Dictionnaire amoureux de San-Antonio
- Автор: Bouhier Éric
- Год: 2017
- Язык: французский
- Год: Éditions Plon
- ISBN: 978-2259243421
- Жанр: Путеводители
Электронная книга - «Dictionnaire amoureux de San-Antonio». Краткое содержание книги:
Ce dictionnaire tente d'éveiller la curiosité sur l'homme et les aspects riches de sa création littéraire unique. Comment évoquer avec amour le si prolifique Frédéric Dard ? Devant l'ampleur de la tâche, le plus simple était de faire comme l'auteur : tous les matins, afficher une page blanche, surmonter l'angoisse et laisser place à l'imagination désordonnée. Avec une idée forte que San-Antonio semblait me souffler à l'oreille : « Faut qu'on le capte bien, le grand, qu'on s'imprègne à fond de lui, qu'on pige son beau talent, […] et puis, tu comprends : qu'on ait envie de le choper par le cou pour l'accolade de la tendresse, histoire de bien se sentir un homme auprès de cet homme-là. »
Biographie de l'auteur
Médecin, publicitaire, muséographe, enseignant et écrivain depuis dix ans, Éric Bouhier a une véritable passion pour l'œuvre de San-Antonio. L'écriture de ce dictionnaire amoureux est l'aboutissement d'une lecture assidue depuis l'adolescence et d'un travail de recherche mené ces vingt dernières années avec des proches de Frédéric Dard et des membres d'une association dédiée à entretenir la mémoire de l'écrivain.
Dans une sortie de texte à la San-A., j’ai imaginé que les San-Antonio n’ont pas trouvé preneur : aurait-il souri de cette farce de collégien ?
Éditions de la Vérité
Éditions religieuses
Rue du Bourg
1003 Lausanne — Suisse
Jeudi 15 avril 2004
Service des manuscrits
Monsieur San-Antonio,
Nous avons bien reçu le document de près de 40 000 pages, relatant les 183 aventures du commissaire qui porte votre nom et qui reste à ce jour le manuscrit le plus long que nous ayons eu à juger. Comme toute maison d’édition consciencieuse, nous avons pris soin de tout lire ; vous comprendrez ainsi pourquoi nous avons mis un peu plus de quatre ans à vous répondre. Pourquoi ne pas nous avoir envoyé seulement le premier chapitre, voire la préface, et même mieux le prière d’insérer ? Vous auriez évité de monopoliser notre comité de lecture qui, heureusement délivré aujourd’hui de vos san-antoniaiseries, peut enfin s’attaquer à quatre années de manuscrits laissés en souffrance, un comité par ailleurs littéralement épuisé et dont les repères grammaticaux et orthographiques ont été profondément bouleversés par le déchiffrage de vos élucubrations. Vous-même auriez gagné du temps en abandonnant rapidement ce délire littéraire qui nous fait douter de votre bonne santé psychique. Car, autant vous le dire franchement, notre décision fut prise avant même la première ligne de vos aventures, dès la découverte de quelques-uns des titres : Turlute gratos les jours fériés, Tarte aux poils sur commande, Bosphore et fais reluire !! Nous vous le demandons : sont-ce des titres ? Et dans quelle collection de nos Éditions de la Vérité aviez-vous imaginé que nous vous publierions ? Croyez-vous que le seul fait de vous appeler San-Antonio et de recueillir une Marie-Marie fait de vous un saint ? Et en comparant le membre viril d’un de vos personnages, un dénommé Béru, à un saucisson Jésus de Lyon, surmontant deux généreuses petites sœurs des pauvres, n’avez-vous pas réalisé que vous blasphémiez gravement ? Sachez-le, colère et pleurs ont accompagné ces heures de lecture que vous nous avez imposées. Et que vous écriviez God Miché à la place de godemiché n’a rien fait pour nous réconcilier avec votre prose nauséabonde.
Non, monsieur, nous respectons vos souffrances, la censure ne fait pas partie de nos méthodes, mais notre devoir nous impose et d’alerter les services sociaux et de détruire dans l’instant ce qui semble être un manuscrit original, dactylographié sur une IBM à boule (encore une de vos allusions perverses !), comme vous nous le précisez dans la lettre accompagnant votre envoi.
Oui, nous l’avouons, nous avons tremblé à l’idée qu’un tel brûlot puisse tomber dans les mains d’un éditeur moins scrupuleux et vigilant que l’est notre maison. Pour finir, nous vous prendrons à votre propre jeu : dans une énième digression dont vous vous faites le chantre et, qui, soit dit en passant, ne fait que nuire à l’intrigue et désorienter le lecteur, vous écrivez ceci, et c’est peut-être la seule remarque pertinente que nous porterons à votre crédit, encore que le choix du vocabulaire ne soit guère judicieux : les mots sont comme les pigeons, on peut les apprivoiser, mais un jour ou l’autre, ils vous chient dessus ! Eh bien, monsieur, à notre tour, nous allons nous lâcher, et cela nous fera du bien après le tombereau d’insanités que vous nous avez infligées ces quatre années durant. En effet, étant parfaitement d’accord avec cette sentence, nous sommes persuadés aujourd’hui que vous êtes un sacré tas de merde !
En vous souhaitant que votre IBM vous saute à la gueule.
Avec notre con-passion (comme vous n’auriez pas manqué de l’écrire).
Et que cela soit dit et aussi vite oublié.
Ite missa est
Amen.