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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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en s’en allant-là, n’a pas été sans un sanglot. Et puis on est venu se mettre à table pour souper. Chacun était triste et gardait le silence, au point que mon mari, qui est ferme, comme tu sais, a laissé couler une larme, qu’Edmond a vue le premier, et il s’est jeté à son cou, sans rien dire; et quand ils se sont quittés, tous deux étaient en eau: ce qui a tellement attendri notre bon père, que les larmes lui roulaient dans les yeux, et montrant ses deux fils à nous tous, d’un geste sans parole, sa noble et vénérable figure m’a paru celle d’un dieu, comme dit souvent Edmond, en parlant de lui. Et notre bonne mère regardait ainsi son digne mari, avec admiration, et comme si elle eût été non sa compagne de trente ans et plus, mais sa fille. Et pas un mot de parole, pendant tout ça; nous n’avions que des bondissements de cœur, sans rien trouver à dire, qui pût exprimer nos pensées. Et voilà que Pierre, mon honorable mari, comme le plus ferme a parlé le premier: «Edmond, mon cher et aimé frère, que je vais cesser de voir, et non d’avoir présent, car je te porte là, comme uni avec toi de corps et d’âme, telle est la volonté de Dieu, que notre joie, notre bonheur et notre honneur soient en toi; ainsi que la satisfaction, repos et tranquillité de vieillesse de nos chers père et mère; gardes-en le dépôt, et le conserve; et quand tu verras l’autre toi-même d’un autre sexe, image de notre bonne mère, comme tu la portes sur ton visage, de notre excellent et vénérable père, dis-le-lui, et songez tous deux, que vous êtes la partie de nous-même qui est à la ville, et que tout ce que vous y ferez de bien, nous le ferons, et que tout ce que vous y feriez de mal, nous le ferions aussi, et en porterions la honte et la peine: mais non, non! aucun mal ne sortira de mon aimable frère, image de mon père; ni de mon aimable sœur, image terrestre de ma mère, et ils seront à leur façon à la ville, ce que sont ici leurs vénérables et saints modèles. Amen.» Dès qu’il a eu dit Amen, tous, et moi aussi, nous sommes écriés Amen, amen! et notre père s’est levé priant. Ensuite il a dit: «Mon fils Pierre, vous venez de bien et dignement parler, et je bénissais à l’instant Dieu de m’avoir donné un fils tel que vous: mes enfants, voilà votre second père, quand je ne serai plus; et moi-même je le regarde comme l’image de Pierre R**, mon digne père, et je le respecte à cet égard, quoique mon fils. Edmond, mon ami, ainsi que l’est ton frère aîné, tu vas nous quitter! que Dieu te bénisse, mon fils, et qu’il inspire à ton bon cœur de dignes sentiments, qui fassent ton bonheur en cette vie, par l’estime des honnêtes gens, et en l’autre, devant le Dieu de miséricorde. Amen.» Ensuite il l’a embrassé, en le serrant contre son sein paternel, et lui disant: «Porte ce paternel embrassement à Ursule quand tu la verras, et dis-lui, que l’éloignement d’un enfant, ne fait que rendre plus sensible le cœur d’un bon père: qu’il aime tous ses enfants, mais au double dans l’absence.» Et le bon vieillard n’a pu retenir ses larmes, et il a même sangloté, en disant: «Ces larmes sont amères!» Puis il a pris lui-même Edmond, et l’a mis dans les bras de notre bonne mère, à qui il a dit: «Femme, voilà votre fils; bénissez-le aussi.» Mais la bonne et excellente femme n’a répondu que par un long sanglot, qui nous a déchiré l’âme; et ensuite elle a dit: «N’ai-je donc mis au monde mes chers enfants, que pour m’en séparer!… – Il le faut, ma femme. – Oui, mon mari; mais excusez ma douleur; c’est celle d’une mère qui quitte son fils, et qui a quitté sa fille. – Il nous en reste, ma femme, et de dignes. – Sans eux, mon cher mari, et sans vous, y serais-je encore!» Et elle a baisé Edmond deux fois, en lui disant: «Cher fils, comme a dit ton père, l’absence te fera aimer au double des autres: dis bien à ta sœur, que sa pauvre mère, à chaque fois qu’elle voit ses chers enfants, les compte comme le bon pasteur son troupeau, et qu’elle dit, il me manque Ursule, et que c’est à chaque fois un coup de poignard dans son pauvre cœur. Oh! oh! je dirai, à présent tous les jours de ma vie: Il me manque Edmond! Il me manque Ursule! et je dévorerai mes larmes, pour ne point attrister ni le père ni mes autres enfants, que Dieu bénisse, car ils sont bons tous, tous, et l’aîné est la bénédiction du Seigneur sur nous; c’est le fruit de la bénédiction, que l’honorable Pierre donna à son fils, votre père, mes chers enfants, la veille de notre mariage.» Et il a semblé que ces mots l’aient consolée: car la bonne et excellente femme s’est levée sereine, et elle a dit: «Allons, mes enfants, voyons si nous n’oublions rien pour votre frère, car demain matin, on sera trop pressé pour y songer.» je passe les petits détails, chère sœur. Et le lendemain, dès le matin, notre père, qui s’éveille toujours de bonne heure, s’est levé doucement, et il a été éveiller Edmond; car mon mari était debout, et déjà prêt, et puis, sans que qui que ce soit que moi les ait entendus, ils sont sortis de la cour, les roues de la carriole roulant sur du fumier que mon mari avait répandu jusque dehors; si bien qu’on ne l’a pas entendue: notre bon père a monté dedans, et je me suis trouvée à la porte du pressoir, où j’ai tendu les bras à Edmond; qui s’est jeté à terre pour me venir serrer contre son cœur.»Ursule, lui ai-je crié, Ursule!» C’est tout ce que j’ai dit; car son père le rappelait. Et ils sont partis. Je ne me suis pas recouchée; j’ai été à la porte de notre bonne mère, où j’ai attendu assise qu’elle s’éveillât. Ça n’a pas tardé d’une demi-heure; je l’ai entendue se lever et parler. Aussitôt je suis entrée.»Déjà vous, ma fille! en votre état! il fallait reposer: je m’en vais l’éveiller.» Je la retenais embrassée: mais elle a été au lit d’Edmond, dans la petite chambre, et elle y a tâté.»Il est levé! le lit est froid! il y a longtemps! – Ma bonne mère, ils sont… – Partis!… ah! je ne verrai plus mon fils!…» Et elle est quasi tombée sans connaissance. Tous nos autres frères et sœurs, qui l’avaient entendue, sont venus, et, ils lui ont dit un mot de moi. La bonne chère femme! elle s’est rassise tout de suite, et elle a tâché de rire, en m’embrassant. Je lui ai dit tout bas: «Il vaut mieux pleurer, si vous en avez envie. – Oh oui! ma chère, chère bru!» Et elle a pleuré; et quand le jour a été grand, elle a été regarder partout, comme si elle l’y eût dû trouver. Enfin notre bon père est revenu, et elle a été à sa rencontre, en lui disant assez posément: «Sont-ils loin? – Bien à Saint-Bris, ma femme, et votre fils aîné, à son retour, vous rendra compte de l’heureux voyage.».

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