Naufrage aux Seychelles
- Автор: Де Вилье Жерар
- Серия: SAS (fr) #49
- Год: 1978
- Язык: французский
- Год: Plon
- ISBN: 2-259-00345-1
- Жанр: Шпионские детективы
Электронная книга - «Naufrage aux Seychelles». Краткое содержание книги:
Le Derviche s’en approcha et fouilla parmi les rouleaux. Il se retourna vers Malko.
— Vous pouvez identifier cette carte ?
— Oui.
Quelque chose lui disait que la carte ne se trouvait pas là. C’était trop beau pour être vrai ce bateau abandonné… L’Israélien le bouscula pour ressortir et grimpa rapidement l’échelle montant au flying deck.
Malko observait la porte de la cabine avant. Fermée.
Il s’avança et tourna la poignée ronde qui résista, verrouillée de l’intérieur. Tout à coup une odeur de brûlé lui sauta aux narines.
— Attention ! cria-t-il, il est en train de mettre le feu.
Il entendit le Derviche dégringoler l’échelle du flying deck et l’Israélien surgit dans le carré. Il se rua vers la porte et tenta de l’enfoncer. Elle résista. Malko se souvint tout à coup de l’écoutille, de la cabine avant. Si Cassan était là, il n’allait pas se suicider.
Ressortant du carré, il enjamba le bastingage et commença à progresser le long du bateau, s’accrochant aux montants du flying deck et aux barres d’acier. Il était presque arrivé à la plage avant lorsqu’il vit une écoutille se soulever au milieu du pont, et la tête hirsute de Brownie Cassan en émerger. Au fond du bateau, il entendait des coups sourds. Le Derviche essayant d’enfoncer la porte. L’Australien tourna la tête et aperçut Malko. Aussitôt, il jaillit comme un polichinelle de son écoutille. À quatre pattes sur le pont, il hésita quelques secondes. Puis bondit vers l’avant.
Malko sauta à son tour sur le pont avant mais, déséquilibré par le tangage, il se retrouva le dos plaqué contre la paroi de la cabine inclinée à 45°. Luttant pour se redresser, il vit Brownie Cassan avancer sur lui, brandissant une gaffe terminée par un crochet d’acier de vingt centimètres.
Bien calé, sur ses jambes écartées, l’Australien, parvenu à un mètre de Malko, abattit son arme improvisée, comme s’il voulait harponner un poisson.
Visant la gorge.
Chapitre XII
Le croc d’acier plongea vers la gorge de Malko. Au moment où un coup de houle fit tanguer le Koala, déplaçant Malko de quelques centimètres.
La pointe aiguë arracha le col de sa chemise et se planta dans le plastique, faisant sauter la peinture. Malko profitant du mouvement du bateau, glissa le long du plan incliné et se retrouva à quatre pattes sur le pont. Fou de rage, Brownie Cassan leva de nouveau son arme improvisée et l’abattit. Cette fois aussi ce fut le roulis qui sauva Malko. Le crochet d’acier s’enfonça de cinq centimètres dans le teck du pont, ratant sa tête d’un cheveu…
Au même moment, la tête blonde du Derviche, qui avait réussi à enfoncer la porte, surgit de l’écoutille. Malko entendit l’Israélienne crier quelque chose, qu’il ne comprit pas. Brownie Cassan grommela une injure, arracha le croc du pont et l’abattit sur le Derviche.
L’Israélien poussa un hurlement de douleur. La pointe d’acier venait de s’enfoncer dans son épaule, juste sous la clavicule, ressortant dans les muscles dorsaux. Malko en eut la nausée ! Dans un réflexe désespéré, le Derviche saisit de la main gauche la hampe de la gaffe, mais déjà Brownie Cassan le tirait hors de son écoutille, comme un poisson qu’on sort de l’eau. L’Israélien se laissa hisser, hurlant de douleur. Son sang gicla sur le pont. Le croc d’acier était passé sous la clavicule. Prenant appui sur le plan incliné, Malko plongea dans les jambes de l’Australien.
Déséquilibré, Brownie Cassan tomba en lâchant la gaffe qui resta accrochée dans l’épaule de Derviche.
Malko et Cassan luttaient, enlacés sur le pont. Au passage, Malko parvint à saisir un bout de la chaîne d’ancre et l’abattit de toutes ses forces sur la tête de l’Australien. Ce dernier, roula en arrière avec un gémissement sourd, assommé, tandis que le sang commençait à suinter de son cuir chevelu. Malko se releva, essoufflé, regarda autour de lui.
Zamir surgit, mitraillette au poing. Elle poussa un cri en voyant le Derviche, d’une blancheur de craie, bloqué dans l’écoutille, le sang dégoulinant sur le pont. Elle posa son Uzi, et s’agenouilla près de lui. Avec d’infinies précautions, elle parvint à dégager le crochet d’acier. Le Derviche, les dents serrées, se laissa retomber dans l’écoutille. Malko glissa dans le trou derrière lui, tandis que Zamir faisait le tour par l’extérieur du bateau.
La première chose qu’il aperçut fut Rhonda, ligotée sur une des couchettes. Il aida le Derviche à se remettre debout, une main comprimant son épaule ensanglantée. Zamir surgit à son tour, le guida vers le carré et l’allongea sur le divan.
Le cœur de Malko se serra en voyant le tas de papiers brûlés sur le sol de la cabine avant. Ce qui restait de la carte portant les emplacements réels des récifs de coraux… Il défit les liens qui immobilisaient Rhonda. Celle-ci essaya de lui sourire. Son visage ressemblait à un ballon de football, tant il était enflé. Sa robe déchirée ne cachait rien des bleus qui marbraient son corps. Elle leva un regard terrifié sur Malko.
— Qu’est-ce qui… Où est-il ?
— Nous l’avons maîtrisé, assura Malko. Tout va bien se passer maintenant.
Rhonda s’assit sur le bord de la couchette, la tête dans ses mains et se mit à pleurer.
— My God, gémit-elle, j’ai eu si peur. Brownie m’avait dit qu’il allait me tuer avant de rentrer, me jeter à l’eau. Il l’aurait fait. Il était fou de rage.
— Tu lui as dit la vérité ?
— Oui, murmura-t-elle.
— Bon, repose-toi, dit Malko. Je vais voir ce qui se passe. Il n’avait pas fini sa phrase qu’il entendit un « plouf » sourd. Traversant le carré, il émergea sur le pont arrière pour voir un nageur s’éloigner rapidement du cabin-cruiser : Brownie Cassan. Il nageait sûrement avec des palmes étant donné la rapidité de son déplacement.
Il se dirigeait droit vers le youyou qui attendait toujours à cinq cent mètres.
Malko rentra dans le carré où Zamir était en train de terminer un pansement sommaire au Derviche. L’Israélien avait repris un peu de couleurs et paraissait moins souffrir… Il leva un regard froid vers Malko.
— Que se passe-t-il ?
— Cassan s’est enfui à la nage.
L’Israélien se dressa sur son séant, les traits crispés.
— Il faut le rattraper. Vite.
Il se mit à parler en hébreu à Zamir. Aussitôt, celle-ci abandonnant ses soins, se précipita sur le pont arrière et cria des ordres aux deux Noirs. Ceux-ci se ruèrent sur les amarres qui unissaient les deux bateaux. Malko observait l’Australien s’éloigner, nageant sur le dos. Le youyou s’était mis en marche vers lui. Le temps de défaire les amarres, de mettre en route le trimaran, Cassan avait rejoint le youyou. Celui-ci fit aussitôt demi-tour, filant vers Denis qui se découpait dans le lointain.
Malko fronça les sourcils. Il lui semblait apercevoir un autre bateau. Il alla prendre des jumelles dans le carré et les braqua sur la mer.
C’était bien un bateau. Une grosse barque de pêche seychelloise pleine de Noirs venant du nord. Le youyou se dirigeait droit dessus. Il y arriverait bien avant que le trimaran ne l’ait rattrapé… Il posa les jumelles et rentra dans le carré.
— Inutile de les poursuivre, dit-il au Derviche. Ils ont rencontré un autre bateau.
L’agent Israélien jura en hébreu.
— Ils vont essayer quand même, dit-il.
Du pont arrière, Malko suivit la course. Lorsque le youyou aborda la barque seychelloise, le trimaran se trouvait encore à plus de 300 mètres.
Le Derviche avait réussi à se lever. Il se traîna jusqu’au siège de pêche, au milieu du pont arrière, et s’y adossa avec une grimace de douleur, observant le trimaran faire demi-tour. Rien ne transparaissait de ses sentiments sur ses traits crispés.