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Naufrage aux Seychelles

Электронная книга - «Naufrage aux Seychelles». Краткое содержание книги:

Près des Seychelles, le navire Laconia B s’est échoué sur un récif et a coulé immédiatement. Il était chargé de 200 tonnes d’oxyde d’uranium et devait se rendre depuis l’Afrique du Sud jusqu’à Eilat, en Israël, où le matériau devait être utilisé pour la construction d’armes nucléaires israéliennes. La CIA veut empêcher la récupération de l’uranium par le Mossad, tandis que des agents de renseignement irakiens tentent de détourner le matériau de l’épave. Malko est envoyé par la CIA aux Seychelles pour des raisons politiques, car les États-Unis ne peuvent pas intervenir en raison de leur amitié avec Israël et l’Irak. Malko décide de détruire le chargement en l’envoyant dans une fosse sous-marine, où ni les Israéliens ni les Irakiens ne pourront le récupérer.
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Une fois que le pilote aurait bien pris la piste dans l’œil, il tenterait le coup. L’appareil ne contenait sûrement pas des amis. Un Noir s’approcha et demanda en créole à Rhonda s’ils attendaient quelqu’un…

— Viens, dit Malko, je crois que c’est plus prudent de regagner le bateau.

Le Noir dit quelque chose à Rhonda, la jeune femme sursauta :

— Ils ont oublié de charger les bouteilles sur le bateau, hier soir !… Nous ne pouvons pas partir tout de suite. Ils sont en train de les embarquer sur le youyou. Nous sommes obligés d’attendre qu’ils reviennent.

La tuile ! Malko leva la tête vers le ciel étoilé. Le ronronnement de l’avion venait de cesser : il s’était posé. Maintenant, c’était la course contre la montre.

— Allons déjà sur la plage, dit Malko.

Rhonda semblait de plus en plus préoccupée.

— J’espère que nous ne serons pas obligés de partir maintenant, dit-elle. La nuit avec les coraux, nous risquons de nous échouer !

La récréation était bien finie.

* * *

— Vite, vite, supplia Rhonda.

La dernière bouteille venait d’être chargée sur le youyou. Impossible de monter avec, tout aurait chaviré.

Malko regarda le youyou s’éloigner dans l’obscurité avec une désespérante lenteur.

— Remontons le long de la plage, proposa Rhonda jusqu’après le phare. Nous n’avons pas le temps d’attendre que le youyou revienne. Si nous nous mettons à l’eau ici, le courant nous entraînera loin du bateau.

La lampe électrique tenue par un des Noirs éclairait ses traits marqués par la fatigue et la peur. Le Noir approuva.

— Attention, courant fort…

— Allons-y, fit Malko.

Ils se mirent a courir, enfonçant dans le sable jusqu’aux chevilles, se plantant des graines de falaos dans les pieds, sans avoir le temps de les enlever. Dans un silence troublé seulement par les halètements, ils parcoururent ainsi près de trois cents mètres à la lisière de la plage.

Rhonda s’arrêta. À bout de souffle, elle montra l’eau sombre à Malko.

— Nage tout droit, dit-elle, en t’éloignant de la plage. 200 mètres environ. Ensuite, tu te laisses glisser jusqu’au bateau.

La masse claire du Koala se détachait sur l’eau, beaucoup plus loin.

Malko avança dans les rouleaux et tout de suite, perdit pied. L’eau était délicieusement tiède. Rhonda fila à côté de lui, nageant comme un poisson.

— Attention aux requins ! cria-t-elle, nage en surface.

Il se mit sur le dos, pour économiser son souffle et nagea en silence. Très vite, Rhonda le distança. Se retournant, elle lui dit :

— Ne te dépêche pas, je vais en avant. Je t’attends au bateau.

Il continua au même rythme. Lorsqu’il se jugea assez éloigné de la plage, il s’arrêta et regarda autour de lui. Cherchant Rhonda. Il l’aperçut à une cinquantaine de mètres, lorsqu’elle entra dans une zone éclairée par la lune. Elle nageait un crawl merveilleusement régulier, aidée par le courant. Sans une éclaboussure.

Il allait se remettre à nager lorsqu’un « craac » sourd ébranla le silence. La détonation d’une arme à feu. Simultanément, un geyser jaillit près de la tête de Rhonda.

On tirait sur elle depuis la plage.

Chapitre XIV

Brusquement, l’eau sembla glaciale à Malko. Cessant de nager, pour ne pas se faire remarquer de la plage, il se laissa entraîner par le courant, presque debout dans l’eau, sans se soucier des requins et des coraux.

Craaac !

Une seconde détonation claqua. Dans sa position, il ne pouvait plus apercevoir Rhonda. Impossible de savoir si elle avait été touchée ou non.

Donnant un coup de ciseau avec ses jambes, il essaya de voir la tête de l’Australienne. Elle nageait sous l’eau ou…

À son tour, il réalisa que le courant venait de l’entraîner dans la zone éclairée par la lune. Presque aussitôt une troisième détonation fit vibrer ses tympans. Cette fois un geyser d’eau de mer jaillit à un mètre de sa tête !

Instinctivement, il prit sa respiration et s’enfonça entre deux eaux, attendant de suffoquer pour remonter.

Il replongea aussitôt, après avoir repéré la position du Koala. Il en était encore à deux cent mètres. Toujours pas de Rhonda.

Impossible de voir où se tenaient ses adversaires dissimulés dans l’ombre des falaos.

Quatrième détonation. Geyser. C’était pour lui. Il avala de l’eau en s’enfonçant trop vite, toussa, coula avec une pensée affreuse. Ils avaient dû toucher Rhonda, sinon, ils ne se concentreraient pas sur lui… Il continua à dériver, nageant, plongeant, crachant, respirant de plus en plus difficilement. Le Koala ne semblait pas se rapprocher. Aucun signe de vie de Rhonda. Cinquième détonation. Juste quand il remontait cette fois… La bouche ouverte, il aspira une goulée d’eau salée.

Il se maintenait sous l’eau avec l’énergie du désespoir. Si seulement le Derviche avait été là avec son « big gun ». Il réalisa soudain que le courant allait le faire passer à une vingtaine de mètres du Koala ! Heureusement, le cabin-cruiser se trouvait entre la plage et lui. Tentant le tout pour le tout il se mit à crawler vigoureusement vers la coque blanche. Si rapidement qu’il manqua de se cogner dedans ! Il essaya en vain de s’accrocher au plastique lisse, gagna l’arrière, crocha dans le garde-hélice et s’immobilisa à l’abri de la coque, essayant de reprendre son souffle. Ses oreilles bourdonnaient et son cœur semblait prêt à s’échapper de sa cage thoracique.

Et Rhonda ? Il s’approcha un peu du côté exposé sans rien voir. La plage faisait une ligne plus sombre dans la nuit claire.

Quelque chose le frôla et il bondit presque hors de l’eau, pensant à un requin. Les battements de son cœur ne s’étaient pas calmés que, la tête de Rhonda fit surface à côté de lui.

— Ne te montre pas, souffla-t-elle.

La jeune femme était à peine essoufflée. Malko fut si heureux de la savoir vivante qu’il ne pensa plus aux tueurs embusqués sur la plage. Rhonda, accrochée au gouvernail, se laissa aller contre lui, debout dans l’eau.

— Ils croient peut-être qu’ils nous ont touchés, dit-elle. Il faut rester là. Si nous nous mettons en route tout de suite, ils risquent de tirer encore, de provoquer des avaries graves.

Elle avait raison, Malko consolida sa position et ils restèrent là, immobiles dans la houle, essayant de ne pas penser aux requins. Plus de signe de vie sur la plage. Malko commençait à s’engourdir, en dépit de la tiédeur de l’eau. Rhonda bougeait doucement les pieds, leurs deux têtes affleuraient à peine l’eau, dans l’ombre de la poupe. Un poisson glissa entre les jambes de Malko. La pensée des requins l’obsédait : il lui semblait déjà sentir une mâchoire lui arracher une jambe… Les battements de jambes de Rhonda provoquaient un remous qui le caressait doucement. Peu à peu, une sensation agréable commença à dissiper son angoisse. S’il voulait tenir longtemps sans devenir fou dans sa position inconfortable, il fallait se changer les idées. Il passa son bras libre autour de la taille de Rhonda. La jeune femme incrusta aussitôt ses reins contre son ventre. Ils demeurèrent ainsi, debout dans l’eau, glissant, épiderme contre épiderme, au rythme de la houle. En quelques minutes ce frottement eut raison chez Malko de la peur des requins et de la hantise des tueurs. La pression des fesses cambrées se fit plus forte. Glissant la main le long du slip de bain de la jeune femme, Malko écarta l’élastique, la jeune femme se cambra. Le reste se fit tout seul, grâce à un coup de houle, un peu plus fort. C’était une sensation délicieuse, avec la fraîcheur relative de l’eau.

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