Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Toi, Marianne». Краткое содержание книги:

Adorée naguère par l'Empereur, obligée de contracter un mariage de convenance avec un prince italien, Marianne sait désormais que son cœur et que son destin sont à jamais liés à Jason Beaufort, l'aventurier des quatre mers, l'homme qui risqua sa vie pour elle. Toujours pourchassée, dans des circonstances tragiques, Jason lui donne rendez-vous à Venise. Un voyage dont Marianne rêvait comme d'une envolée vers le bonheur. Mais une fois de plus, c'est Napoléon et ses sombres menées diplomatiques qu'elle rencontre sur sa route, qui la conduit jusqu'à Constantinople, après un passage par les îles grecques. C'est là, au large de Cythère, que son amour est sur le point de faire naufrage. Jason est-il bien le preux chevalier auquel elle a donné sa vie ? Ce bonheur espéré, y a-t-elle droit sur cette terre ?
1 ... 34 35 36 37 38 39 40 41 42 ... 106
Перейти на страницу:

— Ne pensez-vous pas que vous aviez suffisance de sujets de tourments quand vous êtes arrivée hier ? fit doucement Jolival... Ce... débat diplomatique me semblait pouvoir attendre au moins jusqu’à...

— Je ne vois pas qu’il y ait matière à débat, coupa brutalement Benielli. Quand l’Empereur ordonne, il reste à obéir, il me semble !

— Vous n’oubliez qu’une chose, s’écria Jason, c’est que les ordres de Napoléon ne sauraient me concerner. Je suis sujet américain et n’obéis, comme tel, qu’à mon gouvernement !

— Eh ! qui vous demande quelque chose, après tout ? Madame n’a aucunement besoin de vous. L’Empereur désire qu’elle s’embarque sur un bateau neutre et il y en a une dizaine dans le port. Nous nous passerons de vous, voilà tout ! Retournez en Amérique !

— Pas sans elle ! Vous ne comprenez pas facilement, à ce que l’on dirait ? Je vais donc être plus précis : j’emmène la princesse que cela vous plaise ou non. Est-ce clair, cette fois ?

— Si clair même, grogna Benielli, dont la courte patience était déjà épuisée, qu’à moins de vous faire arrêter pour rapt et incitation à la révolte, il ne reste plus qu’une solution...

Et il tira son sabre. Aussitôt, Marianne fut debout et se jeta entre les deux hommes qui venaient de se rapprocher dangereusement.

— Messieurs, je vous en prie ! Vous m’accorderez au moins, je l’espère, le droit de donner mon avis dans cette affaire ?... Lieutenant Benielli, ayez l’obligeance de vous retirer quelques instants. Je désire m’entretenir seule à seul avec M. Beaufort et votre présence ne m’apporterait aucune aide !

Contrairement à ce qu’elle craignait, l’officier acquiesça, sans un mot, mais aussitôt, d’un claquement de talons et d’un sec salut de la tête.

— Venez donc, fit Jolival en l’entraînant aimablement vers la porte, nous allons goûter la grappa du signor Dal Niel pour que vous ne trouviez pas le temps trop long ! Rien de tel qu’un verre avant un voyage ! Le coup de 1’étrier, en quelque sorte !

Restés seuls de nouveau, Marianne et Jason, à quelques pas l’un de l’autre, se regardaient avec une nuance d’étonnement : elle à cause de ce pli buté, inquiétant et dur, qui se creusait entre les noirs sourcils de son ami ; lui, parce que, sous cette grâce tendre et cette fragilité trompeuse, il venait pour la seconde fois de rencontrer une résistance. Il sentait, chez elle, quelque chose d’anormal et, pour tenter de le découvrir, fit effort pour dompter sa mauvaise humeur.

— Pourquoi veux-tu que nous parlions seul à seule, Marianne ? demanda-t-il doucement. Espères-tu me convaincre d’effectuer ce voyage absurde chez les Turcs ? En ce cas, n’y compte pas : je ne suis pas venu jusqu’ici pour subir encore les caprices de Napoléon !...

— Tu es venu pour me retrouver, n’est-ce pas ?... et pour que nous commencions ensemble une vie heureuse ? Qu’importe, en ce cas, où nous devrons la vivre ? Et pourquoi refuser de m’emmener là-bas puisque je le désire et que cela peut avoir tellement d’importance pour l’Empire ? Je ne resterai pas longtemps et ensuite je serai libre de te suivre où tu voudras...

— Libre ? Comment l’entends-tu ? As-tu définitivement rompu avec ton mari, l’as-tu convaincu d’accepter le divorce ?

— Ni l’un ni l’autre, mais je suis tout de même libre parce que l’Empereur le permet. Cette mission qu’il m’a confiée, il en a fait la condition sine qua non de son aide et je sais, qu’une fois remplie mon ambassade, rien ni personne ne s’opposera plus à notre bonheur. Ainsi le veut l’Empereur.

— L’Empereur, l’Empereur ! Toujours l’Empereur ! Tu en parles encore avec autant d’enthousiasme qu’au temps où tu étais sa maîtresse ! As-tu oublié que, moi, je n’ai pas eu tellement à m’en louer ? Je conçois que tu aies gardé une certaine nostalgie de la chambre impériale, des palais et de ta vie fastueuse. Les souvenirs que je garde de la Force, de Bicêtre et du bagne de Brest sont infiniment moins enivrants, crois-moi !

— Tu es injuste ! Tu sais bien qu’il n’y a plus rien depuis longtemps entre l’Empereur et moi et, qu’au fond, il a fait de son mieux pour te sauver sans rompre un difficile équilibre diplomatique.

— Je m’en souviens mais je n’ai pas non plus conscience de devoir encore quoi que ce soit à Napoléon.

J’appartiens à un pays neutre et j’entends ne plus me mêler de sa politique. Il est déjà bien suffisant que mon pays risque sa paix extérieure en refusant de prendre parti pour l’Angleterre...

Brusquement, il se saisit d’elle, la serra contre lui et posa sa joue contre sa tempe avec une infinie tendresse.

— Marianne, Marianne ! Oublie tout cela... tout ce qui n’est pas nous ! Oublie Napoléon, oublie qu’il y a quelque part au monde un homme dont tu portes le nom, oublie comme je l’oublie moi-même que Pilar vit toujours, dans je ne sais quel coin caché de l’Espagne où elle a choisi de résider car elle me croit toujours au bagne et espère bien que j’y mourrai ! Il y a nous deux, rien que nous deux... et il y a la mer, là... tout près... à nos pieds ! Si tu veux, demain elle nous emportera jusque chez moi ! Je vais t’emmener en Caroline, je rebâtirai pour toi la maison incendiée de mes parents à Old Creek Town. Pour tous, tu seras ma femme...

Grisé par la souplesse de ce corps collé au sien et par le parfum qui s’en dégageait, il recommençait à l’envelopper de caresses qui la faisaient frémir. Bouleversée, Marianne ne trouvait plus la force de lutter. Elle se rappelait les heures éblouissantes de la prison, des heures qu’il était si simple de renouveler. Jason était à elle tout entier, la chair de sa chair, l’homme qu’entre tous elle avait choisi et qu’aucun autre ne pouvait remplacer... Pourquoi refuser ce qu’il offrait ? Pourquoi ne pas, dès demain, partir pour son pays de liberté ? Après tout, et même s’il l’ignorait, son mari était mort, elle était libre.

Dans une heure, elle serait à bord de la « Sorcière ». Il serait facile de dire à Benielli qu’elle pre-liait le chemin de la Turquie quand ce serait vers la libre Amérique que voguerait le navire, tandis que, clans les bras de Jason, Marianne vivrait sa première nuit d’amour, bercée par les vagues, tirant un rideau définitif sur sa vie passée. Elle pouvait reprendre sa propre histoire à Selton Hall, au moment où Jason, pour la première fois, l’avait suppliée de le suivre et bientôt, elle oublierait tout le reste : la peur, les fuites, Fouché, Talleyrand, Napoléon, la France et la villa des eaux vives où erraient les paons blancs, mais dont aucun cavalier fantôme, masqué de blanc, ne viendrait plus éveiller les échos...

Pourtant de nouveau, comme tout à l’heure, sa conscience se réveilla, cette conscience qui se révélait tellement plus encombrante qu’elle ne l’avait imaginé. Qu’arriverait-il si, au cours du long voyage qui l’emmènerait en Amérique, elle se découvrait enceinte d’un autre ? Comment alors s’en délivrer dans ce pays où elle ne pourrait échapper un instant à l’œil de Jason, puisqu’elle se refusait absolument à tricher avec lui. En admettant même qu’il n’ait rien deviné au cours d’une traversée au moins deux fois plus longue que celle vers Constantinople !...

Et puis, au fond de sa mémoire, elle crut entendre encore la voix grave d’Arrighi :

« Vous seule pouvez convaincre la Sultane de faire poursuivre la guerre contre la Russie, vous seule pouvez calmer sa colère contre l’Empereur parce que, comme elle, vous êtes cousine de Joséphine ! Vous, elle vous écoutera... »

Pouvait-elle vraiment trahir la confiance de l’homme qu’elle avait aimé et qui avait sincèrement essayé de la rendre heureuse ? Napoléon comptait sur elle. Pouvait-elle, réellement, lui refuser un dernier service, tellement important pour lui et pour la France ? Le moment de l’amour n’était pas encore venu. C’était encore celui du courage.

1 ... 34 35 36 37 38 39 40 41 42 ... 106
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)