Chroniques
- Автор: Де Мопассан Ги
- Серия: L’œuvre de Guy de Maupassant #38
- Язык: французский
- Жанр: Другие документальные фильмы
Электронная книга - «Chroniques». Краткое содержание книги:
Ailleurs, M. Luigi Loir a peint un « Cherchez le train » d’une vérité et d’un talent délicieux. Le train passe sous une place de Paris, couverte de monde et de voitures. Seule la fumée répandue sur la foule, légère et ondulante comme un nuage, panache blanc et transparent qui flotte, révèle l’invisible convoi.
De M. Gueldry, un remarquable, très remarquable atelier de Décapage des métaux.
Deux charmantes compositions de M. Pierre Mousset : Le Nid et le Repos.
M. Deschamps nous raconte avec son pinceau l’histoire d’une pauvre folle qui tient dans ses bras un petit lapin coiffé d’un bonnet d’enfant, touchante image de la perfidie masculine, des odieux procédés dont les hommes ont usé envers cette jeune fille.
Ne devrait-on pas intituler cela : le Dernier Lapin, comme Neuville avait intitulé son célèbre tableau : La Dernière Cartouche ?
M. Marec expose une querelle de ménage dans le peuple, vraie scène de l’Assommoir, d’un effet saisissant et d’une beauté incontestable.
De M. Marius Michel, deux charmantes toiles très modernes.
M. Moreau de Tours, sous ce titre : La Morphine, nous donne sans doute la première illustration moralisatrice destinée au savant ouvrage des docteurs Bourneville et Bricos, d’où est tiré son sujet.
M. Jadin nous montre, avec son talent habituel, des Braconniers dérangés par une ronde de nuit.
7e groupe – Marines.
1° Marines de guerre.
M. Couturier, dans une toile d’une propreté admirable, enseigne aux foules comment sont nettoyés, brossés et lavés les bâtiments de l’État.
Saluons la galère royale de M. Delort.
2° Marines de pêche.
Un délicieux tableau de M. Maurice Courant, un départ pour la pêche sous un ciel clair. Jusqu’à l’horizon s’en vont les barques, penchant un peu leurs voiles, pareilles à un vol d’oiseaux.
M. Kroyer nous montre aussi, avec un talent puissant et neuf, un Départ pour la Pêche au clair de lune.
De M. Petitjean : l’Estacade d’Ostende, marine de commerce.
Une fort belle toile de M. Flameng : Sur la Tamise.
Une autre Tamise, de M. Vail.
8e groupe – Paysagistes.
Le sujet représente une plaine, une vallée, une chaumière, une plage, des arbres, des récoltes.
Saluons les maîtres incontestés : d’abord Harpignies ; Guillemet, avec un fort beau Hameau de Landemer ; Heilbuth, avec Villégiatures et Bords de la Seine ; Damoye, avec un Soleil couchant dans les Marais du Nord et la Mer à Quiberon.
Parmi ceux qui arrivent au premier rang : L. Le Poittevin, avec un vallon plein de fougères rousses, d’une rare puissance ; R. Billotte, avec un effet de soir sur un hameau, d’un charme exquis et pénétrant ; M. Nozal, dont le nom est fait ; M. Berthon, un des plus sincères et des plus parfaits.
M. Olive expose deux paysages-marines, d’une originalité bien personnelle et bien remarquable. M. Charnay évoque, dans une toile charmante, toute la grâce de l’automne encore fleuri. Cela s’appelle : la Terrasse aux Chrysanthèmes du Château de Gasthellier.
Les paysans agenouillés, de M. Marion, annoncent un peintre de grand tempérament ; Le Reposoir, de M. Minet, est d’une vérité et d’une fraîcheur remarquables. Quelle jolie mare, celle de M. Tanzi ! Une petite charrue abandonnée est peinte avec grand talent par M. Wistin.
Charmants, les Pêcheurs de rivière de M. Yon et les deux paysages de M. Tauzin.
Ouf ! Que de compliments ! Et pourtant ils sont sincères, tout à fait sincères !
Nous parlerons un autre jour des animaliers et des portraitistes, unissant ces deux groupes ensemble, car peintres de bêtes et peintres d’hommes peuvent fort bien marcher de pair par la nature de leurs sujets : et celui-là sera certainement le plus sympathique de tous les groupes.
Réparons deux oublis en mentionnant un charmant tableau de Mme Marguerite Ruffo, La Veuve, et un joli paysage de M. Datasse ; et, avant de passer aux portraits, citons deux très remarquables tableaux de peinture militaire.
La Ligne de Feu, de M. Jeanniot. En plein soleil, dans un air blanchi par la lumière crue et la poudre, les hommes tirent. Il en reste peu, presque tous sont morts. Au premier plan, un soldat abattu sur la face tient à deux mains, d’un geste terrible et vrai, sa tête où vient d’entrer une balle. Le clairon, hagard et tombé, ne sonne plus. Seuls quelques hommes continuent à se battre.
De M. Médard, une Armée en retraite, qui s’en va comme un troupeau, abattue, pressée, lasse, accablée.
Je n’ai cité, à dessein, que ces deux œuvres qui sont fort belles, la peinture militaire étant presque toujours de la peinture officielle. J’ai parlé ailleurs de l’œuvre magistrale de M. Protais.
Je passerai donc devant toutes les manifestations patriotiques en couleur, chères aux protecteurs de la peinture à l’huile, pour m’arrêter cependant devant une toile où j’ai cru démêler des symboles profonds.
Dans une plaine immense, vrai champ de bataille où les brins de paille sortent de terre comme des tuyaux de pipe, deux armées se sont rencontrées, une de dindons noirs, l’autre de dindons blancs.
Et, pendant que les femelles attentives regardent, les mâles se sont attaqués et combattent, M. Schenck a nommé cela La Lutte. – Quelle lutte, Monsieur ? La lutte du noir contre le blanc ? De l’ignorance contre la science ? Des ténèbres contre la lumière ? Des barbares contre les civilisés ? De l’Allemagne contre la France ? Du Nord contre le Midi ? Du mal contre le bien ? N’est-ce pas, oui, n’est-ce pas que je vous ai compris ? Les dindons noirs sont la barbarie et les dindons blancs la civilisation ?
C’est à cette peinture allégorique et simple que le ministre, s’il était seul juge, donnerait assurément la médaille d’honneur.
9e et 10e groupes. Animaliers et portraitistes – Bêtes et hommes.
Toutes les grandes qualités de M. Bonnat se trouvent réunies dans le superbe portrait de M. Pasteur qu’il expose cette année. Un autre portrait de M. Pasteur par M. Edelfelt révèle chez ce jeune peintre un éminent artiste.
Un homme, qui n’est plus un débutant, M. Cabanel, semble cependant débuter avec les portraits du fondateur et de la fondatrice des Petites Sueurs des pauvres. Ce couple de religieux restera comme une des bonnes choses de ce temps-ci.
M. Barillet nous montre des vaches très remarquables ; M. Hermann (Léon), un marché aux chevaux plein de mouvement et de talent ; M. Tuxen, un excellent portrait, de femme : M. Girardin, une fort bonne tête de vieille ; M. Landelle, un poétique aveugle du désert ; M. Duez, une charmante femme tout en rouge, couchée sur un divan rouge, dans un boudoir rouge, enfin ce qu’on appelle une symphonie de rouges délicieuse.
M. Roll expose un admirable portrait de M. Damoye, et M. Gervex un petit paysage d’une saisissante vérité, où se tient debout, en plein air, en pleine lumière, en pleine atmosphère de campagne, M. Hauch, un de ses amis. On remarque encore de bonnes figures de femmes de MM. Alaux et Agache et le portrait de Mme Pasca par Mlle du Mesgnil. C’est Mme Pasca en mère de clown, comme on l’a dit, ou plutôt Mme Pasca gelée à son retour de Russie, ce qu’indiquent les mains serrées contre le corps et la quantité de fourrures dont l’a couverte maladroitement l’artiste. Elle a bien froid, car elle est bien pâle, la pauvre femme, malgré toutes ces fourrures que remplaceraient avec avantage quelques dentelles de Doucet.