Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 341 342 343 344 345 346 347 348 349 ... 376
Перейти на страницу:

En juillet 1905, aux environs de l’archipel de Björkö, dans les eaux finlandaises, a lieu la rencontre des deux empereurs. Nicolas II se repose sur son yacht, L’Étoile polaire, et Guillaume II lui rend visite sur le Hohenzollern. Hors la présence des ministres des Affaires étrangères, Guillaume convainc aisément Nicolas de signer un accord, aux termes duquel la Russie s’engage à défendre l’Allemagne, en cas de guerre contre la France. Trois mois durant, nul ne sait rien de cet accord. Lorsque le ministre russe des Affaires étrangères, Lamsdorf, et le président du Conseil, Witte, l’apprennent, ils sont épouvantés. Une convention militaire lie déjà la France et la Russie, contraignant la Russie, en cas d’agression allemande, à se porter au secours de la France. Le document signé à Björkö dicte à la Russie une conduite contraire. « Si l’accord de Björkö parvient à la connaissance de Paris, explique Lamsdorf à l’empereur, il est fort vraisemblable que la politique allemande aura atteint une de ses visées de longue date : la rupture définitive de l’alliance russo-française et une telle détérioration de nos relations avec l’Angleterre, que la Russie se retrouvera isolée et liée à la seule Allemagne19. » Witte est, lui aussi, catégoriquement opposé à l’accord de Björkö. Longtemps, Nicolas II refusera de se rendre aux raisons de ses ministres.

Après sa rencontre avec l’empereur d’Allemagne, Nicolas II consigne dans son journal : « Je suis rentré, encore tout plein de l’impression si favorable que m’ont produite les heures passées avec Guillaume20. » En 1916, au plus fort de la guerre, Nicolas expliquera à Sazonov, son ministre des Affaires étrangères du moment : « Je m’efforce de ne m’appesantir sur rien et trouve que c’est la seule façon de gouverner la Russie21. » Pour certains historiens, l’empereur se calomnie : Björkö serait un hasard, une ruse de Guillaume, trompant son naïf cousin. Nicolas II, toutefois, ne se sent pas dupé.

En janvier 1906, le comte Lamsdorf remet à l’empereur un mémorandum secret, avec une description détaillée – effectuée sur la base des informations réunies par les diplomates russes – d’un « complot judéomaçonnique mondial », ayant pour but le « triomphe universel de la juiverie antichrétienne et antimonarchique ». Soulignant que le centre du « complot » se trouve en France, le ministre des Affaires étrangères suggère la création d’une « Triple Alliance » : Russie, Allemagne et Vatican. L’idée d’une nouvelle « Sainte Alliance » est liée au conflit qui oppose, alors, Paris et le Vatican. Sur le mémorandum, Nicolas II note cette résolution : « Engager immédiatement des pourparlers. Je partage entièrement le point de vue que vous formulez ici. » Le rêve d’une alliance avec l’Allemagne reste vivace.

Le mémorandum sera le dernier document élaboré par le comte Lamsdorf. Le poste de ministre des Affaires étrangères, au sein du gouvernement de Piotr Stolypine, est occupé par un diplomate de carrière, Alexandre Izvolski (1856-1919), qui ne partage pas l’opinion de son prédécesseur sur la nécessité d’une alliance avec l’Allemagne. Le mémorandum de Lamsdorf demeurera dans les archives secrètes jusqu’en 1918, date à laquelle les bolcheviks, désireux de démasquer les puissances impérialistes, publieront plusieurs volumes de « documents secrets » trouvés dans les archives du ministère des Affaires étrangères. Le mémorandum de Lamsdorf paraîtra dans le tome VI et ne retiendra quasiment pas l’attention des historiens22. Il présente pourtant un intérêt, parce qu’il reflète les positions de Nicolas II.

En janvier 1907, l’empereur revient sur la question du « complot mondial » dans un entretien avec le général Guerassimov. « Il a entendu dire » – ainsi le chef de la section pétersbourgeoise de l’Okhrana rapporte-t-il les propos du souverain – « qu’il existait un lien étroit entre les révolutionnaires et les francs-maçons, et il voulait que je le lui confirme. J’ai répondu que j’ignorais quelle était la situation à l’étranger, mais qu’en Russie, me semblait-il, il n’y avait pas de loge maçonnique et que les maçons, en général, ne jouaient pas le moindre rôle. » Et le général de conclure : « Mes informations, toutefois, n’ont manifestement pas convaincu le souverain, puisqu’il m’a donné mission d’avertir Stolypine de la nécessité de présenter un rapport exhaustif sur les francs-maçons de Russie et de l’étranger…23 ».

Au début du XXe siècle, la Russie est, en matière de politique étrangère, dans une situation très enviable. Ne ressentant aucune menace sérieuse à ses frontières, elle apparaît comme l’alliée des blocs antagonistes qui ont commencé à se former en Europe, à la fin du XIXe siècle. En même temps, affaiblie par une guerre manquée et une révolution, elle a perdu une part considérable de son prestige de grande puissance. Après sa nomination, Izvolski se plaint qu’on « s’adresse à lui [lors des rencontres internationales] comme aux émissaires de Turquie et de Perse24 ».

Une fois ministre des Affaires étrangères, Alexandre Izvolski constate l’existence de points de tension dans les relations avec une série de pays. Un traité de paix a été signé avec le Japon, mais les rapports sont loin d’être harmonieux ; après l’abandon de l’accord de Björkö, la situation se détériore avec l’Allemagne qui, en outre, manifeste un vif mécontentement du soutien de la Russie à la France, à Algésiras ; l’Autriche-Hongrie redouble d’activité dans les Balkans, soutenant l’Allemagne et élargissant son influence dans l’Empire ottoman ; enfin, les relations avec l’Angleterre, inquiète de la progression russe en Asie centrale et passant à l’offensive sur les positions russes, principalement en Perse, sont loin d’être au beau fixe.

Une politique consistant à louvoyer entre les deux blocs ne serait possible que si la Russie réglait ses problèmes intérieurs et retrouvait son statut de grande puissance. Le choix d’une ligne de politique étrangère implique donc, dans le contexte du moment, le choix de tel ou tel bloc.

Izvolski propose une ligne s’inscrivant dans le « Grand Projet national » élaboré par Stolypine. Pour le Premier ministre, la Russie a besoin d’un « répit » de vingt ou vingt-cinq ans. Alexandre Izvolski voit une possibilité de préserver la paix pour dix ans. Son programme de politique extérieure propose avant tout d’admettre l’impossibilité, pour la Russie, de mener une politique active, à la fois en Extrême-Orient, en Asie centrale et en Europe. Il est essentiel de choisir. Dans la mesure où, estime le diplomate, la politique extrême-orientale est « en avance d’une cinquantaine d’années25 », il convient à présent de choisir une orientation européenne. La Russie, désormais, doit affronter l’Europe.

Izvolski est nommé aux Affaires étrangères, parce qu’il porte à Nicolas II une lettre de l’impératrice douairière qui passe le plus clair de son temps dans son Danemark natal, où le futur ministre est ambassadeur. Nicolas II a confiance en lui, d’autant plus que sa propre action « diplomatique » – guerre contre le Japon, accord de Björkö – a démontré le caractère néfaste de décisions non professionnelles.

L’une des principales décisions d’Izvolski consiste à tenter de conclure une alliance avec l’Angleterre, ce qui donnerait par ailleurs la clef d’un règlement des problèmes avec le Japon. Dans un entretien avec Alexis Souvorine, le ministre des Affaires étrangères, premier responsable de la politique extérieure russe à avoir compris l’importance de la presse, explique sa politique, en août 1907 : « Le Japon ne nous touchera pas pendant une dizaine d’années. Au demeurant, nous ne pouvons pas nous battre là-bas… Des événements se préparent en Europe. Nous devons être libres de ce côté-là et, pour ce faire, il nous faut garantir nos arrières. » À une question de Souvorine concernant les Détroits, le ministre répond, s’adressant « à Alexis Sergueïevitch, et non au journaliste » : « L’Angleterre nous soutiendra. » Souvorine ajoute dans ses notes : « Ment-il ? Et il reste l’Allemagne26. »

1 ... 341 342 343 344 345 346 347 348 349 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)