Pisteur - Livre 2 - Partie 1 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-02321-1
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 1 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
Vivant, mais d’une utilité discutable.
Et moi qui rêvais de tranquillité, songea Rigg. Me voilà garant de la sauvegarde de la planète.
Umbo ne va pas être content.
Chapitre 8
Ressentiment
Lassé d’attendre, et finalement intrigué par ce mystérieux escalier, Umbo descendit une à une les marches jusqu’à l’avant-dernière. Arrivé là, il s’assit.
Un interminable tunnel s’étirait devant lui. Accourus à son appel, Param et Olivenko restèrent silencieux, comme frappés de mutisme devant l’étrange couloir… jusqu’à ce que le garde émette une hypothèse : « C’est une route, et ici, un quai de chargement. Ils sont montés à bord d’un véhicule qui s’est engagé le long de ce tunnel. »
Param sourcilla. Face à son scepticisme, le garde pointa les traces d’usure, sur le sol du quai et le revêtement du tunnel.
« Je croyais ce matériau résistant à tout », constata Param.
1-0 pour elle, pensa Umbo.
« Il l’est, confirma Olivenko. C’est le caoutchouc des souliers et des roues que tu vois. Il s’est détaché au contact du sol. »
Égalité.
Le doute le saisit soudain : que faisait-il au juste au sein de cet équipage ? Olivenko est intelligent. Miche, bâti comme trois. Rigg a été préparé pour cette aventure par l’Homme en Or. Avec Param, ils sont de sang royal. Miche et Olivenko ont porté les armes.
Mais moi ? À part envoyer mon double me prévenir de ne pas commettre une de ces bévues dont je suis le seul à avoir le secret…
Param et Olivenko remontèrent. Umbo préféra s’attarder un moment en bas, à s’interroger sur le cours qu’avait pris sa vie. Le départ de Gué-de-la-Chute avait été heureux. Son périple aux côtés de Rigg aussi ; le soutien de son ami à la mort de son frère, tout autant. Heureuse également, la découverte de leur complémentarité dans la manipulation du temps.
En fait, ils avaient vécu tant d’aventures que si un conteur les lui avait narrées, Umbo serait resté sans voix au récit des périls bravés au mépris de leurs vies. L’évasion du bateau par les airs, catapulté en catastrophe par Miche. Leurs tentatives de casse en boucle à la banque, pour y dérober une pierre qu’il avait fini par ramasser ici, par terre, dans un autre entremur. Les instants magiques. Les découvertes bouleversantes.
Mieux vaut tout de même les entendre de la bouche d’un autre que les vivre soi-même, songea Umbo. Une histoire s’accompagnait toujours d’une chute qui justifiait à elle seule son récit. Mais une aventure vécue au jour le jour… bien malin qui pouvait prédire la suite – si toutefois la suite importait. Vous faites le tour du monde et, au détour d’un tunnel, fin de l’histoire ! Tout ça pour avoir traîné en route.
Bien sûr, vous avez tout de même pris soin de vous préserver d’une méchante trempe – mais c’est précisément ce qui vous a poussé vers la porte. Certes, votre bras et votre oreille restent entiers, mais vous êtes maudit. Condamné à voir Param et Olivenko filer le parfait amour, se marier et repeupler cet entremur, tandis que vous errez sans fin, sans but et sans gloire, tout cela pour avoir écouté les conseils d’un double à l’agonie, égaré dans le futur, et vous être mis sur la touche tout seul.
Une lueur perça les ténèbres, au fond du tunnel. Un sifflement l’accompagna. Un froissement. Comme une masse d’air forçant l’étroitesse d’un tuyau.
Un véhicule surgit puis freina des quatre roues. Rigg était à bord. Miche aussi – le visage masqué par une chose difforme.
« Non ! » hurla Umbo.
Il bondit, fermement décidé à arracher le crocheface à mains nues. Rigg lui barra la route.
« Ne fais pas ça ! Ça le tuerait ! »
Umbo resta sourd à l’avertissement. Il tamponna Rigg et se jeta sur Miche. Le tavernier leva un bras pour se protéger. Umbo retrouva ses esprits ; il stoppa net.
« Tu as bien réagi, souffla Rigg de soulagement depuis le plancher de la carriole. J’aurais dû dire : “Il te tuerait”, en parlant de Miche.
— Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
— Un coup monté, expliqua Rigg. Vadesh a d’abord essayé de me semer au bout du quai. Ensuite, il a feint de nous emmener vers la salle de commandes et nous a piégés. Après, il était trop tard. Le crocheface avait déjà pris le contrôle. Si tu avais été là, Umbo…
— Je lui aurais arraché ce truc de la tête !
— Miche t’aurait… ce parasite t’aurait mis en pièces. »
Son double… tout s’expliquait. Umbo fit part de sa vision à Rigg.
« Tu as tout compris, confirma Rigg. Vadesh fomentait son coup depuis le début. Il peut être content de lui. Depuis, c’est un vrai petit ange. Il fait tout ce que je lui dis. Mais moins je le vois, mieux je me porte.
— Où est-il ? questionna Umbo.
— Quelque part dans le tunnel. Je lui ai dit de marcher pendant qu’on prenait la carriole avec Miche, indiqua Rigg tout en saisissant le bras du tavernier. Il me comprend quand je lui parle. Lui ou le crocheface, d’ailleurs. J’ai l’impression qu’il ne peut pas parler. Il ne répond pas à mes questions. Je lui ai demandé de me suivre, de se lever, de se manifester : rien. Il s’est juste décidé à me suivre quand je l’ai menacé de le laisser seul dans le vaisseau.
— Donc tu ignores qui de Miche ou du crocheface a réagi ? l’interrogea Umbo.
— Un peu des deux sans doute. Miche sous le contrôle parasite, avança Rigg. Cette histoire de double… Elle m’amène à penser qu’il reste un peu de notre ami dans ce corps.
— Pourquoi ? s’enquit Umbo.
— Parce que ton double, il ne l’a pas tué, répliqua Rigg. Le crocheface seul n’aurait fait qu’une bouchée de lui en ordonnant à Miche de lui briser la nuque. Or il n’a fait que l’amocher.
— Tu en conclus que Miche garde une part de contrôle ?
— Ces assaillants que nous avons vus sur le champ de bataille, avec leur crocheface sur le visage…
— Que vous avez vus, le coupa Umbo. Je te rappelle que je n’étais pas là.
— Ces parasites-là dominaient leurs hôtes, qui n’ont pas hésité à massacrer leurs semblables encore sains. Miche n’a rien tenté de tel avec moi.
— Qu’est-ce que ça prouve ?
— Miche a été contaminé par un type de crocheface nouveau, développé par Vadesh pendant des milliers d’années pour le rendre compatible avec les humains. S’il a bien fait son travail, alors Miche est encore là, quelque part. Prêt à reprendre le contrôle, qui sait. Du moins à le partager. Pour Vadesh, c’est l’inconnue. Attendons de voir comment Miche réagit. Il m’a suivi, c’est plutôt bon signe.
— Et tu as demandé à Vadesh de marcher.
— Je sais, c’était un peu gamin de ma part, accorda Rigg. Mais c’est un sacrifiable, ça ne l’affecte pas. Et moi, ça m’a fait du bien.
— Moi, c’est le démonter jusqu’au dernier écrou qui me ferait le plus grand bien.
— Il est indestructible. En plus il dispose d’un stock de pièces prêtes à l’emploi, codées avec sa mémoire et ses paramètres, au cas où…
— En résumé, on ne peut rien faire, ni pour Miche ni contre Vadesh.