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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Pisteur - Livre 2 - Partie 1 [Ruins - fr]
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Pisteur - Livre 2 - Partie 1 [Ruins - fr]

Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 1 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:

En cherchant à connaître ses origines, Rigg ignorait qu’il serait bientôt pris au piège entre deux factions : certains veulent le voir couronné, d’autres n’attendent qu’une chose, sa mort. Prisonnier d’une cage dorée à Aressa Sessamo, il devra user de tout son talent pour survivre et découvrir l’étrange secret que s’efforçait de percer son véritable père…
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— Il l’a appelée comme ça ?

— Ce n’était pas une insulte. Elle s’était surnommée ainsi elle-même après avoir fait mettre à mort tous les héritiers mâles, pour asseoir sa fille sur le trône de la Tente de Lumière. Elle avait désigné Knosso comme prince consort, avec pour instruction de l’assassiner une fois ses deux filles nées.

— Deux ?

— Par sécurité, indiqua Olivenko. Mais ta mère a eu Rigg et Knosso n’a pas voulu d’autres enfants, ce qui a contrecarré les plans d’Aptica Sessamin. Entretemps, la révolution avait frappé, mais la douairière ne manquait pas de candidats parmi les anciens royalistes pour exécuter sa vile besogne au besoin.

— Je ne vous savais pas aussi proches tous les deux.

— Il parlait beaucoup. Et je savais me faire oublier. Il voulait vraiment réaliser quelque chose de grand. Peut-être a-t-il atteint son but, mais au prix de sa vie. Il n’en aura même pas profité. A-t-il seulement eu le temps de pousser un triomphant “Je l’ai fait !” de l’autre côté et de savourer son exploit ? Ou a-t-il juste senti des bras inhumains l’emporter dans les profondeurs de la mer ?

— Je le croyais inconscient…

— C’est ce qu’ont dit les médecins chargés de l’endormir. Pour consoler ta mère. Moi, je pense qu’il était éveillé. Et qu’il s’est battu jusqu’au bout.

— C’est affreux.

— La mort l’a délivré. Toutes les agonies, même les pires, se terminent de la même manière. Par une délivrance.

— Une délivrance… médita Param. Ça donnerait presque envie.

— Je ne suis pas pressé de la connaître. Le plus tard sera le mieux. Jamais, même, si possible. Si misérable soit ma vie, j’y tiens trop, confia Olivenko avant de lever une main en l’air. Ces doigts font tout ce que je leur dis de faire. Sans même que je leur demande. Ils lisent dans mes pensées. Mes pieds aussi. Mes yeux s’ouvrent quand je veux voir et se ferment lorsque je me couche. Ce sont tous de serviables compagnons. Ils me manqueraient trop.

— Tu crois qu’ils te survivront après ta mort ?

— Si ce n’est pas le cas, je n’aurai aucun moyen de le savoir, poursuivit Olivenko. Mais si c’est le cas, alors oui, mes mains, mes doigts et mes yeux me manqueront. La nourriture, aussi. Et le sommeil. Et le moment du réveil.

— Il vaut peut-être mieux être mort.

— Pas que je sache.

— Comment ça, pas que tu saches ?

— S’il y avait des avantages à être mort, ça se saurait.

— Personne n’en parle puisque de toute façon, tout le monde meurt…

— Exact, marmonna Olivenko en fronçant les sourcils. Je n’y avais pas pensé. »

Param gloussa. La situation l’amusait. Elle se sentait presque… heureuse.

« Merci, reprit-elle.

— Il n’y a pas de mérite à être ridicule, se défendit Olivenko.

— Merci d’avoir été ridicule pour moi. »

Ils poursuivirent leur bavardage comme deux nouveaux amis, confiant leurs expériences personnelles, filant, d’une anecdote à l’autre, un cocon rassurant où tous deux finirent par se sentir à l’aise. Olivenko passait le plus clair de son temps à la fuir du regard ; par déférence pour son rang, souci de la mettre à l’aise ou simple timidité de sa part, elle n’aurait su le dire. Param en profita pour étudier son visage et lui trouva un certain charme, pour un adulte. Un côté viril, dans le carré du menton et le tour de cou, mais avec des yeux de penseur, capables de voir l’invisible pour le commun des mortels.

Et qu’avaient-ils vus ? Père, l’objet de sa tendresse et de son amour filial.

Et aujourd’hui, c’est sur moi qu’ils se posent. Et il m’apprécie et…

Param se détourna avant de virer à l’écarlate. La moitié de son être flottait déjà dans une dimension au ralenti, mais elle se refusa d’y basculer entièrement. Elle n’avait aucune envie de partir.

« Merci d’être restée, lança Olivenko.

— Comment as-tu… ? souffla Param.

— J’ignore où tu étais, répondit Olivenko, ou ce que tu as vu, mais tu t’es détournée et figée comme une statue. Comme un cerf avant de bondir. Je t’ai crue déjà ailleurs.

— C’était comme si, confia Param. Mais je n’ai pas voulu te faire peur.

— C’est le réflexe habituel chez les gens qui me rencontrent, avoua Olivenko. Je ne suis ni vraiment soldat ni vraiment garde, tu comprends.

— Tu me gardes, moi, fit valoir Param. Je ne suis pas censée t’effrayer.

— Très bien, dans ce cas », sourit Olivenko.

Il se lança alors dans le récit d’un ivrogne passablement éméché qui avait tenté un jour de forcer son barrage. Devant le refus du garde, l’homme avait sorti son engin et lui avait signifié son mécontentement d’un jet d’urine sur les bottes.

« Non ! s’exclama Param, incrédule.

— Oh, nous l’avons arrêté en le plaquant au sol, mais le sergent n’a jamais compris pourquoi je ne l’avais pas roué de coups quand il était à terre. Comment lui expliquer que je comprenais le mépris de cet homme pour l’uniforme ? Pour lui, je n’étais qu’un pleutre. Il a sauté sur l’occasion pour prendre les autres à partie : “Hé tout le monde, si vous avez une envie pressante, c’est le moment, Olivenko n’est pas contre une petite douche.”

— Quelle finesse… nota Param.

— Ils se sont abstenus, précisa Olivenko. J’ai balancé quelques coups de pied dans la panse de l’ivrogne. Il était tellement aviné qu’il n’a rien senti, et ça a eu le mérite de fermer le clapet du sergent.

— Ah bon… réagit Param, visiblement déçue.

— Si j’avais des principes, reprit Olivenko, je n’aurais pas aidé une bande de fuyards en cavale comme toi et Rigg.

— Alors, au diable les principes ! »

La conversation continua jusqu’à ce que Rigg, Miche et Umbo surgissent du tunnel. Param aperçut le crocheface sur le visage du tavernier et se mit à hurler, de peur et de douleur pour son ami. Elle sentit un bras réconfortant s’enrouler autour d’elle, et les mains chaleureuses du garde posées sur ses épaules.

« Reste avec nous, chuchota Olivenko à son oreille.

— Il faut remercier Vadesh, expliqua Rigg. D’après lui, ce crocheface a été créé pour vivre en symbiose avec nous.

— Miche est encore quelque part là-dedans, ajouta Umbo.

— Ne peut-on le libérer de cette chose ? plaida Param.

— Pas si on veut le garder en vie, lui apprit Rigg. Ou rester en vie nous-mêmes. Au moindre signe suspect, Miche se prend pour un soldat de retour sur le champ de bataille. Il nous mettrait en pièces.

— Olivenko aussi est un soldat, fit remarquer Umbo.

— Ce n’est pas comparable, s’effaça Olivenko, visiblement peu séduit par l’idée d’aller soulever le crocheface.

— Alors qu’est-ce qu’on fait ? questionna Param.

— On quitte l’entremur avant qu’il ne soit trop tard, décida Rigg. Pour un entremur sans Vadesh ni parasites.

— Et si on tombe sur pire ? souleva Umbo.

— Pire ? Qu’est-ce qui peut être pire que ça ? questionna Rigg en pointant la chose du doigt.

— La mort, suggéra Param.

— Seul Miche pourrait le dire, argua Rigg.

— Et où irons-nous ? demanda sa sœur.

— Je l’ignore encore, confessa Rigg. L’entremur de Ram est exclu. Les autres, c’est l’inconnue.

— Nous savons déjà que des monstres marins ont noyé votre père au nord, signala Olivenko.

— Un premier vote pour le sud ? déduisit Rigg. Je ne suis pas contre, personnellement. Et les autres ?

— Partez à l’est, conseilla une voix féminine sortie de nulle part.

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