Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Романы для взрослых » Historiettes, Contes Et Fabliaux
Historiettes, Contes Et Fabliaux - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Historiettes, Contes Et Fabliaux

Электронная книга - «Historiettes, Contes Et Fabliaux». Краткое содержание книги:

Historiettes, Contes Et Fabliaux
1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 53
Перейти на страницу:

– Mon cher marquis, dit le président en gagnant la porte, il me semble que ma présence est assez inutile ici, nous ne sommes pas accoutumés à ces sortes de vengeance et nous voulons comme les médecins tuer indifféremment qui bon nous semble, sans que le défunt ait jamais rien à nous dire.

– Un moment, frère, un moment, dit d’Olincourt en arrêtant le président tout prêt à se sauver, achevons d’entendre les éclaircissements de cet homme; puis s’adressant au fermier:

– Est-ce là tout, maître Pierre, n’avez-vous nulle autre particularité à nous dire de cet événement singulier, et est-ce généralement à tous les gens de robe que ce lutin en veut?

– Non pas, monsieur, répondit Pierre, il laissa l’autre jour un écrit sur une table dans lequel il disait qu’il n’en voulait qu’aux prévaricateurs; tout juge intègre ne risque rien avec lui, mais il n’épargnera pas ceux qui seulement guidés par le despotisme, par la bêtise ou la vengeance, auront sacrifié leurs semblables à la sordidité de leurs passions.

– Eh bien, vous voyez qu’il faut que je me retire, dit le président consterné, il n’y a pas la plus petite sûreté pour moi dans cette maison.

– Ah! scélérat, dit le marquis, voilà donc tes crimes qui commencent à te faire frémir… Hein, des flétrissures, des exils de dix ans pour une partie de filles, d’infâmes connivences avec des familles, de l’argent reçu pour ruiner un gentilhomme, et tant d’autres malheureux sacrifiés à ta rage ou à ton ineptie, voilà les fantômes qui viennent troubler ton imagination, n’est-ce pas? Combien donnerais-tu maintenant pour avoir été honnête homme toute ta vie! Puisse cette cruelle situation te servir de quelque chose un jour, puisses-tu sentir d’avance de quel poids affreux sont les remords, et qu’il n’est pas une seule félicité mondaine de quelque prix qu’elle nous ait paru, qui vaille la tranquillité de l’âme et les jouissances de la vertu.

– Mon cher marquis, je vous demande pardon, dit le président les larmes aux yeux, je suis un homme perdu, ne me sacrifiez pas, je vous conjure, et laissez-moi retourner près de votre chère sœur que mon absence désole et qui ne vous pardonnera jamais les maux où vous allez me livrer.

– Lâche, comme on a raison de dire que la poltronnerie accompagne toujours la fausseté et la trahison… Non, tu ne sortiras point, il n’est plus temps de reculer, ma sœur n’a point d’autre dot que ce château; si tu veux en jouir, il faut le purger des coquins qui le souillent. Vaincre ou mourir, point de milieu.

– Je vous demande pardon, mon cher frère, il y a un milieu, c’est de s’échapper fort vite en renonçant à toutes les jouissances.

– Vil poltron, c’est donc ainsi que tu chéris ma sœur, tu aimes mieux la voir languir dans la misère que de combattre pour libérer son héritage… Veux-tu que je lui dise au retour que ce sont là les sentiments que tu affiches?

– Juste ciel, en quel affreux état suis-je réduit!

– Allons, allons, que le courage te revienne et dispose-toi à ce qu’on attend de nous.

On servit, le marquis voulut que le président dînât tout armé; maître Pierre fut du repas, il dit que jusqu’à onze heures du soir, il n’y avait absolument rien à craindre, mais que depuis cette époque jusqu’au jour la place n’était pas tenable.

– Nous la tiendrons cependant, dit le marquis, et voilà un brave camarade sur lequel je compte comme sur moi-même. Je suis bien sûr qu’il ne m’abandonnera pas.

– Ne répondons de rien jusqu’à l’événement, dit Fontanis, je l’avoue, je suis un peu comme César, le courage est très journalier chez moi.

Cependant l’intervalle se passa en reconnaissance des environs, en promenades, en comptes avec le fermier et lorsque la nuit fut venue, le marquis, le président et leurs deux domestiques se partagèrent le château.

Le président avait pour sa part une grande chambre entourée de deux maudites tours dont la seule vue le faisait frémir d’avance: c’était justement par là, disait-on, que l’esprit commençait sa tournée, il l’allait donc avoir de la première main; un brave eût joui de cette flatteuse espérance, mais le président qui comme tous les présidents de l’univers et particulièrement comme les présidents provençaux, n’était rien moins que brave, se laissa aller à un tel acte de faiblesse en apprenant cette nouvelle, qu’on fut obligé de le changer des pieds à la tête; jamais aucune médecine n’avait eu un effet plus prompt. Cependant on le rhabille, on l’arme de nouveau, on met deux pistolets sur une table dans sa chambre, on place une lance d’au moins quinze pieds dans ses mains, on allume trois ou quatre bougies et on l’abandonne à ses réflexions.

– Ô malheureux Fontanis, s’écria-t-il dès qu’il se vit seul, quel est le mauvais génie qui t’a conduit dans cette galère, ne pouvais-tu pas trouver dans ta province une fille qui eût mieux valu que celle-ci et qui ne t’eût pas donné tant de peines? tu l’as voulu, pauvre président, tu l’as voulu, mon ami, t’y voilà, un mariage de Paris t’a tenté, tu vois ce qu’il en résulte… Péchaire, tu vas peut-être mourir ici comme un chien sans pouvoir seulement t’approcher des sacrements, ni rendre l’âme dans les mains d’un prêtre… Ces maudits incrédules avec leur équité, leur loi de nature et leur bienfaisance, il semble que le paradis doive leur être ouvert quand ils ont dit ces trois grands mots… pas tant de nature, pas tant d’équité, pas tant de bienfaisance, décrétons, exilons, brûlons, rouons et allons à la messe, cela vaudra bien mieux que tout cela. Ce d’Olincourt, il tient furieusement au procès de ce gentilhomme que nous jugeâmes l’an passé; il faut qu’il y ait là quelque alliance dont je ne me doutais pas… Eh quoi, n’était-ce pas une affaire scandaleuse, un valet de treize ans que nous avons suborné n’est-il pas venu nous dire, parce que nous voulions qu’il nous le dise, que cet homme tuait des catins dans son château, n’est-il pas venu nous faire un conte de Barbe-bleue dont les nourrices n’oseraient aujourd’hui endormir leurs enfants? dans un crime aussi important que celui du meurtre d’une p…, dans un délit prouvé d’une manière aussi authentique que la déposition achetée d’un enfant de treize ans à qui nous avons fait donner cent coups de fouet parce qu’il ne voulait pas dire ce que nous voulions, il me semble que ce n’est pas agir avec trop de rigueur, que de nous y prendre comme nous l’avons fait… Faut-il donc cent témoins pour s’assurer d’un crime, une délation ne suffit-elle pas? et nos doctes confrères de Toulouse y ont-ils regardé de si près quand ils ont fait rouer Calas? si nous ne punissions que les crimes dont nous sommes sûrs, nous n’aurions pas quatre fois par siècle le plaisir de traîner nos semblables à l’échafaud, et il n’y a que cela qui nous fait respecter. Je voudrais bien qu’on me dise ce que serait un parlement dont la bourse serait toujours ouverte aux besoins de l’État, qui ne ferait jamais de remontrances, qui enregistrerait tous les édits et qui ne tuerait jamais personne… ce serait une assemblée de sots dont on ne ferait pas le plus petit cas dans la nation… Courage, président, courage, tu n’as fait que ton devoir, mon ami: laisse crier les ennemis de la magistrature, ils ne la détruiront pas; notre puissance établie sur la mollesse des rois, durera tout autant que l’empire, Dieu veuille pour les souverains qu’elle ne finisse point par les culbuter; encore quelques malheurs comme ceux du règne de Charles VII, et la monarchie enfin détruite fera place à cette forme républicaine que nous ambitionnons depuis si longtemps, et qui nous plaçant au pinacle comme le sénat de Venise, confiera du moins dans nos mains les chaînes dont nous brûlons d’écraser le peuple.

1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 53
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)