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Электронная книга - «Chroniques». Краткое содержание книги:

C'est le besoin d'argent qui, très tôt, pousse le jeune Maupassant, alors employé de ministère, à donner des articles de critique littéraire. Mais il rechigne un peu à se lier à un journal comme à se livrer à une écriture trop hâtive : « Jamais mon nom au bas d'une chronique écrite en moins de deux heures. » Et cependant, après la publication de « Boule de suif » au printemps de 1880 - il a trente ans tout juste -, sa réputation de conteur change la donne : c'est une rémunération d'écrivain reconnu qu'on lui offre et, l'année suivante, une soixantaine de chroniques paraissent dans Le Gaulois. D'autres journaux accueilleront aussi sa signature jusqu'à ce que, en 1887, il décide de pleinement se consacrer à ses derniers livres. Mais il aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes : société et politique, murs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son uvre qu'on ne saurait négliger : dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d'apparaître au point que l'on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu'une chronique. Assurément, l'unité est ici celle d'un monde et d'une époque : mais c'est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d'un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres ».
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Remarquons encore en première ligne deux fort beaux portraits de M. Layraud, celui d’une très jolie femme, Mlle d’Anglar, et celui de notre confrère bien connu M. Alexandre Hepp ; puis deux études charmantes de M. Lafranchise, La Mer gracieuse et La Fille du Phare ; l’excellent portrait de M. Paul Mounet, par M. Boutet de Monvel ; un ravissant portrait de femme par Mlle Julia Marest ; d’une autre jeune artiste, Mlle Paraf-Javal, un autre très bon portrait.

Ceux de M. Jacques Blanche révèlent un véritable artiste ; celui de Mlle Vegman est fort bon, et l’apparition descendue par la cheminée, si noire de suie qu’on la voit à peine, que nous montre M. Whistler, dénote un peintre bizarre, mais des plus intéressants.

Un fort bon portrait de Mlle Boucher-Ourliac, deux autres de M. Vergèses, un autre de M. Paul de Katow, une charmante femme turque de Mlle Mégret. Gardons pour la fin les deux superbes toiles d’un maître toujours admiré, M. Carolus Duran.

Note. – On dit (mais la nouvelle mérite confirmation) qu’à la suite de son exposition de cette année M. Besnard vient d’être nommé peintre attaché à l’établissement thermal de Vichy – maladies du foie, sécrétions biliaires, unisse, etc., etc.

11e groupe – Fumistes et déments. Trop nombreux pour être cités.

J’ai écrit, en commençant ces articles, que personne n’avait le droit de prétendre s’y connaître en peinture. En sculpture, au contraire, tout le monde devrait être compétent, car tout le monde a vu, en plus ou moins grand nombre, des gens nus, et peut comparer.

Mais cela n’a encore servi de rien.

L’art du sculpteur, tel qu’on le pratique depuis la plus haute antiquité, est aussi simple que celui du boulanger ; il consiste à modeler en marbre, en plâtre ou en terre un homme ou une femme, toujours le même ou la même, dans deux ou trois mouvements qui ne varient jamais.

Le sujet peut danser, se battre, pleurer, rire, se fâcher ou supplier, sans que la forme de son corps soit modifiée, car rien ne ressemble moins à un homme vivant qu’un homme sculpté. L’homme vivant a toutes les tailles, toutes les formes, toutes les proportions. Il n’en est pas deux qui se ressemblent, tandis que l’homme sculpté doit l’être dans certaines conditions, toujours pareilles, de beauté invraisemblable et convenue qui fait des sculpteurs les seuls idéalement momifiés ou pétrifiés des artistes.

Depuis longtemps les écrivains ont abandonné le héros plein de grandeur, de beauté, de noblesse, de courage et de générosité, qui sauve les jeunes filles, arrête les chevaux emportés, tue les traîtres, laisse intact, à force d’argent, l’honneur des pères à cheveux blancs, compromis par des hommes d’affaires, et épouse dans une apothéose de vertu.

Depuis longtemps les peintres, abandonnant l’école du beau muscle et des nobles attitudes dont Raphaël fut le plus éminent vulgarisateur, se sont efforcés d’exprimer toute la nature humaine et de chercher dans le sens profond des choses une beauté autre que la beauté commune, visible pour tous et écœurante pour les esprits délicats.

Mais le sculpteur continue, depuis l’éternité, à sculpter le beau torse, le beau bras et la belle jambe des statues grecques, qui ne ressemblent pas plus à l’humanité moderne qu’une étoile ne ressemble à une tomate.

Et le public passe devant tous ces marbres qui ont la même tête, les mêmes membres de la même longueur mathématique, le même geste superbe et gracieux, et il murmure, plein d’orgueil : « C’est rudement beau, un homme ! »

Mais regarde-toi donc, imbécile, regarde ta femme, ta fille, ton fils, ton père, ta mère, ta bonne, ton voisin. Y en a-t-il un de vous qui ait des jambes et des bras comme ceux-ci ? Regarde les gens dans la rue, les échassiers qui vont à longs pas, et les bedonnants qui trottinent ; va voir aux bains froids ceux qui piquent des têtes en caleçon rouge ; rappelle-toi même les belles filles que tu as pu connaître, les plus belles, les plus vantées ; est-ce qu’elles ressemblaient aux Vénus ?

Mais si on les habillait, ces Vénus, elles seraient larges comme des portefaix car leurs bras, si gracieux à l’œil dans les galeries des musées, sont plus gros, le mètre à la main, que ceux des hercules de foire !

Comment n’es-tu pas révolté, bon public niais et gobeur, par toute cette beauté ronde, par tous ces membres en boudins, par tous ces Apollons et par toutes ces déesses vulgaires.

Tiens, voici un homme, M. Mercié, qui a osé sculpter deux morts, deux morts illustres, tels qu’ils étaient ; le roi Louis-Philippe et la reine ? Qu’en dis-tu ? Ce que tu en dis ! Tu admires l’ange qui pleure derrière le couple royal, le vieil ange que tu as vu cent mille fois ! Et tu trouves qu’il fait repoussoir, comme on dit en argot d’art.

Car la sculpture comme le théâtre sont restés embourbés dans le fossé des conventions alors que la peinture et le roman s’efforcent de s’en dégager. Donc, la chose la plus intéressante parmi les marbres, intéressante par la recherche du vrai, du neuf, par la sincérité en même temps que par l’admirable exécution, est assurément l’œuvre de M. Mercié. L’envoi de M. de Saint-Marteaux, Danseuse arabe, est fort gracieux et fort ingénieusement conçu.

M. Ferrary expose un groupe charmant, Mercure et l’Amour, d’un mouvement aussi hardi que joli.

M. Falguière nous montre des femmes qui se battent et il les nomme des Bacchantes, uniquement parce qu’elles sont nues. Cela m’étonne ! C’est vraiment un procédé commode de modeler un fort de la Halle et de le baptiser « Hercule », de faire une Diane avec la petite au concierge d’en face, et d’emplir Paris de divinités à dix francs la séance.

Pourquoi donc M. Falguière n’a-t-il pas simplement inscrit au catalogue : « Drôlesses nature qui se crêpent le chignon ? » On raconte (mais est-ce vrai ?) que l’artiste avait un peu de ce dessein et même qu’un petit lapin figurait dans le groupe. Devant la pudeur indignée des vieilles barbes du jury, le lapin dont on prétend encore distinguer deux pattes serait devenu une simple pomme de pin.

Signalons une Diane surprise fort jolie, d’une exécution savante et délicate de Mlle Anne Manuela et un beau buste de la même artiste.

Deux groupes fort intéressants de Mlle M. Thomas : la Chèvre Amalthée et Au chenil.

Une figure nue : Jeune Fille, et aussi un buste de M. Faraill.

Un beau groupe tragique : Virginie, de Mme Bloch.

Les ravissants médaillons de Mme Paule Parent-Desbarres.

Un beau buste de M. Karl Ivel.

Une tête de paysanne en bronze de M. Lafont.

Beaucoup de bustes d’ailleurs sont des œuvres remarquables. Leur énumération serait longue, agréable seulement aux artistes et aux propriétaires des têtes exposées, mais fatigante pour le public. Supprimons-la, et concluons.

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