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La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville

Электронная книга - «La Paysanne Pervertie ou Les Dangers De La Ville». Краткое содержание книги:

Ce roman épistolaire nous conte l'histoire classique d'une jeune fille, provinciale d'origine modeste, qui monte à Paris. Après avoir profité, sans en abuser, de la bonté d'une amie de la famille, la facilité et la vie dans la grande ville incitent notre héroïne à se faire «entretenir» par un marquis. La maîtresse sera en bons termes avec la marquise puisque son propre frère en est l'amant. Mais ces amours ne durent guère et la déchéance sera grande?
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Voilà, très chère sœur, ce que j’avais à vous raconter. Je vais remettre ma lettre au regrattier, pour Mme Parangon, et si j’apprends dans quelque temps que cette bonne dame ne soit pas encore partie, je récrirai des choses plus nouvelles, que je lui ferai remettre avec celles-ci, pour qu’elle ait la bonté de n’en faire qu’un paquet. Et quant à ce qui est de la santé d’Edmond, je trouve qu’il se refait d’un jour à l’autre. J’ajoute, chère sœur, que ma situation est telle qu’elle doit être en mariage: priez Dieu pour moi; je ne suis pas sans crainte, mais je suis soumise et résignée. Si une mère comme la vôtre est si tendre, qu’est donc Dieu, le meilleur des pères, à qui je remets ma vie!

5 novembre.

Je reprends aujourd’hui la plume, chère sœur, parce que j’apprends, que Mme Parangon va partir aussitôt le retour de mon frère. Il nous a quittés il y a trois jours, après environ quatre mois de séjour ici, qui ont été nécessaires pour rétablir sa santé; et nous ne l’avons vu partir qu’avec bien du regret! car il nous avait r’accoutumés à lui, ainsi que notre bon père lui-même, qui le voyant instruit, aimait à passer le temps à converser avec lui sur toutes choses nouvelles; si bien qu’on voit à présent qu’il le trouve à redire, car il va et revient sans cesse, s’arrêtant, en faisant le tour de l’enclos, dans les endroits et sous les arbres, où lui et Edmond s’asseyaient, et on dit qu’on lui a vu les larmes aux yeux. Mais il faut, chère sœur, vous raconter le départ d’ici. Il y a huit jours qu’Edmond s’occupait à finir pour l’église de Perci-le-Sec un Saint-Paul, qui en est le patron, commencé depuis longtemps, quand un monsieur qui passait vint le demander à notre père. «Il est là, monsieur, qui travaille à la peinture d’un saint.» Et il l’y a conduit. Le monsieur a regardé le tableau, et il a dit: «Que fait monsieur ici? C’est un meurtre qu’il s’ensevelisse dans un village.» Et notre bon père, qui aime à tous notre avantage, s’est aussitôt enflammé, et il a dit au monsieur: «Oh! il n’y restera pas!» et le monsieur s’en est allé, après avoir dîné à la maison, où il a beaucoup parlé des peintres, dont il nous a conté des histoires, que vous devez bien savoir, très chère sœur, étant à la source. Et depuis ce moment, notre père n’a fait que parler du départ d’Edmond dont il semblait s’éloigner auparavant; et on voyait qu’Edmond n’en était pas fâché: ce qui a fait soupçonner à mon mari, que ce monsieur pourrait bien être venu de concert avec lui, ou tout au moins avec M. Gaudet; ce qui serait assez fin d’une part, et marque d’amitié de l’autre: car enfin Edmond est à présent pour la ville, et la ville est pour lui. Tout s’est donc préparé pour son départ et notre bonne mère s’est mise à se dépêcher de lui mettre tout en bon ordre; les jours n’étaient plus assez longs, et elle nous faisait toutes veiller bien tard, aussi Brigitte, un soir qu’elle avait bien envie de dormir, s’est-elle mise à lui dire, en son style que tu connais: «Mon Dieu, ma mère! on dirait que vous avez hâte que mon frère Edmond s’en aille, que vous nous faites tant dépêcher!» Et voilà que la pauvre bonne mère s’est arrêtée tout court.»T’as raison, mon enfant!» Et les larmes lui sont coulées grosses des yeux. Mais elle s’est remise à l’ouvrage, en disant: «Mieux vaut se dépêcher, et le voir une heure de moins, qu’il ne lui faille quelque chose, quand il n’y sera plus, à ce pauvre enfant!» Enfin, le triste jour est venu bien vite; et le soir de la veille, vers la nuit, mon mari est entré, et a dit à notre, père: «Mon père, la carriole est prête; vous plaît-il venir voir si rien n’y manque? – Je m’en rapporte bien à toi, Pierre; tu es mon fils attentif à tout, et je n’ai su encore du depuis que tu es mon aide, te trouver en défaut; outre que tu as travaillé pour ton ami. – Oh! oui! mon père, vous l’avez dit: mon ami, autant que mon frère. – je le sais bien, mon Pierre, et il m’est bien doux de le dire, en ce moment, où va venir la séparation!» Et notre bonne mère écoutait tremblante et pâle, comme si on lui eût appris une nouvelle inattendue: et il faut dire que tous nous étions de même. Et Edmond l’a vu, et il a été embrasser notre mère, puis moi, en me disant: «Chère sœur, je ne vais pas loin, ma mère le sait; et j’espère revenir ici, à la belle journée que vous nous préparez.» Ce mot qu’il a dit là, a bien fait, car notre père a souri, et notre bonne mère m’a dit: «Il songe à tout, et m’y fait songer, ma chère fille! que Dieu le bénisse!» Et elle a paru un peu consolée, car elle a dit: «Nous avons plus reçu de biens de la main de Dieu, que nous ne méritons; pourquoi n’en recevrions-nous pas les maux?» Cependant notre père a été voir la charrette couverte, et y a mis la main, quoique tout fût bien arrangé, voulant avoir travaillé pour son fils; et il parlait à son aîné ni plus ni moins que si c’eût été son camarade, lui disant toi, et se familiarisant, sans mot de fils, ni autre: mais à Edmond, il lui disait vous, et répétait avec complaisance le mot de mon fils, plus souvent que de coutume, et que le discours ne semblait le demander. Je prenais plaisir à voir tout cela, chère sœur; car c’est un doux et agréable spectacle, que la bonne union d’une famille! Et puis notre mère est venue aussi voir la charrette couverte, et ce qui était dedans pour asseoir son fils, et mon mari lui a dit: «N’y manque-t-il rien, ma mère? – Oh! non, mon fils, et ton pauvre frère sera bien en s’en allant.» Et cet

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