Colonie 1 [Colony - fr]
- Автор: Бова Бен
- Серия: Chet Kinsman (fr) #3
- Год: 1980
- Язык: французский
- Год: J'AI LU
- ISBN: 2-277-21028-5
- Переводчик: Michel Deutsch
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Colonie 1 [Colony - fr]». Краткое содержание книги:
Loin de la Terre, Île◦Un — riche et heureuse colonie spatiale, d’une technologie si avancée qu’un homme y a été « créé » en laboratoire : David Adams. Beauté d’archange, intelligence souveraine.
Pourtant cet être « invulnérable » s’est épris d’une journaliste de passage, la belle Evelyn Hall... et veut la retrouver.
Tout comme il veut, parce qu’il se sent solidaire des hommes, sauver la Terre qu’une guerre bactériologique menace et dont le Gouvernement mondial vacille…
Bravant l’interdiction de quitter Île◦Un, David se lance dans le plus fantastique des voyages, passager clandestin d’astronefs en fusées, traqué de satellites en planètes…
N’arrivera-t-il pas trop tard sur une Terre où déjà règnent la violence et l’anarchie ? Londres brûle, on se bat dans New York…
— Vous l’avez expulsée de la colonie !
— Absolument pas, répliqua Cobb avec force. Je voulais qu’elle reste, bien au contraire. La Terre est le dernier endroit où je souhaite la voir. Elle devait avoir des autorisations falsifiées. Bref, elle a filé.
— Je ne vous crois pas ! cria David. Vous l’avez flanquée à la porte et vous me retenez prisonnier. Vous l’avez chassée pour l’éloigner de moi parce qu’elle commençait à m’ouvrir les yeux sur ce que vous faites ici, sur le directoire, sur cette situation odieuse !
Oui, tes yeux sont en train de s’ouvrir, songea Cobb avec lassitude. Mais pourquoi faut-il toujours que ce soit aussi douloureux ?
— Écoute-moi, mon garçon. Je n’ai pas…
— Non ! Je ne vous écoute plus, c’est fini. Et je… je m’évaderai de cette prison !
Cobb se mit lentement debout. Ses mains tremblaient imperceptiblement.
— Tu sais très bien que tu ne peux pas quitter Île Un, David. Même si je t’y autorisais, le directoire ne le permettrait jamais. Ce serait la mobilisation générale. Tout l’argent et tous les efforts que tu as coûtés… tu es trop précieux pour prendre un tel risque. La Terre est trop dangereuse pour toi. Tu ne survivrais pas.
— J’irai ! vociféra David. Je ne sais pas encore comment mais j’irai d’une manière ou d’une autre !
Il pivota sur lui-même et sortit en trombe. Il n’y avait plus, maintenant, dans la pièce qu’un vieillard tremblant, seul au milieu d’un bureau vide — luxueux avec ses divans bas, ses fauteuils sculptés, le bourdonnement des conditionneurs d’air qui assuraient une climatisation parfaite.
Totalement seul.
Un sourire se forma insensiblement sur le visage couturé du vieil homme. Un sourire triste — mais quand même un sourire.
Bonne chance, fils, souhaita-t-il en silence au garçon.
10
Ai passé la journée pendu au téléphone pour essayer de trouver du travail. Chou blanc sur toute la ligne. Il n’y a pas d’emplois pour un type de vingt ans qui a vécu toute sa vie dans une ferme, c’est clair et de bon goût. Je sais réparer les machines, programmer un ordinateur commercial, soigner les bêtes et j’ai même quelques notions de médecine vétérinaire. Mais cela n’intéresse personne. Je n’ai pas les bons diplômes. Ils regardent les fiches signalétiques, pas les gens.
Les représentants de l’aide sociale sont venus voir papa et maman, et au moins cinq partis politiques différents ont téléphoné. C’était chaque fois préenregistré. J’ai même été sollicité par une association qui recrute paraît-il des gens pour les envoyer en Amérique latine combattre les guérilleros qui sapent les gouvernements locaux régulièrement élus.
Je ne sais ni quoi faire ni où aller. L’idée de quitter la ferme me désole mais il faudra qu’on ait déguerpi avant la fin du mois.