Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La Maison Dans La Dune - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Maison Dans La Dune

Электронная книга - «La Maison Dans La Dune». Краткое содержание книги:

Dans l'atmosphère brumeuse et glacée du Nord, douaniers et contrebandiers s'affrontent…
Les hommes et leurs chiens se livrent des combats souvent mortels.
Une maison isolée dans la dune… C'est là que Sylvain rencontrera Jacqueline. La jeune fille saura-t-elle détourner le contrebandier de ses coupables expéditions?
Violent, direct, vrai, profondément humain, La Maison dans la dune, premier roman de Maxence Van der Meersch, eut un succès immédiat qui ne s'est jamais démenti depuis.
1 ... 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37
Перейти на страницу:

Sylvain regarda son chien une minute. Il ressentait une peine aiguë dont il s’étonnait. Jamais il n’avait eu envie de pleurer pour un chien. S’il avait eu un outil, il l’aurait enterré. Mais avec les mains, il ne fallait pas y songer.

Avant de s’en aller, Sylvain regarda encore une fois Tom.

«C’était une brave bête», dit-il tout seul.

Et il partit, abandonnant son chien mort dans cette plaine démesurée et triste, peuplée seulement de la plainte éternelle du vent…

XIX

Le lendemain, jour où Sylvain devait partir en Belgique pour risquer le coup de l’auto, le fraudeur s’habillait tranquillement dans sa cuisine, quand on frappa à la porte.

Depuis la perquisition de Lourges, Sylvain était devenu prudent. Toujours son verrou était tiré. Il monta dans la chambre du devant, où Germaine dormait encore, et il regarda par la fenêtre. À son képi, il reconnut Jules, l’agent de police.

Curieux de ce que pouvait lui vouloir le camarade, il descendit rapidement, et alla ouvrir.

«Quelle nouvelle? demanda-t-il.

– T’es seul? interrogea l’agent de police.

– Oui. Entre.»

Jules entra.

«Et Germaine? demanda-t-il.

– Elle dort encore.

– T’es sûr?

– Je viens d’aller en haut.

– Ah! tu te méfies, t’as raison.

– Pourquoi ne parles-tu pas tout haut?

– Je ne veux pas qu’elle nous entende.

– Qui? Germaine?

– Oui J’ai appris des affaires sur son compte.

– Quoi?»

Par prudence, Jules entraîna Sylvain auprès de la fenêtre de la rue, loin de la porte de l’escalier:

«Elle fait des blagues, chuchota-t-il.

– Germaine?

– Oui», fit Jules, de la tête.

Sylvain avait compris tout de suite.

«Avec qui? demanda-t-il.

– Tu le sauras tout à l’heure. Je ne te le dirai que si tu promets d’être raisonnable.

– Tu me prends pour un gosse? Dépêche-toi de me dire qui.

– Laisse-moi d’abord te dire comment je le sais. C’est un copain qui me l’a dit, un agent. Il va toujours chez Henri, tu sais. Et il l’a su là, par hasard. Elle va en chambre tous les jeudis.

– Je sais, maintenant, dit Sylvain. C’est Lourges.

– Oui.

– Je commençais à m’en douter, depuis l’affaire de la perquisition.

– Ça ne te fait pas trop de bile?

– Pourquoi me ferais-je de la bile?

– Tiens… dit Jules, un peu surpris du calme de Sylvain. En tout cas, moi, je suis venu te dire de te méfier. Tiens ça pour toi, tu comprends. Je risque ma place. Mais fais attention, elle ne sera pas longtemps sans raconter tes affaires au douanier, si elle ne l’a pas déjà fait. Qu’est-ce que tu vas faire, maintenant?

– Rien.

– Tu ne vas rien lui dire?

– Si. Plus tard, peut-être. Je m’en fous, maintenant, mon vieux, tu comprends. César est bouclé, Tom est mort…

– Mort?

– Oui, la nuit d’avant-hier. Je voudrais que tout ça finisse. J’en ai marre…

– Faut te remonter, Sylvain. Cherche du travail, lâche la fraude, plaque Germaine…

– Fini, tout ça, maintenant, Jules. On ne peut pas toujours recommencer, tu comprends, on peut pas toujours recommencer…

– Pas de blague, au moins, hein? fit Jules, inquiet de lui voir un air étrange.

– Sois tranquille, sourit Sylvain. J’en ai vu d’autres, tu peux me croire. Merci, mon vieux. T’es un brave type, malgré que tu es un flic.»

À sept heures, le soir, Sylvain partait de nouveau pour la Belgique.

En quarante minutes, il eut atteint la petite boutique où le maître fraudeur attendait ses hommes. C’était à deux kilomètres de la frontière française.

Le rendez-vous avait été fixé pour huit heures. L’auto était déjà devant la porte. C’était une camionnette Berliet, d’une force de deux tonnes environ. Elle était venue avec des papiers – carnet français et triptyque, – volés dans une autre voiture, et adroitement maquillés. Dans la boutique, il y avait des monceaux de paquets tout préparés. C’étaient des piles de paquets de tabac et de cigarettes, enveloppés dans du fort papier gris, et solidement ficelés. Pour qu’il tînt moins de place, un homme écrasait le tabac sous une presse de bureau. Et un autre comptait et enveloppait les paquets.

À neuf heures, comme la brume était tombée, le maître fraudeur fit l’appel de ses hommes. On était huit, car au dernier moment, il avait paru sage de prendre du renfort.

«Ça ira comme ça», dit le maître fraudeur.

Il alla au-dehors regarder le ciel qui s’assombrissait rapidement, et la route déserte.

«Personne, dit-il en revenant. On peut charger.»

Car il craignait qu’un noir, rôdant par hasard en Belgique ne fût intéressé par ces préparatifs.

Sous son contrôle, les hommes, rapidement, transportèrent les ballots dans l’auto. Sylvain remarqua que les ressorts de la voiture s’affaissaient rapidement.

«Combien met-on? demanda-t-il.

– Deux mille deux. Tout y est, maintenant. On a de la veine, n’y a pas de clair de lune.

– Comment se met-on? demanda l’un des hommes en arrivant.

– Deux sur le toit. Quatre en dedans, avec le tabac. Sylvain ira tout près du chauffeur. Les planches sont sur le toit, Zidore?

– Oui, dit le chauffeur.

– Bon. Hé, là-dedans, tâchez tous d’écouter Zidore, et de faire comme il dira, si vous voulez toucher vos billets.»

Un grognement général fut interprété comme un acquiescement.

«En route, alors.»

Tout le monde prit sa place. Zidore avait lancé le moteur d’un coup de manivelle. Il saisit le volant, mit en prise, embraya. Et la lourde voiture démarra, partit vers la frontière française.

On roula un bon moment sans que personne ne dît mot. Peu ou prou, chacun, au moment de risquer l’aventure, se sentait la gorge étreinte d’une certaine émotion. Heureusement, à l’intérieur, un fraudeur avait emporté une bouteille de rhum qu’il fit circuler, et qui égaya tout le monde. Il fallut une exclamation de colère de Zidore pour que les deux compagnons qui perchaient sur le toit interrompissent un refrain qu’ils avaient entonné.

«On est tout près de la frontière? demanda Sylvain. Je ne m’y reconnais pas.

– Oui, dit Zidore. T’es jamais venu par ici?

– Si, mais je partais dans les dunes. On n’est pas loin de Furnes, hein?

– Non. Derrière nous. Le canal est à notre gauche, les dunes à droite.»

Instinctivement, Sylvain se retourna, comme s’il avait pu voir, dans les ténèbres, la maison dont le souvenir le hantait.

La camionnette roulait par d’étroits sentiers de terre, côtoyait des ruisseaux, passait de petits ponts de bois. Dans un chemin creux, elle s’arrêta.

«Panne? interrogea Sylvain.

– Non. Faut attendre jusqu’à une heure. Le douanier ne prend la garde qu’à ce moment-là.»

1 ... 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)