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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Pisteur - Livre 1 - Partie 1 [Pathfinder - fr]
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Pisteur - Livre 1 - Partie 1 [Pathfinder - fr]

Электронная книга - «Pisteur - Livre 1 - Partie 1 [Pathfinder - fr]». Краткое содержание книги:

Rigg sait garder les secrets. Seul son père connaît la vérité au sujet de son étrange talent qui consiste à voir le passé des gens. Mais quand ce dernier meurt, Rigg est stupéfié de découvrir le nombre de choses qu’on lui a cachées : des secrets sur son passé, son identité, son destin. Quand le garçon comprend qu’il peut non seulement voir le passé, mais aussi le changer, son avenir va devenir de plus en plus incertain… D’aucuns considèrent l’œuvre de cet auteur contemporain majeur comme incontournable. De confession mormone, il n’a jamais cessé de défendre une science-fiction initiatique humaniste.
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— Dur pour votre première femme, constata Rigg.

— Ma première mission a duré huit ans et, à mon retour, j’avais trois enfants de moins de cinq ans, et la nette impression que trois géniteurs différents avaient assuré l’intérim. Et tu me dis que j’ai été dur ?

— Au moins, elle aura attendu trois ans, calcula Umbo.

— Au moins je ne l’ai pas tuée, ce qui était mon droit. J’ai préféré la virer car, comme m’a dit Flaque : “Commencer une histoire dans le sang n’est jamais une bonne chose”, et aussi parce que je me rappelais vaguement l’avoir aimée un jour. Et même si elle n’a jamais eu d’enfants de moi, pas plus que Flaque, d’ailleurs, elle doit encore pouvoir s’occuper de ceux qu’elle a eus avec d’autres, non ? Ici ou ailleurs.

— Belle preuve de tolérance. Elle a quand même entretenu la ferme pendant huit ans, et vous la lui avez retirée du jour au lendemain.

— Ce sont les domestiques qui l’ont entretenue, rectifia Miche. C’était ma ferme et ma femme au demeurant, mais ses enfants. Je n’ai jamais levé la main sur elle, et même un saint aurait vendu la ferme avant d’empocher l’argent. Rien ne l’empêchait d’aller toquer chez l’un des autres pères.

— Vous êtes presque un ange, finalement, dit Rigg avec un sourire délibérément taquin.

— C’est ça, mon petit, plaisante tant que tu veux, moque-toi bassement, mais je suis un ange. Grâce à Flaque. Et à celui qui m’a fait cette cicatrice. Ils ont tué le guerrier qui était en moi. Mais je continue à m’entraîner. Chaque jour, une heure ou deux, toutes les armes. Je sais encore décocher une flèche en plein dans le mille, à cent mètres. Si ce cheval ne m’avait pas désarçonné sans prévenir, jamais cette épée ne m’aurait ouvert en deux comme ça, j’étais l’un des meilleurs. Et je le suis toujours, malgré les traces que quinze années sans adversaire plus coriace à se mettre sous la dent qu’un batelier ivre peuvent laisser sur un vieux vétéran comme moi. »

Il était rassurant d’entendre que son ancienne femme devait sa survie à Flaque. Elle pouvait toujours répéter qu’elle n’aurait pas hésité une seconde avant de les jeter à l’eau, ou de les mettre à la porte le premier soir, à la merci des brutes du coin, Rigg savait désormais qu’elle et Miche étaient de vrais gentils, qui ne se donnaient l’air de durs que pour en imposer à leur rude clientèle.

« Flaque s’entraîne avec toi ? » demanda Umbo.

Rigg s’attendait à voir une petite calotte partir pour prix de son insolence, mais Miche se contenta d’un bon éclat de rire. « Bien sûr ! répondit-il. Non, elle ne se bat pas, mais elle enfile quand même les protections pour me faire travailler mes passes et mes attaques. C’est la seule personne que je connaisse qui ait mon allonge. On s’entraîne à la nuit tombée, une heure. Et tant mieux si les riverains nous voient, ceux qui ne cuvent pas de la veille en tout cas. Comme ça, ils savent que même en mon absence, la maison est bien gardée. »

Tôt dans l’après-midi du quatrième jour, ils la virent : la Tour d’O, émergeant de la rangée d’arbres en bordure de rivière. Elle se fondait presque entièrement dans la grisaille du ciel hivernal et pourtant, personne ne pouvait la rater, cylindre métallique fièrement dressé vers le ciel, coiffé d’un dôme à son sommet.

« Enfin arrivés, dit Umbo en se dirigeant vers l’échelle menant au pont inférieur, Rigg sur ses talons.

— Attendez, les rappela Miche. Il reste encore une bonne journée de voyage jusqu’à O, au bas mot.

— Mais c’est juste là ! s’exclama Umbo.

— Regarde comme c’est brumeux. Et pourtant l’air est clair. Si c’était juste là comme tu dis, ça ne ressemblerait pas à ça. »

Si la tour était encore à une journée de bateau, se demanda Rigg, comment pouvait-elle dépasser des arbres à ce point ? « Elle est vraiment haute ? comprit-il.

— Plus que tu ne peux l’imaginer. Penses-tu que les gens y viendraient de partout en pèlerinage, si elle était juste un peu haute ? La rivière fait un grand coude, on va la perdre de vue pendant quelques heures, mais de là où on arrivera après, on en appréciera mieux la hauteur. C’est l’une des merveilles de ce monde. Qu’une nation, une ville même, ait pu imaginer et construire un truc pareil dépasse l’entendement. Et pourtant, elle ne sert à rien. Il paraît qu’il faut une journée pour monter à son sommet, mais bien malin qui pourrait le dire, l’accès est bloqué. Pas à cause d’une quelconque loi du Conseil d’O, non, juste bloqué de l’intérieur, si bien que personne n’a jamais pu explorer la tour dans son ensemble et comprendre pourquoi ils l’avaient construite. »

Rigg contempla la Tour d’O jusqu’à la perdre de vue dans l’obscurité. Il se demanda ce que son père en aurait dit, lui qui semblait tout savoir. Apparemment, il n’avait jamais pensé à lui en parler.

Chapitre 7

O

« Était-ce la contraction ou simplement une contraction ? demanda Ram.

— La contraction était bien là, répondit le sacrifiable. Les dix-neuf ordinateurs de bord sans exception indiquent qu’elle… a été passée. »

Tout dans les phrases des sacrifiables était pesé avec soin. Ils n’hésitaient jamais, ou alors c’était que l’hésitation sous-entendait quelque chose. « Tu as dit “a été passée”, mais tu n’as pas dit si nous l’avions passée, remarqua Ram, méfiant.

— Parce que nous n’avons apparemment pas effectué le saut. Nous sommes ressortis à l’endroit exact où nous étions entrés.

— Ressortis en continuant à avancer ? s’étonna Ram.

— Oui.

— Où sommes-nous maintenant, alors ?

— Dans notre position physique d’il y a deux jours. Nous nous sommes rapprochés de la Terre de deux jours.

— La contraction nous a fait faire demi-tour, en déduisit Ram. On va dans le mauvais sens.

— Pas exactement, Ram, dit le sacrifiable. À notre sortie de la contraction, nous tournions le dos à la Terre, exactement comme à notre entrée.

— Il n’y a pas de marche arrière sur ce vaisseau, corrigea Ram. On ne peut aller que droit devant.

— Tout indique que nous avançons à la même vitesse qu’avant. Et également que nous nous rapprochons de la Terre.

— Donc nous avançons et nous reculons en même temps, déduisit Ram.

— Notre propulsion se fait vers l’avant, notre progression vers l’arrière.

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