Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Историческая проза » La Marquise De Pompadour Tome I
La Marquise De Pompadour Tome I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Marquise De Pompadour Tome I

Электронная книга - «La Marquise De Pompadour Tome I». Краткое содержание книги:

Un jour de 1744, Jeanne Poisson, belle jeune femme, rencontre, au hasard d'un bois, le roi Louis XV qui chasse, et obtient de lui la gr?ce d'un cerf. A la suite d'un chantage visant son p?re, Jeanne est bient?t oblig?e d'?pouser un homme qu'elle n'aime pas, Henri d'Etioles. Mais le roi a ? son tour succomb? au charme de Jeanne et leur idylle ?clate au grand jour. Les intrigues s'?chafaudent et de sinistres personnages comme le comte du Barry ou le myst?rieux M. Jacques manigancent dans l'ombre. Quel sera le destin de Jeanne?
1 ... 19 20 21 22 23 24 25 26 27 ... 97
Перейти на страницу:

Saint-Germain se leva, s’approcha du comte du Barry qui frémissait et dont le front s’inondait de sueur.

– Cet homme, continua-t-il, goûte des jouissances infinies. D’abord, il se rue aux orgies, aux plaisirs des sens. Dans le premier enchantement de sa découverte, il use la moyenne de plusieurs existence à toucher le fond des joies sensuelles: à lui les mets les plus fabuleusement exquis! à lui les vins que, dans des serres spéciales, ses raisins seuls peuvent donner! à lui les femmes les plus splendides de la création! S’il s’en trouve une sur la surface du globe qui soit la plus belle, c’est celle-là qui sera à lui!…

Du Barry haletait, se tordait sous la parole brûlante qui tombait sur son cerveau comme une lave incandescente.

– Bientôt, reprit Saint-Germain, c’est-à-dire au bout de quelques centaines d’années, il songe à d’autres joies. La gloire le tente: il est Raphaël ou Michel-Ange. La puissance attire sa curiosité: il se fait roi. Plus haut! Toujours plus haut! Il finit par concevoir, comprendre et réaliser la jouissance absolue. L’homme de plaisir souffre dans ses passions; l’artiste de génie souffre dans la création de son œuvre; le haut dignitaire est soumis au ministre; le ministre est soumis au roi; le roi est soumis à cette chose énorme, inconnue, qui s’appelle le peuple; le peuple est soumis à des légions de maîtres, et, pis encore, soumis au travail… Seul, le détenteur du sublime secret, celui qui a accompli le grand œuvre, échappe à l’univers, au peuple, au ministre, au roi, à la mort! Il est son propre maître, et dans l’exercice de cette liberté sans limites éprouve à chaque seconde qui s’écoule la jouissance sans limites… Alors, du haut sommet où il s’est placé d’un coup d’aile, il contemple le vaste grouillement de l’humanité, écoute la musique infernale des cris de joie et des clameurs de désespoir, et laisse tomber un regard de pitié sur les malheureux qui se tuent à conquérir quelques pauvres millions et, pour arriver à cet humble but, en sont réduits à vendre jusqu’à leur nom!…

Du Barry poussa un cri de terreur. Il se souleva, et bouleversé, hagard, d’une voix rauque, il râla:

– Que voulez-vous dire? quels sont ces hommes dont vous avez pitié?… Parlez! parlez!… en connaissez-vous?…

– Moi? Non!… Pourquoi voulez-vous que je connaisse de tels misérables?…

– Vous disiez…

– Je parlais des jouissances de l’homme qui possède la pierre philosophale, parce que vous m’en avez parlé le premier. N’attachez pas d’autre importance à ce que j’ai pu dire…

– Mais… n’êtes-vous pas… justement… cet homme?

– Vous êtes étranger, comte. Et je suppose que votre blessure y est pour quelque chose. Eh! ne peut-on rêver tout haut? Allons, calmez-vous… sans quoi, vous ne pourrez sortir ce soir…

– Qui vous a dit? s’écria le comte du Barry épouvanté.

– Vous-même! fit Saint-Germain en éclatant de rire. Adieu, comte. Je vous verrai demain; ne vous inquiétez pas de votre blessure, je m’en charge.

Ceci fut dit si cordialement, d’une voix si naturelle, que les soupçons de du Barry se dissipèrent en partie. Demeuré seul, le blessé sommeilla ou fit semblant de sommeiller jusqu’à six heures du soir.

À ce moment, il appela son valet de chambre.

– Habille-moi, lui dit-il.

– Mais votre blessure, monsieur le comte! s’écria le serviteur.

– Habille-moi toujours.

Et, à part lui, du Barry murmura:

– Plutôt que de ne pas accompagner le roi ce soir, j’aimerais mieux perdre mon bras droit!… Oh! qu’y a-t-il donc qui l’attire ainsi?… Vais-je échouer au port!…

Une fois habillé, il fit quelques pas pour essayer ses forces et constata que, malgré un léger étourdissement, il pourrait fort bien marcher. Un sourire d’ironique satisfaction crispa ses lèvres.

– Tout autre que moi, Sire, serait au lit, songea-t-il. Mais moi, aucune blessure ne peut me retenir quand il s’agit du… service de Votre Majesté… J’espère, ô mon roi, que voilà du dévouement!…

Il s’apprêtait à sortir et déjà son valet de chambre jetait son manteau sur ses épaules, lorsqu’on frappa.

Le domestique alla ouvrir: Le Normant d’Étioles entra.

À la vue de du Barry debout, d’Étioles poussa un cri de joie… vraie ou feinte, et s’écria:

– Mes félicitations, très cher!… Comment! debout? habillé?… Je craignais vraiment que cette blessure…

– Une piqûre d’épingle! fit du Barry dont les sourcils, un instant, s’étaient contractés.

– Ainsi, vous pourrez demain assister à mon mariage?… Ah! cher, vous me l’avez promis… Je veux toute la cour pour témoin de mon bonheur… et qu’est-ce que la cour sans le comte du Barry!…

– Je ne sais vraiment si je pourrai…

– Si fait! si fait! Vous pourrez, cher ami!… Il faut que vous assistiez à ce spectacle unique, merveilleux, invraisemblable: le pauvre petit d’Étioles conduisant à l’autel la plus radieuse beauté de Paris…

– Est-elle vraiment si belle?…

– Vous verrez: un pur chef-d’œuvre. Vous viendrez, n’est-ce pas?

– Je crois décidément que je n’en aurai pas la force, dit du Barry.

– Pourtant, je vous vois gaillard et sur le point de sortir.

– Ce soir, je fais un grand effort parce que Sa Majesté m’attend.

– Ah! ah! Le roi vous attend? fit sourdement d’Étioles.

– Oui, cher ami!

Les deux amis se regardèrent fixement. Et celui qui eût pu étudier, comprendre tout ce qu’il y avait dans ce double regard amical eût reculé, épouvanté, comme on recule devant un abîme ouvert soudain sous ses pas…

La haine, elle aussi a ses abîmes…

– À propos, reprit d’Étioles, persuadé que vous ne pourriez vous lever demain, j’ai justement invité quelqu’un que je me fusse gardé de prier à cette cérémonie si j’avais pensé que vous y pourriez assister… mais au fait, puisque vous ne pourrez pas…

– De qui voulez-vous parler? demanda le comte en tressaillant.

– De votre adversaire de ce matin… un charmant garçon, ma foi… Mais seule la politesse m’a forcé de l’inviter, puisque je me suis trouvé devenir son second.

– Le chevalier d’Assas viendra donc demain à Saint-Germain l’Auxerrois?

– À moins que cela ne vous contrarie, cher!

– Moi? Et pourquoi donc? Cela me contrarie si peu qu’au contraire je me décide; demain, je veux apposer ma signature près de celle du chevalier que j’estime grandement… Je ferai pour vous le même effort que je fais ce soir pour Sa Majesté…

De nouveau, les regards des deux amis se croisèrent, chargés de sombres méfiances.

Mais déjà d’Étioles s’exclamait joyeusement, remerciait le comte, lui serrait la main et enfin, prenant congé, s’éloignait en jetant ce dernier mot:

– À demain, midi!… Vous verrez la merveille qu’est la future Mme d’Étioles… le roi lui-même qui passe pour connaisseur…

– Le roi! interrompit sourdement le comte.

– Oui… le roi lui-même serait saisi d’admiration s’il la voyait… mais il ne la verra pas.

– Pourquoi cela? fit vivement du Barry.

1 ... 19 20 21 22 23 24 25 26 27 ... 97
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)