît.
— Stant. Phonétiquement : S-T-A-N-T.
— Vous pouvez vous asseoir.
Tandis que Stant prêtait serment, un huissier a remplacé la chaise des témoins par une autre, conçue pour les Tosoks. Stant s’y trouve à son aise, les arcades du siège s’emboîtant dans le creux de l’articulation de ses jambes.
Linda Ziegler se lève à son tour.
— Stant, avant de commencer, je crois qu’il serait bon que nous revenions sur l’engagement que vous venez de prendre. Connaissez-vous la différence entre le mensonge et la vérité ?
— Bien sûr.
— Dans leur ensemble, les Tosoks ont-ils foi en un être supérieur ?
— Oui.
— S’agit-il d’une divinité créatrice ?
— Oui. Elle a créé l’univers et aussi certaines formes de vie.
— Vous-même, adhérez-vous à cette croyance ?
— Oui.
— Comprenez-vous pourquoi, dans un contexte judiciaire, on accorde une telle importance à la vérité ?
— On me Ta longuement expliqué. Je dirai la vérité.
— Merci, et pardon de vous avoir posé ces questions. Maintenant, Stant, veuillez nous dire quels sont vos liens avec l’accusé, Hask.
— Je suis son demi-frère.
— Je… je vous demande pardon ? bafouille Ziegler, visiblement déconcertée.
— Je crois avoir employé le terme adéquat. Nous sommes nés de la même mère mais de pères différents.
Ziegler jette un coup d’œil vers Dale. Si celui-ci partage son étonnement devant cette révélation, son visage n’en trahit rien. Puis elle dirige son regard vers Frank Nobilio, assis derrière l’avocat, qui, lui, a l’air totalement abasourdi. La question, purement formelle, appelait une réponse du style : « Je suis son coéquipier » ou « son camarade de bord ».
— Son demi-frère, répète Ziegler, histoire de se donner une contenance.
Stant incline son toupet en signe d’assentiment.
— Oui.
— Votre Honneur, reprend Ziegler, je demande la permission de considérer le témoin comme hostile.
— Je ne suis pas hostile, rétorque Stant.
— Par hostile, lui explique le juge, elle entend que vous vous opposez à l’accusation. À présent, veuillez garder le silence jusqu’à ce que j’aie statué.
Dale se lève alors, écartant ses bras immenses :
— Objection, Votre Honneur. Stant n’a fait montre d’aucune hostilité.
— Le fait d’être le frère de quelqu’un n’est pas forcément un motif d’hostilité, remarque le juge. Qui plus est, nous ignorons tout des liens familiaux chez les Tosoks. Je réserve mon opinion en attendant de plus amples informations.
— Très bien, reprend Ziegler en se tournant vers Stant. Nous allons tâcher d’éclaircir ce point. Stant, comment se fait-il que vous soyez le demi-frère de Hask ?
— J’ai des organes génitaux mâles. Sinon, je serais sa demi-sœur. Le jury s’esclaffe tandis que Ziegler affiche un air contrarié. Pour une fois, Dale se sent enclin à compatir : la pauvre avance en terrain inconnu, une situation que redouterait n’importe quel avocat.
— Êtes-vous issu d’un foyer brisé ?
— Notre domicile était intact.
— Non, non. Je voulais dire, vos parents étaient-ils divorcés, pour que votre mère ait eu des enfants de deux pères ?
— Ma mère a eu des enfants de quatre pères différents, naturellement.
— Quatre pères ? fait Ziegler avec une mine effarée.
— C’est exact.
Ziegler marque une pause, le temps de formuler la question adéquate. Puis elle se tourne à nouveau vers Dale, comme pour l’implorer de ne pas émettre d’objection de principe et reprend à l’adresse de Stant :
— Vous pourriez peut-être nous expliquer le système de reproduction des Tosoks, si ce n’est pas défendu ?
— Ça ne l’est pas, même si l’usage veut qu’on n’évoque pas les mécanismes internes du corps en dehors des consultations avec les prêtres-médecins. Si l’extérieur relève de la responsabilité individuelle, l’intérieur est du seul ressort de Dieu.
Tout le monde attend qu’il poursuive, mais le silence se prolongeant, le juge Pringle ne tarde pas à intervenir.
— Vous êtes tenu de répondre à la question, lui rappelle-t-elle avec ménagement.
Le Tosok reste encore muet durant quelques secondes, puis son toupet se divise par le milieu, ce qui revient pour lui à hausser les épaules.
— La femelle tosok n’est apte à la reproduction que durant une très courte période de son existence, dit-il en évitant de regarder ses congénères. Ses quatre utérus doivent être inséminés en une seule journée, habituellement par quatre mâles différents. Toutefois, il arrive qu’un mâle déviant féconde plusieurs utérus. Mais dans les cas ordinaires, les rejetons naissent d’une même mère et de pères différents.
— Je vois. Par conséquent…
— Maître Ziegler, la coupe le juge du haut dé son estrade. Venons-en au point qui nous intéresse. Stant, reprend-elle en se tournant vers le témoin, il est courant que les Terriens poussent la loyauté à l’égard de leurs proches parents jusqu’à les protéger quand ils ont commis un acte illégal. Est-ce également le cas sur votre monde ?