Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Современная русская и зарубежная проза » Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi

Электронная книга - «Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi». Краткое содержание книги:

Hortense est à Londres et c'est toujours hyper compliqué entre elle et Gary.
Mais dans le monde de la mode, elle se débrouille pour avancer.
Hortense n'a aucun scrupule, a un but, et y arrive systématiquement.
Et puis Gary est assez sexy avec sa musique et sa détermination.
Joséphine est à Paris.
Elle fait la bonne mère de famille, soutient son HDR, peine à se remettre à l'écriture...
Et a une vie sentimentale proche du néant.
Zoé, la petite dernière, grandit et s'épanouit tandis que Shirley, outre Manche, se sent vieille, inutile et refuse d'aimer.
Philippe et Alexandre sont aussi à Londres et méditent sur la vacuité de l'existence.
Marcel et Josiane cohabitent avec un surdoué, c'est pas évident mais assez marrant.
Et la méchante Henriette est maintenue en vie par son avarice et sa perversité.
1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 205
Перейти на страницу:

— Vêtus des vers de Chaucer :

Et l’orange tomba dans l’assiette du traître

Celui qui avait bafoué la confiance du maître

Le lent et fort amour de l’homme inspiré

Qui lui avait appris année après année,

Quartier après quartier, à être un homme, un vrai

Un qui, onques, ne se renie, ignore l’horrible mensonge

Qui souille l’âme aussi bien que les songes.

Tiens, fils, dit le Maître en désignant l’orange

Mange, le rouge au front, le fruit de ta trahison,

Déguste-le, quartier après quartier,

Mange jusqu’à en crever le fumier de ta honte

Car ignoble est l’enfant qui ment à son parent.

— Ça fait froid dans le dos, remarqua Joséphine en frissonnant.

— Ce sont les mots qui sortirent jadis de la bouche de mon père quand il apprit que j’avais donné naissance à un fils sans qu’il en soit averti… Je ne les ai jamais oubliés. Ils sont gravés dans ma mémoire au fer rouge…

Joséphine trembla. Elle ne sut pas qui de Chaucer ou du chauffage défectueux lui faisait cet effet, mais elle se sentit enveloppée d’un suaire glacé.

— Et je n’ai plus jamais menti. On gagne du temps, tu n’as pas idée ! On va plus vite en allant droit. On devient un homme, une femme pour de vrai.

— Le chauffage est encore cassé ? demanda Joséphine.

— Apprends, ma chère, que le chauffage en Angleterre est toujours cassé… Il marche un jour sur trois. Comme l’eau chaude et le métro… et c’est très bien comme ça. Moins on chauffe, moins on pollue. Bientôt, il n’y aura plus de pétrole, on ne sera plus chauffés, alors autant s’entraîner !

— Mieux vaut dormir à deux dans ton pays !

— À ce propos, où en es-tu avec Philippe ?

— Nulle part. C’est la faute à ma conscience. Elle m’interdit de batifoler et m’enferme dans une ceinture de chasteté dont j’ai perdu la clé…

— Déjà que tu n’es pas du genre à sauter dans les lits grands ouverts…

— Et Alexandre ? Tu as de ses nouvelles ?

— J’en ai par Annie, la nounou. Il va comme un ado qui a perdu sa mère sous un couteau… Il va pas fort.

— Je devrais peut-être aller le voir…

— Et voir son père aussi…

Joséphine ne releva pas l’allusion. Elle pensait à Alexandre. Elle se demandait ce qu’il devait ressentir le soir en éteignant la lumière. Est-ce qu’il pensait à Iris, seule dans la forêt avec ses meurtriers ?

— Ça t’arrive d’avoir peur ? demanda-t-elle.

— De quoi ?

— De tout…

— De tout !

— Oui…

— Tu as le droit d’avoir peur d’un seul truc, affirma Shirley. Peur pour tes enfants. Le reste, l’argent, le travail, les impôts, les sauts à l’élastique, c’est très simple, tu dis juste « pas peur » et tu sautes en avant…

— Ça marche ?

— Et drôlement bien ! Tu dis « je veux ça », et tu l’as… Mais tu y mets tout ton cœur. Tu triches pas. Tu penses très fort… je veux ça, je veux ça, je veux ça… on essaie ? Tu veux quoi, là tout de suite ? Sans réfléchir.

Joséphine ferma les yeux et dit :

— Embrasser Philippe.

— Alors penses-y fort, très fort et je te promets, tu m’entends, je te promets que ça va arriver…

— Tu crois vraiment ?

— … mais il faut y mettre toute sa force. Ne fais pas ta timorée. Dis, par exemple, je veux…

— …me jeter dans les bras de Philippe…

— Gnangnan, ça marchera pas !

— Je veux qu’il me serre dans ses bras, qu’il m’embrasse partout, partout…

Shirley fit la moue.

— Ça manque encore de conviction…

— Je veux qu’il me saute dessus comme un bouc en rut ! hurla Joséphine en roulant sur le sol glacé de la cuisine.

Shirley s’écarta et la considéra, amusée et étonnée.

— Ben dis donc… là, c’est sûr que ça va arriver !

Le lendemain, samedi, à l’heure du déjeuner, Joséphine retrouva Hortense.

Elle habitait Angel, un quartier qui ressemblait à Montmartre. Des réverbères, des petites rues entortillées dans des escaliers, des vieilles boutiques de fripes. Les bistrots portaient des noms français. Elles s’installèrent à l’intérieur du « Sacré-Cœur » à l’angle de Studd Street et de Theberton. Commandèrent deux bœuf-carottes et deux verres de vin rouge. Goûtèrent le pain et décidèrent que c’était vraiment de la baguette, goûtèrent le beurre, il avait le goût du beurre salé de Normandie.

Hortense ouvrit le feu :

— Ça y est ! Je suis devenue une vraie Anglaise !

Elle a un fiancé anglais, se dit Joséphine en contemplant sa fille avec ravissement. Hortense est tombée amoureuse. Ma fille au cœur de pierre a baissé sa garde pour un Anglais en tweed. Est-il de son âge, est-il plus âgé ? A-t-il les joues roses et les paupières tombantes ? Ou le menton pointu et les yeux gourmands ? Parle-t-il du nez ? Parle-t-il français ? Aimera-t-il la blanquette de veau que je lui ferai ? Les jardins du Palais-Royal, les reines de France dans le jardin du Luxembourg et la place des Vosges, la nuit ? Et la passerelle des Arts, et la petite rue Férou où Hemingway traînait quand il n’avait pas le sou ? Elle le promenait dans Paris, le dessinait dans sa tête, le coiffait des lauriers de l’homme qui avait terrassé l’intraitable Hortense et couvait sa fille d’un regard ému.

— Il s’appelle comment ce bel Anglais ? demanda Joséphine, le cœur rempli d’allégresse.

Hortense se renversa en arrière et éclata de rire.

— Maman, tu es vraiment indécrottable ! Tu y es pas du tout ! J’ai juste fêté la fin de mon trimestre de cours dans un pub samedi soir et, le dimanche matin, je me suis réveillée avec un mal de crâne pas possible et un Anglais inconnu dans mon lit. Tu vas rire, il s’appelait Paris ! I spent the night in Paris. Quand je lui ai dit quel prénom idiot !, il m’a demandé le mien et a rétorqué quel prénom horrible ! et on s’est quittés sans se dire un mot.

— Tu veux dire que tu as ramassé un garçon dans un pub et que tu l’as ramené dans ton lit sans le savoir tellement tu avais bu ? demanda Joséphine, horrifiée.

— C’est exactement ça, dis donc tu comprends vite, finalement… J’ai fait ce que font toutes les Anglaises, le samedi soir.

— Oh là là ! Hortense ! Et je suppose que tu étais trop saoule pour avoir pensé à…

— … mettre une capote ?

Joséphine hocha la tête, affreusement gênée.

— On était si cassés qu’on n’a rien fait du tout… Il a essayé de se montrer entreprenant au petit matin et ma remarque sur son prénom lui a coupé la chique !

Elle reposa sa fourchette dans son assiette et conclut :

— N’empêche que je suis devenue une vraie Anglaise…

— Et Gary ? Tu le revois ?

— Non. Pas le temps. Et la dernière fois, il m’a plantée dans la rue en pleine nuit…

— Ça ne lui ressemble pas…, protesta Joséphine.

— Mais j’ai entendu dire qu’il s’était mis sérieusement au piano. Qu’il avait rencontré un prof avec qui il s’entend vachement bien, qui lui sert de père, de tuteur, de modèle… Il passe tout son temps à faire du piano et à voir cet homme. Ils ont développé une amitié virile… Passionnant ! Il paraît même qu’il refuse de le présenter à ses potes parce qu’il veut le garder pour lui tout seul. C’est fou. Dès que les gens aiment, ils deviennent jaloux, exclusifs…

— Je suis contente pour lui. Ce n’était pas sain de n’avoir aucun modèle masculin.

Hortense rejeta ses longs cheveux en arrière comme pour balayer le cas Gary Ward et l’absence de père dans la vie d’un garçon. Ce n’était pas son problème. Tout ce qui ne la touchait pas directement n’était pas son problème.

1 ... 32 33 34 35 36 37 38 39 40 ... 205
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)