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Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]

Электронная книга - «Les enfants de Dune [Children of Dune - fr]». Краткое содержание книги:

Sur Dune, la planète des sables, les anciennes prophéties sont en train de s’accomplir. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et les jardins débordent sur le désert. Mais la prospérité nouvelle de Dune menace sa richesse, l’Epice de longévité et de prescience. Les durs Fremen, qui ont porté aux confins de l’univers humain la bannière et la parole de Muad’Dib, s’amollissent. Les vers géants se font rares. Et depuis que Paul est allé au désert pour y mourir selon la tradition Fremen parce qu’il a perdu la vue, ses prêtres ont construit sur son message de paix une théocratie autoritaire qui régit toute la galaxie.
C’est alors que se jouent les destins des enfants de Dune.
Leto et Ghanima, les jumeaux nés de Paul et de Chani, se sont éveillés à la conscience dans le ventre de leur mère et portent en eux les mémoires héréditaires d’innombrables générations. Il leur faut les dompter s’ils veulent échapper à l’Abomination redoutée par les Sœurs du Bene Gesserit à la possession par un spectre surgi de ce passé génétique.
Il leur faut aussi déjouer les complots s’ils veulent survivre, refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad et régner à leur tour sur Dune.

Voici enfin le troisième volet de l’épopée la plus fascinante de toute la science-fiction moderne. Un grand roman historique situé dans l’avenir lointain.
Dans huit mille ans.
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Farad’n acquiesça : « Ne nous induis pas en fureur. »

« Les conséquences fatales de la fureur des Corrino sont bien connues, Mon Seigneur de Salusa Secundus », dit le vieil homme.

Tyekanik posa une main apaisante sur le bras de Farad’n.

« Nous provoques-tu afin de mourir ? »

Farad’n n’avait pas songé à cela. Il se sentit glacé à la pensée des implications d’une telle attitude. Ce vieil homme qui s’était donné le nom de Prêcheur… était-il plus qu’il ne semblait ? Quelles pourraient être les conséquences de sa mort ? Les martyrs pouvaient être dangereux.

« Je doute que vous m’assassiniez quoi que je puisse dire, fit le Prêcheur. Je pense que vous connaissez ma valeur, Bashar, et votre Prince la devine désormais. »

« Tu refuses absolument d’interpréter son rêve ? » insista Tyekanik.

« Je l’ai interprété. »

« Et tu ne révéleras pas ce que tu y vois ? »

« M’en voulez-vous, Mon Seigneur ? »

« En quelle manière peux-tu m’être utile ? » demanda Farad’n.

Le Prêcheur leva alors sa main droite et dit : « Si je fais ce geste, Duncan Idaho viendra à moi et m’obéira. »

« Quelle est donc cette absurde prétention ? » demanda Farad’n.

Tyekanik secoua la tête, se souvenant de sa dispute avec Wensicia.

« Mon Prince, cela pourrait être vrai. Ce Prêcheur a de nombreux fidèles sur Dune. »

« Pourquoi ne m’as-tu pas dit qu’il venait de ce monde ? »

Avant que Tyekanik ait pu répondre, le Prêcheur répondit à Farad’n : « Mon Seigneur, vous ne devez pas vous sentir coupable en ce qui concerne Arrakis. Vous n’êtes qu’un produit de votre temps. C’est le plaidoyer particulier que tout homme peut faire lorsqu’il est assailli par la culpabilité. »

« La culpabilité ! » répéta Farad’n, outré.

Le Prêcheur se contenta de hausser les épaules.

Et, de façon étrange, Farad’n passa de la colère à l’amusement. Il se mit à rire à gorge déployée et Tyekanik le regarda avec inquiétude.

« Je t’aime bien, Prêcheur », dit-il enfin.

« Cela m’est un plaisir, Prince. »

« Nous te trouverons un appartement ici, dans ce palais, reprit Farad’n. Tu seras mon interprète officiel des rêves, bien que tu ne m’aies pas révélé le moindre mot de ton interprétation. Tu pourras également me conseiller à propos de Dune. Ce lieu m’intéresse au plus haut point. »

« Je ne puis faire cela, Prince. »

La colère revint effleurer Farad’n. Ses yeux prirent un éclat dur comme ils se posaient sur le masque noir du Prêcheur.

« Pourquoi donc, dis-le-moi ? »

« Mon Prince », intervint Tyekanik, posant à nouveau une main sur son bras.

« Qu’y a-t-il donc, Tyek ? »

« Nous l’avons amené ici sous contrat passé avec la Guilde. Il doit regagner Arrakis. »

« On me rappelle sur Arrakis », dit le Prêcheur.

« Qui te rappelle ? »

« Un pouvoir plus grand que le tien, Prince. »

Farad’n regarda Tyekanik : « Est-il un espion Atréides ? »

« C’est peu probable, Mon Prince. Sa tête a été mise à prix par Alia. »

« Alors, si ce ne sont pas les Atréides qui te rappellent sur Arrakis, qui ? » demanda Farad’n au Prêcheur.

« Un pouvoir plus grand que celui des Atréides. »

Farad’n eut un rire nerveux. Tout cela n’était qu’un ramassis de délires mystiques. Comment Tyek avait-il pu se laisser abuser ainsi ? Ce Prêcheur avait été rappelé sur Dune. Par un rêve, sans doute. De quelle importance étaient les rêves ?

« Tout ceci était une perte de temps, Tyek, dit-il. Pourquoi m’avoir convié à cette… cette farce ? »

« L’enjeu est double, Mon Prince. Cet interprète des rêves a promis de me livrer Duncan Idaho et d’en faire un agent de la Maison de Corrino. Tout ce qu’il m’a demandé a été de vous rencontrer pour interpréter votre rêve. »

Et Tyekanik songea : C’est du moins ce qu’il a dit à Wensicia ! A nouveau, il était assailli par le doute.

« Pour quelle raison mon rêve est-il si important pour toi, vieil homme ? » demanda Farad’n.

« Il me dit que de grands événements se dirigent vers une conclusion logique. Je dois hâter mon retour. »

Ironique, Farad’n remarqua : « Et tu resteras impénétrable, me refusant ton conseil. »

« Les conseils, Prince, sont une facilité dangereuse. Mais je me permettrai quelques mots que vous pourrez accepter comme conseil ou dans tout autre sens qui vous conviendra. »

« Fais donc. »

Le Prêcheur redressa la tête et le masque de gaze noire se trouva face au visage de Farad’n.

« Les gouvernements s’érigent et s’effondrent pour des raisons qui semblent insignifiantes, Prince. Des événements si mineurs ! Une dispute entre deux femmes… La direction du vent un certain jour… un éternuement, une toux, la longueur d’une parure ou la rencontre improbable d’un grain de sable et de l’œil d’un courtisan. Ce ne sont pas toujours les soucis majeurs des ministres impériaux qui dessinent le cours de l’histoire, pas plus que ce ne sont les gestes des pontifes qui dirigent les mains de Dieu. »

Sans qu’il pût en expliquer la raison, Farad’n se sentit profondément troublé par ces paroles.

Une phrase, en particulier, avait éveillé l’attention de Tyekanik. Pourquoi le Prêcheur avait-il fait allusion à une « parure » ? Il pensa aux costumes impériaux qui avaient été adressés aux jumeaux Atréides, aux tigres dressés à l’attaque. Fallait-il voir un subtil avertissement dans les mots du vieil homme ? Que savait-il au juste ?

« Que signifie ce conseil ? » demanda Farad’n.

« Pour réussir, dit le Prêcheur, il vous faut ramener votre stratégie à son point d’application. Où applique-t-on une stratégie ? A un lieu particulier, à des personnes particulières. Même avec la plus grande minutie, il se trouvera un petit détail sans signification directe qui vous échappera. Votre stratégie, Prince, peut-elle être réduite aux ambitions de l’épouse d’un gouverneur de légion ? »

D’une voix glacée, Tyekanik intervint : « Que signifie cette rengaine sur la stratégie, Prêcheur ? Que peut en retirer Mon Prince ? »

« On l’incite à désirer un trône, dit le Prêcheur. Je lui souhaite bonne chance, mais il lui faudra bien plus que de la chance. »

« Voilà de dangereuses paroles, dit Farad’n. Comment peux-tu avoir l’audace de les prononcer ? »

« Les ambitions tendent à ne pas se plier aux réalités. Je dis ces paroles audacieuses parce que vous êtes à un carrefour. Vous pourriez devenir admirable. Mais, pour l’heure, vous êtes entouré par ceux-là qui ne cherchent point de justifications morales, par des conseillers guidés par la seule stratégie. Vous êtes jeune, fort et dur, mais il vous manque une éducation d’un certain type grâce à laquelle votre caractère pourrait évoluer. Ce qui est triste, puisque vous avez des faiblesses dont je vous ai décrit les dimensions. »

« Que veux-tu dire ? » demanda Tyekanik.

« Prends garde à tes paroles, intervint Farad’n. Qu’est-ce donc que cette faiblesse ? »

« Vous n’avez pas accordé une pensée au genre de société qui aurait votre préférence. Vous ne prenez pas en considération les aspirations de vos sujets. Même la forme de l’Imperium que vous souhaitez est vague dans vos spéculations. (Le Prêcheur tourna son visage-masque vers Tyekanik.) Votre regard est fixé sur le pouvoir, et non sur ses subtils usages et ses risques. Ainsi, votre avenir est empli d’inconnues manifestes : disputes entre femmes, toux et jours de vent. Comment pouvez-vous déterminer une époque alors que vous ne pouvez voir jusqu’au moindre détail ? La force de votre esprit ne vous servira de rien. Votre faiblesse est là. »

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