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L’Homme Au Masque De Fer

Электронная книга - «L’Homme Au Masque De Fer». Краткое содержание книги:

Les médecins sont formels. Si Anne d'Autriche n'a pas encore donné d'héritier au trône de France, ce n'est pas de son fait, mais de celui de Louis XIII. Cette situation ne satisfait pas Richelieu qui redoute que son plus grand ennemi, Gaston d'Orléans, frère du roi, ne puisse accéder au trône. Or, un jour, un émissaire de Richelieu, M. Durbec, lui apprend que la reine est partie du Val-de-Grâce où elle s'était retirée pour quelques semaines. M. Durbec en connaît la raison: la reine va être mère. Richelieu comprend immédiatement que le père de l'enfant à naître ne peut être que Mazarin, alors confident de la reine. L'enfant naît et est secrètement confié au chevalier Gaëtan de Castel-Rajac, amant de Mme de Chevreuse, confidente de Mazarin et de la reine. Gaëtan n'aura de cesse de protéger cet enfant contre tous les complots visant à le faire disparaître, derrière lesquels on retrouve Richelieu, puis, bien des années après, Colbert, et toujours M. Durbec…
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Là, une étrange surprise l’attendait. Les volets étaient clos, les lumières éteintes, et à la fenêtre de la chambre qu’occupait ordinairement sa belle, le chevalier ne distingua nulle lueur.

Il allait mélancoliquement tourner bride, lorsqu’il vit surgir en courant sur le chemin le petit berger qui regagnait son gîte en galopant à perdre haleine. Il s’arrêta net en reconnaissant le chevalier et voulut faire demi-tour. Mais Castel-Rajac, sautant à bas de son cheval, eut tôt fait de le cueillir par le fond de sa culotte.

– Hé! toi! s’écria-t-il, viens donc ici, mon gars, que nous ayons deux mots d’explication!

Le gamin baissait le nez.

– Madame la duchesse n’est pas ici, n’est-ce pas?

Pas de réponse.

Le Gascon tira une pièce d’or de sa bourse, lentement, et la fit miroiter sous les yeux du gamin ébloui.

– Tu l’auras si tu réponds! Dans le cas contraire, tu recevras une volée de bois vert comme jamais tu n’en reçus!

Cette menace acheva de décider le berger.

– Non, Monseigneur! pleurnicha-t-il.

– En ce cas, qui t’a chargé de porter ce mot?

– Un cavalier. Monseigneur… un cavalier que je ne connais pas… Il m’a offert un écu pour la commission… J’ai accepté… Je ne savais pas…

– Hum! Je ne suis pas si sûr que cela que ta conscience ne te reproche rien… Enfin! Voilà ta pièce. Maintenant, ne t’avise plus de me jouer des tours pareils, sinon, je te transforme en pâté!

Le garçon se hâta de disparaître derrière un éboulis de rochers. Castel-Rajac, riant encore de son effroi, entendit le bruit des sabots claquant précipitamment sur le sol. Puis tout s’éteignit.

Le chevalier remonta à cheval et reprit le chemin de Bidarray, tout songeur. Il était clair que l’agression avait été voulue, préparée… Mais par qui?

– Veillons! conclut-il.

S’il avait été moins préoccupé de combattre et de se défendre, il aurait aperçu, précautionneusement abrité par une roche, un homme drapé dans une ample cape brune. Il vit l’intervention de Navailles, dont le visage était éclairé en plein par la lune. Il l’entendit se nommer au Gascon.

– Malédiction! gronda-t-il, les dents serrées. L’homme de l’auberge! L’envoyé du cardinal!

C’était pour lui la preuve tangible que Richelieu, loin de vouloir poursuivre le père adoptif et l’enfant de sa haine, cherchait au contraire à les protéger.

Durbec, malgré la rage qui l’étouffait, comprit qu’il avait tout à perdre et rien à gagner dans une lutte, même occulte, contre le premier ministre. Il regagna Pau par des chemins détournés.

Le lendemain matin, il reprenait la route de la capitale, abandonnant ses projets pour l’instant.

– Patience… murmura-t-il. Mon heure sonnera! Alors…

CHAPITRE IV LA PROMESSE DE CASTEL-RAJAC

Le temps passa. Les jours formèrent des mois, puis des années…

Castel-Rajac, ses deux amis et le bambin vivaient toujours dans leur village pyrénéen. Quelque temps, Navailles était resté dans la région. Puis, certain enfin que les protégés du cardinal ne couraient plus aucun risque, il avait rejoint Paris, non sans venir faire, de temps à autre, une incursion jusqu’à Bidarray. Il avait revu de la sorte le gentilhomme gascon et ses amis, et avait reçu, au vieux manoir, chaque fois un accueil aussi franc qu’enthousiaste. Mais il n’avait jamais dévoilé à Castel-Rajac la raison pour laquelle il revenait ainsi de temps à autre. Le marquis de Navailles était à la fois le plus loyal et le plus discret des serviteurs.

Puis ses visites s’espacèrent à mesure qu’il acquérait la certitude que ses amis n’avaient plus rien à craindre.

Peu de temps avant la dernière crise qui devait l’emporter, Richelieu partit pour Pau, espérant que le climat rétablirait sa santé chancelante.

Il se souvint alors que Pau n’est pas tellement éloigné de la Gascogne, et que dans cette province vivaient le chevalier de Castel-Rajac et son fils.

Le cardinal n’avait nullement été dupe de l’habile subterfuge employé par le défenseur de Mme de Chevreuse.

Le petit Henry resterait donc officiellement le fils de Castel-Rajac, alors que le premier ministre aurait donné sa tête à couper que le garçonnet était bien celui dont la reine avait accouché clandestinement, quatre ans auparavant.

Le cardinal envoya un de ses officiers auprès de Castel-Rajac, avec ordre de le ramener près de lui, ainsi que son fils.

Afin de donner toute sécurité à Gaëtan, l’émissaire du cardinal n’était autre que le marquis de Navailles. Il était porteur d’un sauf-conduit qui donnait toutes garanties à Castel-Rajac et à l’enfant.

Tout d’abord, le Gascon hésita. Il se dit:

– Si c’était un piège?

Avec sa franchise habituelle, il ne se gêna nullement pour faire part de ses soupçons à M. de Navailles.

– Monsieur, lui dit-il, j’ai charge d’âme. Je respecte Son Éminence. Mais je ne puis oublier que j’ai été appelé à jouer vis-à-vis d’Elle un rôle qu’elle ne m’a peut-être pas encore pardonné…

– Chevalier, répondit le marquis de Navailles avec non moins de franchise, si cette invitation était un guet-apens, jamais Son Éminence n’aurait osé m’envoyer comme émissaire!

Cette fière réponse décida Castel-Rajac.

– Si vous le désirez, ajouta Navailles, je puis vous donner ma parole d’honneur que les intentions du cardinal sont pleines de bienveillance, et que vous n’avez à redouter aucune traîtrise.

– Monsieur le marquis, votre parole d’honneur est plus que suffisante! Votre première réponse me satisfaisait déjà, et je suis prêt à partir avec mon fils quand il vous plaira!

Dès le lendemain, ils se mirent en route. Le petit Henry était alors un délicieux bambin de quatre ans, déjà solide et éveillé.

Richelieu les reçut dans une grande salle du château où était né Henri IV.

Déjà marqué par la mort, le visage amaigri, les mains osseuses et quasi squelettiques, l’œil toujours aussi lumineux, il semblait, au seuil du tombeau, plus grand encore qu’au sommet de sa vie.

Malgré son audace naturelle Gaëtan-Nompar-Francequin de Castel-Rajac se sentit tout à coup dominé par la majesté de celui qui, depuis tant d’années, était le véritable roi de France.

Au regard bienveillant que «l’homme rouge» lui adressa, et à l’appel affectueux de la main qu’il fit au petit Henry qui le contemplait d’un air un peu effarouché, mais respectueux, comme si, d’instinct, il devinait qu’il se trouvait en face d’une des plus grandes forces humaines qui eussent jamais existé, l’ami de la duchesse de Chevreuse comprit que M. de Navailles lui avait dit la vérité, et qu’il avait bien fait de ne point se dérober à l’appel du cardinal-ministre.

Celui-ci, d’une voix grave, lui dit:

– Monsieur le chevalier, si je vous ai mandé près de moi, ce n’est point dans un sentiment de curiosité, et encore moins de rancune; c’est parce que je voulais, avant de mourir, avoir de votre bouche toute la vérité.

Et, attirant l’enfant près de lui, il les regarda successivement avec beaucoup d’attention, puis il reprit:

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