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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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Un long moment, Farad’n observa le vieil homme, réfléchissant aux implications profondes de ces pensées, à la persistance de concepts si discrédités. La morale ! Les objectifs sociaux ! Des mythes bons à mettre à côté de la croyance au mouvement ascendant de l’évolution.

« Nous avons entendu assez de paroles, dit Tyekanik. Qu’est-il du prix convenu, Prêcheur ? »

« Duncan Idaho est à vous. Veillez à bien vous en servir. C’est un joyau sans prix. »

« Oh, nous avons la mission qui lui convient, dit Tyekanik. Il regarda Farad’n : Pouvons-nous nous retirer, Mon Prince ? »

« Qu’il fasse ses bagages avant que je change d’idée, dit Farad’n. Et il ajouta, avec un regard dur : Je n’aime pas la façon dont tu t’es servi de moi, Tyek. »

« Pardonnez-lui, Prince, intervint le Prêcheur. Votre fidèle Bashar accomplit la volonté de Dieu sans le savoir. »

Sur ce, s’inclinant, le Prêcheur s’éloigna et Tyekanik lui emboîta précipitamment le pas.

Farad’n, tout en regardant les deux silhouettes qui allaient disparaître, songea : Je dois me pencher sur cette religion que Tyek a épousée. Il sourit tristement. Quel interprète des rêves ! Mais qu’importe ? Mon rêve n’était pas une chose importante.

15

Et il eut la vision d’une armure. Elle n’était pas sa propre peau, elle était plus solide que le plastacier. Rien ne pouvait pénétrer cette armure, ni le couteau, ni le poison, ni le sable, pas même la poussière du désert ou sa chaleur desséchante. Dans sa main droite, il enserrait la puissance de la tempête Coriolis, il pouvait faire trembler la terre et l’éroder jusqu’à la nudité. Ses yeux étaient fixés sur le Sentier d’Or et, dans sa main gauche était le sceptre du pouvoir absolu. Au-delà du Sentier d’Or, ses yeux voyaient l’éternité, et il savait que l’éternité était la nourriture de son âme et de sa chair éternelle.

Heighia, le Rêve de Mon Frère,
d’après Le Livre de Ghanima.

« Il serait mieux pour moi de ne jamais être Empereur, dit Leto. Oh ! je ne veux pas dire que j’ai commis la faute de mon père et que j’ai entrevu l’avenir grâce à un verre d’épice. Je parle par égoïsme. Ma sœur et moi avons désespérément besoin d’une période de liberté pour apprendre à vivre avec ce que nous sommes. »

Il se tut et posa un regard interrogateur sur Dame Jessica. Ghanima et lui s’étaient mis d’accord sur les termes qu’il avait employés. Quelle allait être la réponse de leur grand-mère ?

Dans la faible clarté des brilleurs de son appartement, Jessica observa le visage de son petit-fils. C’était à peine l’aube de son second jour dans le Sietch Tabr et elle venait d’être alarmée par les rapports concernant la nuit de veille des jumeaux. Que faisaient-ils ? Elle n’avait pas bien dormi et elle ressentait la morsure des acides de la fatigue, l’appelant à redescendre de l’hyper-niveau sur lequel elle s’était maintenue pour faire face à tous les devoirs qui lui avaient incombé depuis le moment crucial de l’astroport. Elle se trouvait à présent dans le sietch de ses cauchemars… mais au-dehors… le désert n’était pas celui dont elle avait le souvenir. D’où sont venues toutes ces fleurs ? se demandait-elle. Et l’atmosphère était bien trop humide. Et les jeunes se montraient si négligents à l’égard du distille.

« Qu’es-tu donc, enfant, pour avoir besoin de temps pour apprendre sur toi-même ? » demanda-t-elle enfin.

Il secoua la tête, doucement, conscient que c’était là un mouvement d’adulte sur un corps d’enfant, se rappelant qu’il lui fallait maintenir cette femme en situation de déséquilibre.

« D’abord, dit-il, je ne suis pas un enfant. Oh ! oui… (Il toucha sa poitrine.) Ceci est un corps d’enfant, sans le moindre doute. Mais… je ne suis pas un enfant. »

Jessica se mordit la lèvre supérieure, sans se soucier de révéler son trouble. Son Duc, qui était mort depuis si longtemps sur cette maudite planète, avait ri bien souvent de cela. « Ta seule réponse franche. Elle m’apprend que tu es inquiète et que je dois baiser ces lèvres pour qu’elles cessent de s’affoler. »

A présent, ce petit-fils qui portait le prénom de son Duc l’enfermait dans le silence des battements de son cœur par son seul sourire tandis qu’il disait :

« Vous êtes inquiète. Je le vois : vos lèvres s’affolent. »

Il lui fallut faire appel au fondement de la discipline Bene Gesserit pour garder une apparence de calme.

« Tu me provoques ? » demanda-t-elle.

« Vous provoquer ? Jamais. Non, je désire seulement vous faire apparaître clairement la différence qui nous sépare. Laissez-moi vous remettre en mémoire cette ancienne orgie de sietch au cours de laquelle la Vieille Révérende Mère vous a transmis toutes ses vies, tous ses souvenirs. Elle s’est accordée sur vous et vous a donné ce… ce long chapelet de saucisses, chaque saucisse étant une personne. Vous le gardez en vous. Alors, vous devez savoir quelque chose de ce que nous vivons, Ghanima et moi. »

« Et Alia ? »

« N’en avez-vous pas déjà parlé avec Ghani ? »

« Je désire en parler avec toi. »

« Très bien. Alia a refusé ce qu’elle était, et elle est devenue ce qu’elle redoutait par-dessus tout. Le passé intérieur ne peut être relégué dans l’inconscient. Une telle démarche serait dangereuse pour n’importe quel être humain mais, pour nous, les pré-nés, c’est là un sort pire que la mort. Voilà tout ce que je puis dire à propos d’Alia. »

« Donc, tu n’es pas un enfant. »

« J’ai des millions d’années. Cela implique des adaptations qui jamais auparavant n’ont été nécessaires à un humain. »

Jessica hocha la tête. Elle se sentait plus calme à présent, mais aussi plus prudente qu’elle ne l’avait été avec Ghanima. Mais Ghanima, où était-elle donc ? Pour quelle raison Leto était-il venu seul ?

« Eh bien, grand-mère, dit-il à cet instant. Sommes-nous des Abominations ou le grand espoir des Atréides ? »

Éludant la question, Jessica demanda : « Où est ta sœur ? »

« Elle occupe Alia afin que celle-ci ne nous dérange pas. C’est nécessaire. Mais Ghani ne vous en dirait pas plus que je ne le fais. N’avez-vous pas compris cela hier ? »

« Ce que j’ai compris hier ne regarde que moi. Pourquoi tout ce bavardage à propos de l’Abomination ? »

« Bavardage ? Ne me faites pas votre numéro Bene Gesserit, grand-mère. Ou bien je vous le resservirai, mot pour mot, en le tirant de vos propres souvenirs. Non, il me faut autre chose que ces lèvres affolées. »

Jessica secoua la tête, percevant tout à coup la froideur de… cette personne qui avait en elle son sang. Les ressources dont disposait Leto étaient écrasantes. Elle essaya de se mettre à son diapason pour demander : « Que sais-tu de mes intentions ? »

Il redressa la tête.

« Vous n’aviez nul besoin de chercher à savoir si j’avais commis l’erreur de mon père. Je n’ai pas regardé hors de notre jardin de temps, du moins je n’ai pas cherché à en franchir la clôture. Il faut laisser la connaissance absolue de l’avenir à ces instants de déjà vu que vit tout être humain. Je sais les pièges de la prescience. L’existence de mon père m’a enseigné tout ce qu’il faut savoir à leur propos. Non, grand-mère, connaître l’avenir c’est se trouver pris au piège de cet avenir, totalement. Et le temps s’effondre. Le présent devient l’avenir. Non… il me faut plus de liberté que cela. »

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